N° 154.Prix du Numéro: 0,05Dimanche 4 Mai 1916

AVIS DE LA MAIRIE

Evacuations. La Mairie a reçu de l'autorité allemande, avis que les évacuations ayant pris fin à Lille, les ordres restrictifs donnés à cette occasion étaient supprimés à partir du 1er mai.

En conséquence, les changements de domicile dans l'arrondissement de Lille sont permis et les restrictions, quant à l'absence du domicile légal sont également abolies.

Paiement des Allocations Militaires aux familles des mobilisés, pour les périodes du 23 avril au 8 mai, et du 9 au 24 mai 1916:

1er bureau. Rue Colbert, 125

1re période 2e période
Du Nº 1 au Nº 889 8 Mai 23 Mai
-- 890 -- 5138 9 -- 24 --
-- 5139 -- 10365 10 -- 25 --
-- 10366 -- 15022 11 -- 26 --
-- 15023 -- 41893 12 -- 27 --
-- 41894 -- 47694 13 -- 29 --
-- 47695 -- 69566 15 -- 30 --
-- 69567 -- 75247 16 -- 31 --
-- 75248 -- 84448 17 -- 2 Juin
-- 84449 -- 98161 18 -- 3 --
-- 98162 -- 108028 19 -- 5 --
-- 108029 -- à la fin 20 -- 6 --
Retardataires 22 -- 7 --

2e bureau. Place Wicar, 3

Du Nº 1 au Nº 3953 8 Mai 23 Mai
-- 3954 -- 8878 9 -- 24
-- 8879 -- 9276 10 -- 25
-- 9277 -- 15854 11 -- 26
-- 15855 -- 37797 12 -- 27
-- 37798 -- 46699 13 -- 29
-- 46700 -- 72259 15 -- 30
-- 72260 -- 79802 16 -- 31
-- 79803 -- 89950 17 -- 2 Juin
-- 89951 -- 99880 18 -- 3
-- 99881 -- 111964 19 -- 5
-- 111965 -- à la fin 20 -- 6
Retardataires 22 -- 7

3e bureau. Rue Alphonse Colas, 1 bis

Du Nº 1 au Nº 6840 8 Avril 23 Mai
-- 6841 -- 15900 9 -- 24 --
-- 15901 -- 21570 10 -- 25 --
-- 21571 -- 37480 11 -- 26 --
-- 37481 -- 54400 12 -- 27 --
-- 54401 -- 62000 13 -- 29 --
-- 62001 -- 76800 15 -- 30 --
-- 76801 -- 82620 16 -- 31 --
-- 82621 -- 97000 17 -- 2 Juin
-- 97001 -- 107500 18 -- 3 --
-- 107501 -- 117110 19 -- 5 --
-- 117111 -- à la fin 20 -- 6 --
Retardataires 22 -- 7 --

4e bureau. Rue de Colmar, 3

Du Nº 1 au Nº 1830 8 Mai 23 Mai
-- 1831 -- 6430 9 -- 24 --
-- 6431 -- 13600 10 -- 25 --
-- 13601 -- 16000 11 -- 26 --
-- 16001 -- 45000 12 -- 27 --
-- 45001 -- 60000 13 -- 29 --
-- 60001 -- 75400 15 -- 30 --
-- 75401 -- 81370 16 -- 31 --
-- 81371 -- 92900 17 -- 2 Juin
-- 92901 -- 104000 18 -- 3 --
-- 104001 -- 113000 19 -- 5 --
-- 113001 -- à la fin 20 -- 6 --
Retardataires 22 -- 7 --

5e bureau. Rue Pierre-Legrand, 165

Du Nº 1 au Nº 3355 8 Mai 23 Mai
-- 3356 -- 8823 9 -- 24 --
-- 8824 -- 13099 10 -- 25 --
-- 13100 -- 22006 11 -- 26 --
-- 22007 -- 45521 12 -- 27 --
-- 45522 -- 59538 13 -- 29 --
-- 59539 -- 74807 15 -- 30 --
-- 74808 -- 79840 16 -- 31 --
-- 79841 -- 92373 17 -- 2 Juin
-- 92374 -- 105234 18 -- 3 --
-- 105235 -- 113065 19 -- 5 --
-- 113066 -- à la fin 20 -- 6 --
Retardataires 22 -- 7 --

Bureau Rue Surcouf, Place de l'Eglise Saint-Charles pour les habitants de Canteleu, des Bois-Blancs et du Faubourg-de-Béthune.

Du Nº 1 au Nº 11000 8 Mai 24 Mai
-- 11001 -- 40000 10 -- 26 --
-- 40001 -- 60000 12 -- 29 --
-- 60001 -- 85000 15 -- 31 --
-- 85001 -- à la fin 17 -- 3 Juin
Retardataires 17 -- 3 --

Bureau Rue du Transvaal. Patronage, pour les habitants des Faubourgs des Postes d'Arras et de Douai.

Du Nº 1 au Nº 11000 9 Mai 25 Mai
-- 11001 -- 40000 11 -- 27 --
-- 40001 -- 60000 13 -- 30 --
-- 60001 -- 85000 16 -- 2 Juin
-- 85001 -- à la fin 18 -- 5 --
Retardataires 18 -- 5 --

Avis. Le Maire de Lille prie les personnes chez qui des objets mobiliers ou autres ont été déposés pendant l'incendie de l'Hôtel de Ville, de vouloir bien en avertir, soit le Secrétariat général, 131, boulevard de la Liberté, soit M. le Commissaire de police du 1er arrondissement rue du Fresnes.

Tickets de pain. Par suite du transfert des services de la Mairie et de la Recette municipale dans différents locaux, des guichets spéciaux ont été ouverts à la Recette centrale de l'Octroi, pour la vente des tickets de pain.

Lait. La distribution de lait acheté en Hollande par la Ville sera faite, à l'avenir, sur le barème suivant:

1º Pour les enfants jusqu'à 14 mois (voir C. A. N. F.) 5 boîtes par quinzaine.

2º Pour les enfants de 14 mois à 2 ans: 5 boîtes par quinzaine.

3º Pour les enfants de 2 à 3 ans: 4 boîtes par quinzaine.

4º Pour les vieillards de 70 à 80 ans: 2 boîtes par quinzaine.

5º Pour les vieillards de plus de 80 ans: 3 boîtes par quinzaine.

6º Pour deux vieillards ensemble: 3 boîtes par quinzaine.

7º Pour deux enfants de moins de 2 ans: 9 boîtes par quinzaine.

8º Pour deux enfants, l'un de moins de 2 ans et l'autre de 2 à 3 ans, 8 boîtes par quinzaine.

9º Pour un enfant de moins de 2 ans et un vieillard: 7 boîtes par quinzaine.

10º Pour deux enfants de 2 à 3 ans: 7 boîtes par quinzaine.

11º Pour un enfant de 2 à 3 ans et un vieillard: 6 boîtes par quinzaine.

12º Pour les malades (sur avis certifié du médecin): 4 boîtes par quinzaine.

Heures d'ouverture des bureaux. Comme conséquence du nouvel horaire établi par l'Autorité allemande, indiqué dans notre précédent numéro, les bureaux de la Mairie sont ouverts au public: le matin, de 10 à 1 heure, le soir de 3 à 7 heures (heures nouvelles).

Rentrée du soir. Pour éviter toute fausse interprétation de la part du public, nous croyons utile de lui dire ici que le nouvel horaire n'apporte, en fait, aucun changement au moment de la rentrée du soir, seule l'appellation de l'heure est modifiée.

Bons communaux. Les bons émis dans les arrondissements d'Arras, Cambrai, Douai, Lille et Valenciennes doivent être acceptés par la population, sans égard du lieu d'émission.

Ces bons sont acceptés en paiement dans tous les locaux de vente de denrées des Comité d'alimentation, ainsi qu'aux caisses de tickets de pain.

Les commerçants et les sociétés de gaz, de tramways, etc., doivent les accepter également et ne peuvent réclamer un autre mode de paiement.


CAUSERIE MÉDICALE

Des purgatifs végétaux (Fin)

Tous ces purgatifs-là ont l'avantage d'irriter modérément la muqueuse en laissant l'épithélium intact; on les peut comparer au balai du cantonnier qui nettoie la chaussée et jette mécaniquement à l'égout ses immondices sans détériorer les pavés. Il en est pareillement des purgatifs sucrés. Là, nous saluerons d'abord le doux miel des fleurs et des abeilles. On l'emploiera fin, et un peu vieilli, parce qu'ainsi, son sucre sera plus laxatif: 60 grammes au déjeuner représentent une ration très convenable.

Après le miel, la manne, qui nous vient d'Orient et dont, grâce à Tronchin, le médecin des philosophes, et à sa confiture, la faveur fut grande au dix-huitième siècle. Je note ici que la manne des Hébreux n'a rien à faire avec la nôtre. Suivant Gubler, l'aliment biblique ne serait autre qu'un lichen, la lecanora esculenta, qui se développe par quantités énormes, du jour au lendemain, sur les rivages de la mer, en Arabie, en Perse et même en Algérie.

La manne est un excellent purgatif pour les enfants, elle convient moins aux adultes; j'en dirai autant du tamarin, légumineuse des Indes orientales, dont on emploie la chair ou pulpe à la dose de 20 à 30 grammes pour un litre d'eau bouillante. Les pruneaux, eux, sont particulièrement à recommander. Pour leur faire rendre le maximum d'effet laxatif, les laisser tremper toute une nuit dans de l'eau, puis les faire cuire avec très peu de sucre, en y ajoutant quelques follicules de séné.

Chez les végétaux, c'est quelquefois comme chez les humains, il y en a qui réussissent et d'autres qui restent en route. Le séné, originaire d'Egypte, de la Tripolilaine, voire de l'Inde et du Kordofan, est, entre tous les purgatifs végétaux, celui qui sut le mieux se pousser à la Cour. Saluez-le: c'est le grand purgatif royal! Chimiquement et médicalement parlant, il appartient à une famille dont tous les membres sont vidangeurs,--excusez le mot. Par les éléments chimiques et les émodines qu'ils contiennent, et dont je ne puis malheureusement pas vous entretenir, le séné, la bourdaine, la rhubarbe, le nerprun et l'aloès, dits purgatifs cathartiques, ont tous le trait commun de purger assez fortement, mais sans irriter l'intestin.

Pour revenir à mon séné, encore que bien déchu de sa splendeur, il entre, sans qu'on l'avoue, dans tous les thés laxatifs. Il aurait l'inconvénient de provoquer la colique, mais on y remédie en faisant macérer ses folioles ou ses follicules dans l'alcool, où se déposent leurs principes irritants. Donc toujours employer le séné passé à l'alcool. Le professeur Hardy l'associait à la pensée sauvage, soit: pensée sauvage et follicules de séné, de chaque 8 grammes. Faire infuser une heure dans un litre d'eau bouillante, passer et sucrer avec du miel. En prendre un grand verre le matin. Cette préparation, connue sous le nom de «tisane de l'hôpital Saint-Louis», est de bon goût, dit-on, elle est efficace et, ce qui ne gâte rien, peu coûteuse.

Le séné fait partie de la médecine royale, et le pauvre Louis XIV, que ses médecins soignèrent tout le temps pour les maladies qu'il pourrait avoir, en absorba des barriques. A ce breuvage prétentieux et nauséabond, vous préférerez la très salubre poudre de réglisse composée. Tous les pharmaciens la fabriquent admirablement; voici néanmoins sa composition: poudre de séné et de soufre bien pur, de chaque 6 grammes; poudre d'anis et de fenouil, de chaque, 3 grammes; crème de tartre pulvérisée, 3 grammes; réglisse eu poudre, 8. et sucre en poudre, 25 grammes. Mêler, passer au tamis fin, en prendre une bonne cuillerée à café dans un peu d'eau, le soir en se couchant.

L'infusion de séné fait aussi partie de la «tisane impériale», inventée par Corvisart. Au cours de sa première campagne d'Allemagne, l'empereur, véritable surhomme pour sa santé, fut atteint au cou d'un eczéma qui rendait fort douloureux les frottements de la fameuse redingote grise. Il manda donc un médecin berlinois, mais celui-ci déclara net qu'il se garderait bien d'ordonner quoi que ce fût, car si l'éruption se portait ailleurs, les pires complications pourraient suivre.

Napoléon, qui croyait peu à la médecine, comme tous les gens bien portants, fit aussitôt appeler par courrier spécial son «grand charlatan de Corvisart». Celui-ci, dit Dujardin-Beaumetz, ordonna: infusion de séné, 1,000 grammes; crème de tartre, 30; sucre, 60; émétique, 25 milligrammes. A prendre par verre, de demi-heure en demi-heure, jusqu'à effet purgatif. Le malade absorba le remède et fut guéri, mais l'affaire n'en resta pas là. Plus tard, lorsque l'Aigle eut succombé sur son rocher, rongé, disait-on par un cancer,--immortale jecur--le médecin berlinois se leva, triomphant, et cria comme un beau diable que c'était Corvisart qui avait tué l'empereur, avec sa tisane impériale;--Invidia medicorum pessima, nisi sacerdotum. D'où polémique.

Nous savons aujourd'hui qu'elle était sans objet, puisqu'il semble bien, d'après de récents travaux, que la mort fut occasionnée, non par un cancer, mais par l'ulcère de l'estomac et l'ineptie d'une thérapeutique barbare.

Mais en voilà assez sur le séné, passons à une plante tout à fait démocratique, la bourdaine, ou bourgène, ou rhamnus, sorte de nerprun dont l'écorce, coupée menue et vieille d'une année, sera prise en infusion, le soir, à la dose d'une petite cuiller à café pour une tasse à thé d'eau bouillante. Cette bourdaine, de nouveau très utilisée depuis cinq ou six ans, fut particulièrement bien étudiée par le pharmacien savoyard Pichon, que l'Académie récompensa, et à qui je suis heureux, pour des raisons sentimentales, de rendre hommage en passant. La bourdaine, peu coûteuse, remplace la rhubarbe; celle-ci n'est cependant pas à dédaigner. Tonique et stomachique à la dose de 25 à 50 centigrammes en poudre, elle est laxative à partir de 1 à 2 grammes.

Je devrais parler maintenant de l'aloès, encore un de ces orgueilleux dont le temps a bien rabattu le caquet, si j'ose parler ainsi. Il faisait partie de l'élixir de longue vie, des pilules bénites, de la teinture sacrée, des gouttes d'Iéna et même il a osé, l'intrigant! se recommander de personnages politiques: n'est-il pas à la base des «pilules de Machiavel»! A notre époque, on le prend toujours en pilules: pilules savonneuses, pilules écossaises, pilules ante cibum, et à la dose de 10 à 20 centigrammes. Il a l'inconvénient ou l'avantage de congestionner les organes maternels; on ne le prendra donc pas sans l'arrêt de la Faculté.

Cette recommandation vise encore davantage les purgatifs drastiques, jalap, turbith, scammonée, huile de Croton, mercuriale, végétaux redoutables, si on les aborde à la légère, mais héroïquement efficaces lorsque maniés à bon escient. Combien d'attaques enrayées par l'eau-de-vie allemande composée de turbith, de jalap, de scammonée et d'alcool! Combien d'enflures dissipées, dans les maladies du coeur, par ces braves drastiques, au moyen de la bonne révulsion qu'ils produisent sur l'intestin! Beaucoup d'entre eux appartiennent à la famille des convolvulacées, dont tous les représentants sont plus ou moins actifs. Il n'est pas jusqu'au liseron ou liset,--le masculin de Lisette,--désigné par les botanistes sous le nom de convolvulus arvensis, qui, pour imiter ses parents, n'ait essayé, le polisson, de nous faire aller au son de ses petites clochettes! Mais son action était trop faible et l'on en est resté là.

Docteur F. HELME.


Cours de Solfège et Violon à l'U. F. J.

M. Victor Godart reprendra ses cours de Solfège et de violon pour jeunes gens et jeunes filles, à l'Union Française de la Jeunesse, le dimanche 7 mai 1916, de 9 h. à midi, Ecole Michelet, rue Fabricy.


Vertu curative de l'odeur des fleurs

Les fleurs n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Parmi ceux-ci, faut-il leur prêter une vertu curative résidant uniquement dans l'odeur qu'elles exhalent généralement? Voici, à ce sujet, un fait intéressant emprunté à un livre de la fin du dix-huitième siècle, l'Essai Météorologique de Toaldo. Mais est-il bien probant?

Voici, en tous cas, l'histoire:

Un homme fortuné et passionné pour les fleurs tombe dans une maladie de langueur, étant à la campagne, et dépérit peu à peu.

Son médecin, Antoine Petit, a l'idée de faire porter le malade, alité, dans son parterre, espérant que son amour des fleurs et de leur parfum le rétablira. C'est bien ce qui a lieu. Après trois ou quatre heures déjà, cela va mieux, et après quelques jours de plein air dans les mêmes conditions, la guérison est complète.

C'est parfait, et on serait très aisé d'avoir dans les odeurs en général un agent thérapeutique. Elles ont une action psycho-physiologique: elles pourraient bien avoir une action sur les mouvements, non plus normaux, mais troublés de l'âme ou du corps. Mais le cas qui précède ne prouve pas grand chose. L'amélioration peut avoir été due au grand air et au soleil tout simplement, au fait d'avoir soustrait le malade à quelque influence nuisible de l'habitation; peut-être encore devait-elle se produire sans la cure d'odeurs.

Il ne faut pas tirer de conclusions; mais continuer à réunir des faits, en préférant ceux qui ne sont pas trop manifestement susceptibles d'une interprétation autre que celle qui est proposée.


Essais simples de la pureté des aliments

Voici, d'après « Scientific American » des essais très simples, pouvant être effectués par les maîtresses de maison, pour reconnaître la pureté des matières alimentaires destinées à la consommation.

Oeufs.--La «fraîcheur» d'un oeuf se reconnaît aisément en le « mirant », c'est-à-dire en l'examinant par transparence en le plaçant entre l'oeil et une simple bougie, dans une chambre sombre. L'oeuf frais laisse roir à sa partie supérieure une chambre d'air se détachant en sombre; le reste est transparent et homogène. Un mauvais oeuf n'a plus de chambre d'air, et parfois dans la partie claire, on distingue des points sombres.

Lait.--On se rendra compte de la teneur plus ou moins élevée en crème, d'un lait, par l'essai suivant: placer le lait dans un récipient un peu profond, un tube de verre par exemple, y plonger une aiguille à tricoter assez forte. Retirer l'aiguille: avec un lait chargé en crème, le liquide coule lentement pour former une goutte épaisse qui reste suspendue longtemps, au bout de l'aiguille. Un lait mouillé, ou trop pauvre en crème, coule rapidement le long de I'aiguille, et la goulte qu'il forme se détache et tombe bientôt.

Beurre.--Placer un échantillon du beurre à essayer, correspondant à deux à trois fois le volume d'un pois, dans une grande cuiller; chauffer au-dessus d'une petite lampe à alcool ou à gaz. Un bon beurre frais bout tranquillement en produisant de nombreuses petites bulles formant écume. La margarine et les beurres artificiels crépitent en faisant un bruit semblable à celui que produit une branche de bois vert placée dans le feu.

Café.--L'examen attentif des grains de café permettra déjà de voir s'il n'y a pas eu addition frauduleuse de grains étrangers, reconnaissables à leur forme anormale. Le café moulu, déposé à la surface d'un verre d'eau froide, doit flotter, et ne pas colorer l'eau. Les substances étrangères tombent au fond du verre et l'addition de chicorée est rendue visible par la coloration presque immédiate de I'eau.

Thé.--Le seul moyen de contrôler la pureté de ce produit, est l'examen des feuilles sèches; il faut au préalable se familiariser avec l'aspect des feuilles de thé naturel.

Cacao.--Le cacao est fréquemment adultéré par addition d'amidon. On peut déceler assez facilement cette fraude en plaçant la valeur d'une cuillerée à café de cacao dans une tasse d'eau bouillante. Le cacao mélangé d'amidon a une tendance marquée à épaissir. Malheureusement, certains cacaos contiennent des débris de coques; lorsque ces débris sont finement moulus, seul l'examen microscopique peut donner des renseignements certains sur leur présence.

Confitures et gelées.--L'amidon peut être décelé dans les confitures par l'essai suivant: faire dissoudre une cuillerée à café de confitures dans une demi-tasse à thé d'eau. Passer la solution à travers une mousseline fine, et dans le liquide, ajouter goutte à goutte une solution de permanganate de potasse, jusqu'à décoloration. Ajouter alors au liquide une goutte de teinture d'iode; s'il y a présence d'amidon, on obtiendra une coloration violette.

Pour rechercher la présence du glucose, dissoudre les confitures dans de l'eau comme précédemment, passer à travers une mousseline, verser le liquide dans un verre. Ajouter au moins son volume d'alcool fort. La présence de glucose est indiquée par la formation d'un précipité qui tombe au fond du récipient.

Légumes confits. Pickles.--Pour rechercher du cuivre dans ces préparations, écraser un peu de ces produits avec une fourchette, et introduire la matière dans une bouteille. Ajouter alors une solution formée d'eau et d'ammoniaque à volumes égaux. Si les pickles contenaient du cuivre, la solution ammoniacale prendra une teinte bleue très sensible.


Les Prix Nobel

On a souvent contesté l'utilité des récompenses académiques; il est certain que, données aux intrigants et aux quémandeurs, elles ne serviraient qu'à décourager les autres; il est non moins certain qu'elles n'ont provoqué aucune vocation scientifique ni même excité le zèle des chercheurs; celui qui donne sa vie à la science, la donne sans réserve; il ne cherche que la double satisfaction d'esprit et de conscience, qu'on éprouve à servir l'humanité et à s'approcher de la grande lumière du Vrai. Il ne songe pas plus aux honneurs officiels que l'homme qui se jette à l'eau pour sauver son semblable ne pense à la médaille de sauvetage. Est-ce une raison pour leur refuser un bout de ruban ou un brin d'honneur?--Or, parmi toutes ces récompenses, les prix Nobel se sont fait une place à part non seulement à cause de leur valeur pécuniaire, mais surtout parce qu'on voit en eux l'attestation la plus haute et la plus impartiale du véritable mérite. Ces prix sont décernés, pour la physique et la chimie, par l'Académie des sciences de Suède, pour la médecine, par I'Institut Carolin de Stockholm, pour la littérature par l'Académie de Stockholm, et pour l'oeuvre de la paix, par une commission émanée du Storthing norvégien; ces assemblées se sont toujours conformées aux prescriptions du testateur: «Ma volonté expresse, dit Nobel dans son testament, est que, dans l'attribution de ces prix, on ne tienne aucun compte de la nationalité, de telle sorte qu'on décerne le prix au plus digne, qu'il soit Scandinave ou non». Je puis attester qu'en ce qui concerne les sciences, le voeu de Nobel a été exaucé: l'Académie des sciences de Suède, avant de se décider, consulte toutes les compétences et s'entoure de tous les renseignements; le public le sait, et c'est pour cela qu'il attribue aux prix Nobel la valeur d'une consécration; sans pouvoir comprendre des travaux qui dépassent souvent sa compétence, il est heureux d'en honorer les auteurs. Il est de fait que les plus belles oeuvres scientifiques planent souvent dans des régions peu accessibles au grand public; à essayer, par exemple, de lui faire comprendre tout le mérite et la haute portée scientifique d'un Sabatier, qui fut lauréat en 1912, on risquerait fort de ne pas être compris. On serait plus embarrassé encore s'il fallait lui faire comprendre les vertus mirifiques du réactif «organomagnésien» de M. Grignard qui permet aujourd'hui au chimiste de faire des merveilles; pourtant les méthodes qu'il a inaugurées sont tellement universelles que les chimistes allemands disent couramment grignardiser, (grignardiren), comme nous disons oxyder ou sulfater. Ainsi voilà des oeuvres d'une capitale importance qui sont condamnées à rester inconnues, en dehors du monde des spécialistes, et le public, qui se pâme devant la grimace d'un mime ou le portrait d'un athlète, n'aurait même pas entendu prononcer les noms des plus grands savants de notre époque! Eh bien, grâce aux prix Nobel, il connaîtra au moins ces noms; un jour, sans doute, il sortira des travaux de Grignard ou de Sabatier quelque antipyrine ou quelque pyramidon utilitaire; mais on saura, du moins, que si l'argent va aux uns, l'honneur, reste aux autres; et, comme disait Coppée, je ne trouve pas cela si ridicule. (A suivre).


Annonces diverses

Avis.--Les personnes qui auraient déposé au Bureau du Journal, à la Mairie, des réponses aux annonces parues dans les numéros antérieurs à celui du dimanche 30 avril, sont priées de les renouveler, car celles qui n'ont pas été prises par les intéressés, ont été détruites par l'incendie de l'Hôtel de Ville.

--Les annonces et réponses aux annonces sont reçues au Bureau du Journal, spécialement installé à cet effet à la Préfecture (entrée par la grille, place de la République).

Bottin dentiste, 2l ans, 2, rue Hôpital-Militaire. Réinstallé définitivement 15, r. St-Augustin, près les Halles Centrales. Spécialité Extraction dents sans douleur.

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ouvert tous les jours, de 1 à 5 heures.

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6-8, rue Gombert, Lille.


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Comptoir Lillois, 7. rue Gambetta.


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22, rue Henri-Loyer.


Toute personne ayant une tendance à la constipation doit demander
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ETAT CIVIL DE LILLE

NAISSANCES

Du 28 Avril.--Lecluse Julien, bd Montebello, 196, domicile Comines (N)--Flament Julien, bd Montebello, 196, domicile Pérenchies--Rommelaere Hélène, place Sébastopol, 14, domicile Verlinghem.

Du 1er Mai.--Vanmoorleghem Michel, bd de Lorraine, 11--Lesueur René, rue d'Haubourdin, 27--Ducornetz Marie Thérèse, rue de Douai, 44--Manier Marc, rue du Maire-André, 27.

DECES

Du 28 Avril.--Denneulin Henri, né à Emmerin (N), 2 mars 1874, rue Jules Breton, 25--Dubuisson Roland, 13 jours, rue d'Esquermes, 95--Vandemeurebrouck Léopold, né à Pumpat (B), 10 août 1832, rue Monge, 6--Dupont Jeanne, épouse Desmet, née à Lille, 15 avril 1869, rue des Célestines, 31--Roussette Gabrielle, épouse Masselles, née à Marquette (N), 24 février 1887 (Charité)--Van Ransbeek Jeanne, épouse De Vecht, née à Beirendonck (B), 17 octobre 1853, rue de l'Hôpital-St-Rock, 64--Verquelle Léontine, veuve Gouillard, née à St-Omer(P.d.-C.), 15 avril 1835, rue St Sauveur, 59--Knockaert Edmond, né à Lambersart (N), 27 oct. 1887, rue des Robleds, 37--Cogez Edouard, né à Lille, 18 déc. 1838, rue de Poids, 4--Lemay Judith, née à Lille, 25 sept. 1912, place Gentil-Muiron 22.

Du 29 Avril.--Obin Rose, 22 ans, rue d'Arras, 40 ter, cour Thomas--Delneste Zulma, 80 ans, veuve Lefebvre, rue Vantroyen, 13--Mortagne Elise, 36 ans, veuve Debarge, rue de l'Ecole, 10--Dhaine Héloïse, 54 ans, veuve Guilbert, rue de la Monnaie, 6--Verstiggel Marie, 48 ans, épouse De Meyer, rue de Thumesnil, cour Spriet. 6--Dumont Adèle, 65 ans, quai de la Basse-Deûle, 104--Debacker Charles, 66 ans, époux Vanderostyne, quai de la Basse-Deûle. 104--Leclercq Madeleine, 7 ans, rue d'Artois, 36--Degroux Arthur, 64 ans, époux Gavet, rue Princesse, 73--Souillart Clarisse, 73 ans, rue Brûle Maison, 76--Ryckebusch Henri, 65 ans, époux Magnez, rue du Port, 27--Peucelle Elvire, 77 ans, veuve Guermonprez, rue Princesse, 13--Tripon Auguste, 63 ans, époux Brixy, rue du Curé-St-Sauveur, 29--Lefebvre Lucienne, 18 ans, célibataire, rue Carpeaux, 17--Van Loo Jeanne, 19 ans, place Jacques-Louchart, 12.

Du 30 Avril.--Druart Valentine, 51 ans, épouse Dobin, rue du Molinel, 6--Taffin Iréné, 73 ans, veuve Sense, rue de Rivoli, 22--Capy Charles, 56 ans, époux Pas, quai de la Basse-Deûle, 104--Deloddère Julienne, 3 ans, rue de Buffon, 30--Duthoit Clara, 68 ans, épouse Michez, rue Adolphe-Werquin, 25--Vanuxem Achille, 82 ans, époux Tierant, rue Allard-Dugauquier, 22--Decayeux Maria, 45 ans, épouse Huart, rue Augereau, 14--Wiscart Raymonde, 14 ans, rue de la Gendarmerie, 5--Charlet Virginie, 44 ans, épouse Boucher, rue d'Esquermes, 95.

Du 1er Mai.--Ghesten J. B., né à Marcq-en-Baroeul (N), le 15 mai 1862, rue du Buisson, 130--Depommier Marie, née à Thoone (Haute-Savoie), le 23 sept. 1853, rue de Béthune, 22--Renard Aline, née à Lille, le 2 mars 1895, rue Lottin, 10--Gilleron Marie, née à Lallaing (N), le 18 août 1841, veuve Vertrez, rue d'Esquermes, 93--Dorchies Jules, né à Lille, le 28 mars 1916, rue Henri-Kolb, 7--Van Cauteren Léon, né à Berlaers (B), le 13 janvier 1843, quai de la Basse-Deûle, 104--Venne Justine, née à Linselles (N), le 18 janvier 1837, veuve Lebbe, rue Neuve, 3--Deleurence Pierre, né à Estaires (N), le 28 juin 1829, rue d'Arras, 32--Waquant Alexandre, né à Paris, le 19 novembre 1862, quai de la Basse-Deûle, 104--Danesse Désiré, né à Linselles (N), le 25 juin 1843, quai de la Basse-Deûle, 104--Verbrugghe Marie, née à Alveringhem (B), le 8 janvier 1838, quai de la Basse-Deûle, 104--Rerard Victorine, née à Lille, le 21 nov. 1839, veuve Saegart, quai de la Basse-Deûle, 104--Marcat Charles, né à Tressin (N), le 27 mai 1860, rue Brasseur, 9--Vandenbussche Emile, né à Sailly-sur-la-Lys (P.-de-C.), le 30 janvier 1847, rue du Faubourg-de-Roubaix, 146--Fourmestraux Flore, née à Ronchin (N), le 26 août 1824, veuve Fava, rue du Repos, 6--Kerkove Albert, né à Halluin (N) le 18 sept. 1868, rue d'Esquermes, 93--Landrieu Henri, né à Marquain (B), le 23 oct. 1843, rue d'Esquermes, 93--Huidiez Elise, née à Lille, le 14 mars 1843, veuve Salomon, rue d'Angleterre, 67--Batard Léon, né à Lille, le 20 juin 1873, bd des Ecoles, 2--Dewilde Léon, né à Lille, le 13 juin 1900, place des Quatre-Chemins, 7--Leconte Angèle, née à Douai (N) le 5 janvier 1871, veuve Dussart, quai Vauban, 11--Beauvais Léontine, née à Lille, le 9 juillet 1906, rue de Fives, 53.


CONSEILS et renseig. sur Héritages, Inventaires, testaments, rédaction de tous actes. S'ad. à M. S. Pamart. ex-princip. clerc de notaire 51, rue du Maire-André, de 9 à 10 h. et de 2 à 5 h.


AVIS MORTUAIRE

--La famille Guillemaud-Descloquemant, de Seclin, a la douleur de vous faire part de la perte irréparable qu'elle vient d'éprouver en la personne de Mme Claude GUILLEMAUD aîné, née Catherine Descloquemant, décédée à Seclin, le 21 avril, dans sa 83e année. Les funérailles religieuses ont eu lieu le mardi 25 avril, à 11 h. 1/2 du matin, en l'église de Seclin.

REMERCIEMENTS

--Mme Ferdinand Tonnelle-Brassart et ses enfants remercient sincèrement les personnes qui ont assisté aux funérailles de M. Ferdinand TONNELLE ou qui lui ont exprimé leurs condoléances, et s'excuse auprès de celles qui, par oubli, ou en raison des circonstances, n'ont pu être avisées.


LETTRES MORTUAIRES aux prix ordinaires à l'Imprimerie La Gutenberg, 5-7, rue Desrousseaux.


N° 155.Prix du Numéro: 0,05Dimanche 7 Mai 1916

ACTES DE L'AUTORITÉ ALLEMANDE

RÈGLEMENT

concernant la Surveillance des Banques, Etablissements de Crédits, etc.

Pour le territoire occupé de la France non rattaché au Gouvernement général de Belgique, il est ordonné ce qui suit:

1. Les personnes et les entreprises qui s'occupent professionnellement du trafic de l'argent et des valeurs, du dépôt et de la gestion de valeurs ou d'argent étrangers, du change d'argent, ou d'autres affaires de banque, ainsi que les succursales des dites entreprises, sont tenues de signaler leurs maisons au Bureau de contrôle des banques dont elles dépendent, par l'intermédiaire du Commandant du lieu ou d'étape. La déclaration d'entreprises existantes devra avoir lieu jusqu'au 10 Mai 1916; les entreprises à fonder sont à déclarer avant leur ouverture.

Sont astreints à faire ces déclarations: les propriétaires, les membres du Conseil d'administration et les fondés de pouvoir des entreprises. En outre, les Maires sont tenus de fournir, sur demande, au Bureau de contrôle des banques, une liste des entreprises du genre indiqué, se trouvant dans leur Commune.

2. Les entreprises désignées au § 1 sont soumises à la surveillance du Bureau de contrôle. Leur avoir et leurs autres droits privés sont garantis.

Le Bureau est chargé de veiller à ce que l'entreprise ne soit pas dirigée pendant la guerre d'une façon contraire aux intérêts de l'Empire allemand, et à ce que les règlements, généraux et spéciaux, édictés dans ce but, soient observés.

3. Le Bureau de contrôle est autorisé:

a) à reviser les livres et écritures des entreprises surveillées, à vérifier la caisse et les dépôts de valeurs, traites, etc., ainsi qu'à exiger des éclaircissements sur toutes les affaires;

b) à interdire l'entreprise dans son ensemble ou certaines transactions de détail, quelles qu'elles soient, particulièrement toute opération sur des valeurs quelconques, l'exécution d'engagements et les communications d'affaires;

c) à ordonner des dépôts de valeurs;

d) à retirer aux fondés de pouvoir leurs fonctions, s'ils ne méritent plus de confiance.

4. Lorsqu'une entreprise surveillée, ou une succursale, ne possède aucun représentant juridique, ou qu'un tel représentant n'existe pas dans une localité, ou lorsque la personne représentant l'entreprise ne s'occupe pas des affaires, le Commandant d'Armée ou l'Inspection d'Etape, ou le Gouverneur de Metz pourra nommer un administrateur sur la demande du Bureau de contrôle des banques. Pendant la durée de l'administration, les droits des personnes chargées jusque-là de la représentation sont interrompus.

L'administrateur peut continuer l'entreprise dans son ensemble ou partiellement, ou bien se borner à liquider les affaires en cours. Dans l'exécution des fonctions qui lui sont confiées, il n'est responsable uniquement qu'envers l'autorité allemande qui l'a nommé.

L'administrateur a droit au remboursement de ses dépenses et à une rémunération en rapport avec son travail, dont le montant sera fixé par le Bureau de contrôle.

La fin de l'administration sera proposée par l'administrateur et subordonnée à l'assentiment du Bureau de contrôle.

5. Les propriétaires, membres du Conseil d'administration, directeurs, employés et administrateurs des entreprises surveillées doivent se soumettre aux ordres et aux mesures du Bureau de contrôle. Ce dernier est autorisé à exiger caution pour l'observation de ses dispositions générales et spéciales; en cas de non-observation, le montant de caution deviendra entièrement ou partiellement propriété de l'Empire allemand.

6. Toute contravention intentionnelle, ou causée par une grave négligence, contre § 1 ou contre les dispositions du Bureau de contrôle, sera punie d'internement jusqu'à cinq ans, et d'amende jusqu'à 50.000 marks, ou d'une de ces deux peines. La tentative est punissable.

Grosses Hauptquartier, le 10 avril 1916
Der Generalquartiermeister
sign. Frhr. von FREYTAG,
Generalleutnant.


AVIS DE LA MAIRIE

Tickets de pain.--Il est recommandé aux familles de s'approvisionner de tickets de pain pour une semaine au moins.

Ci-dessous le barème du nombre de tickets à acheter par semaine:

Nombre de Poids du Tickets Sommes
Rations pain 1 K.--1.500
1 3 kg 3 » 1 f.20
2 6 » 6 » 2.40
3 9 » » 6 3.60
4 12 » 3 6 4.80
5 15 » 6 6 6 »
6 18 » » 12 7.20
7 21 » 3 12 8.40
8 24 » 6 12 9.60
9 27 » » 18 10.80
10 30 » 3 18 12 »

Les familles de 3 personnes et plus, doivent surtout s'approvisionner de tickets de 1500 grammes.

Evacuation. Des objets divers ont été oubliés en gare Saint-Sauveur, par les évacués dont les noms suivent: M. Déjardin Jules, rue Léon-Gambetta; Dorchie Yvonne. Les familles des intéressés peuvent réclamer ces objets au Bureau (nº 2) du Comité d'Alimentation du Nord de la France, à la Préfecture.

Recensement. Il est rappelé que les changements de domicile sont autorisés mais qu'il y a lieu, comme par le passé, d'en faire la déclaration dans les 24 heures, à la Mairie de Lille, Bureau du recensement.

Le Bureau central de l'Octroi est transféré 12, rue des Fossés.

Le Bureau de vente des cartons pour envois de colis aux prisonniers, a été transféré à la Banque de France. 69, rue Royale.

--La Mairie achèterait toutes quantités de stencil pour machines à écrire, utilisable sur duplicateur à plat et autres, ainsi que tous tubes d'encre spéciale pour ces appareils. Toutes ces fournitures de 1re qualité. Se présenter 131-133, boulevard de la Liberté.


La Question de l'Heure

Avant l'occupation allemande, l'heure marquée par les horloges publiques, à Lille, était l'heure de l'Europe occidentale, que nous pourrions appeler, d'une façon un peu inexacte, l'heure française ou l'heure de Paris. L'autorité allemande y a substitué, lors de l'occupation, l'heure de l'Europe centrale, que nous appellerons, toujours avec quelqu'inexactitude scientifique, l'heure allemande ou l'heure de Berlin. Cette heure est en avance d'une heure sur l'heure de Paris. Lorsqu'il est midi à Paris, il est une heure (ou 13 h.) à Berlin. Par un avis récemment affiché (voir Bulletin de Lille nº 153 du 30 avril 1916), l'autorité allemande a prescrit d'avancer d'une heure encore, à partir du 1er mai, les horloges publiques. Elle a ainsi substitué à l'heure allemande (ou heure de Berlin), l'heure de l'Europe orientale, que nous qualifierons d'heure russe (ou heure de St-Pétersbourg). Cette heure est en avance d'une heure sur l'heure allemande, et de 2 heures sur l'heure française. Lorsqu'il est midi à Paris, il est 1 heure (13 heures) à Berlin et 2 heures (14 heures) à St-Pétersbourg. C'est le cas de dire que nous irons chercher notre midi à 14 heures!

L'heure légale est destinée à faire gagner en été une heure de jour et, par conséquent, à économiser une heure d'éclairage de nuit. L'Allemagne calcule qu'elle réalisera, de ce fait, une économie de 200 millions de marks, rien que sur l'éclairage public.

Cette question de changement d'heure ayant dérouté et intrigué le public, nous croyons qu'il est intéressant d'éclairer nos concitoyens, en leur donnant les renseignements suivants, publiés, d'après la Gazette de Cologne, dans le journal le Matin, sous la signature de M. Charles Nordman, astronome de l'Observatoire de Paris.

«On discute fort, en ce moment, au sujet de projet de loi de M. Honorat, qui veut, qu'à partir du 10 avril, toutes les pendules de France soient avancées d'une heure pendant la durée de la guerre. Les uns tressent à cet honorable député des couronnes de dithyrambes, auxquelles les autres mêlent les épines de leurs quolibets. A la vérité, il ne mérite ni cet excès d'honneur ni cette indignité. Car si quelque chose, en cette affaire, honora M. Honorat, c'est d'avoir présenté cette loi, mais non d'en avoir eu l'idée. C'est, en effet, le Matin qui, le premier, a accroché dans la presse ce grelot qui, présentement, fait tant de bruit. L'idée d'avancer d'une heure l'heure légale de l'Europe occidentale est due à un savant hollandais, le professeur Hubrecht, mort il y a quelques semaines, sans avoir eu la joie de voir réaliser cette conception si juste et si ingénieuse. Les avantages de ce projet sont clairs: Il est évident que les agriculteurs mis à part, qui seuls règlent leur vie sur les heures du lever et du coucher du soleil, notre vie sociale est réglée sur la pendule, non sur la marche réelle du soleil. La preuve, c'est qu'à Nancy et à Brest, les mêmes heures correspondent aux mêmes occupations dans les industries, les administrations, les familles, bien que le soleil se lève et se couche dans la première de ces villes 43 minutes plus tôt que dans la seconde. Une autre preuve est que les bureaux de poste qui ouvrent, comme on sait, de 8 heures à 20 heures, ouvrent et ferment, en réalité, 10 minutes plus tard depuis qu'on a adopté officiellement l'heure du méridien de Greenwich. Or, en ce moment, le soleil se lève à 6 heures 15 et se couche à 6 heures 30 à Paris; si donc on avançait les pendules d'une heure, les bureaux de poste useraient de lumière artificielle pendant une heure de moins chaque jour. Ce qui est vrai des bureaux de poste, l'est de la plupart des industries, des administrations et de presque toutes les familles, car nous nous levons presque tous après le soleil, et nous nous couchons bien après lui. C'est donc par millions que se compteront les économies réalisées par la nouvelle loi, sans aucun trouble dans nos habitudes qu'un petit changement fait aux pendules, une fois pour toutes. On dit que les relations internationales seront perturbées par cette loi et on a allégué qu'elle nuirait à la concordance des heures de nos marchés commerciaux et financiers avec celles des marchés étrangers. C'est absurde et faux. Cette concordance sera, au contraire, améliorée, puisque, par cette mesure, qui sera, sans aucun doute, bientôt généralisée, l'Europe occidentale aura la même heure que les pays qui ont l'heure de l'Europe centrale. Le seul défaut, à mon sens, du projet présenté, c'est qu'il ne prévoit cette mesure que pour la durée de la guerre: il faudrait, au contraire, qu'elle fut prise une fois pour toutes. La Chambre adoptera, certainement, ce projet qui est utile et ne présente, d'ailleurs, aucun inconvénient scientifique, comme l'a démontré, devant la Commission de la Chambre, M. Painlevé, dont on ne contestera pas la compétence».

Cette idée de pratiquer une heure différente de l'heure solaire paraît faire son chemin dans divers pays.

Les journaux italiens recommandent cette réforme qui permettrait, en cette saison, de mettre la journée légale en harmonie avec la journée astronomique, et de réaliser, en même temps, une économie d'une centaine de millions sur l'éclairage.

La Gazette de Cologne du 15 Avril 1916, indiquait qu'en Hollande, le Ministre de l'Intérieur avait annoncé à la deuxième chambre, un projet de loi ordonnant d'avancer les horloges d'une heure pendant l'été.

Et en France, qu'a-t-on fait? Le projet de loi de M. Honnorat, dont parle l'article du Matin, publié ci-dessus a-t-il été adopté? Nous n'en savons rien.

La Gazette de Cologne publiait à la date du 10 avril, l'information suivante:

«La proposition d'avancer l'heure d'avril à septembre a été rapportée en France, par le député des Basses-Alpes, M. Honnorat, d'accord avec le Ministre de l'Instruction publique Painlevé. La Commission parlementaire de l'Instruction publique l'a, d'après le Journal du 6, adoptée à l'unanimité. A partir du 10, donc à dater d'aujourd'hui, toutes les pendules seront avancées d'une heure. Cette mesure a surtout pour objet, en France, de limiter les dépenses d'éclairage et de réaliser une économie sur les charbons anglais, devenus si épouvantablement chers, grâce à la guerre des sous-marins et dont, cependant, l'armée ne peut se passer».

Et La Gazette du 14 avril, publiait, sur la question de l'heure d'été en France, le renseignement suivant:

«La question de l'introduction de l'heure d'été en France n'est pas encore décidée. Ces jours-ci, l'Académie des Sciences et la Commission du budget de la Chambre se sont prononcées contre, tandis que l'Académie des sports et la Commission de l'Enseignement et Beaux-Arts ont approuvé le projet de loi à l'unanimité».

D'après ces renseignements, il n'y aurait encore rien de décidé. On consultera peut-être encore l'Académie de Médecine et celle des Sciences morales. Comme c'est l'heure que marque l'horloge, qui règle la vie, l'avance de l'heure doit avoir pour conséquence que les gens se coucheront plus tôt, et se lèveront plus tôt (peut-être). L'Académie de Médecine approuvera le projet pour raison d'hygiène, car il faut vivre avec la lumière solaire. Se lever et se coucher avec elle, c'est s'assurer la santé. Ce serait le retour bienfaisant aux préceptes salutaires, de l'école de Salerne. L'Académie des sciences morales, donnera sans doute un avis favorable; elle appuiera son opinion de cette citation: «que se lever tôt assure la santé et la sainteté». Après tous ces avis, votera-t-on quelque chose ou rien du tout? Nous le saurons peut-être un jour.

P. S.--L'article était composé, lorsque la Gazette de Cologne, nous a apporté un renseignement complémentaire:

«A la proposition de loi de M. Honorat d'avancer d'une heure l'heure légale française, M. Breton, député du Cher, avait ajouté un article additionnel autorisant le Gouvernement à introduire l'heure d'été par simple décret. Cette mesure était prise, d'accord avec M. Painlevé, ministre de l'Instruction Publique; mais, le 22 avril, le Sénat, avant de s'ajourner au 18 mai, a renvoyé l'examen de la proposition à une commission. Les membres de cette commission devaient être désignés par les bureaux. Les membres nommés sont, d'après l'Humanité, hostiles à la proposition. Le 4e bureau n'a pu se réunir, les membres en faisant parti étant en vacances. Comme l'été ne commence que le 22 juin (quand le jour commence déjà à diminuer), l'heure d'été ne peut être voté pour cette date.»

Enfin, on a été étonné d'apprendre que le Gouvernement luxembourgeois n'avait pas adopté, en temps, l'heure d'été. Comme les chemins de fer, les bureaux de poste et les industries privées se règlent sur celle-ci, il en résulte, dans la vie courante, un véritable chaos. Les chambres y mettront vraisemblablement bon ordre, en décidant à bref délai, l'adoption de l'heure d'été.


Nécrologie française

Dans sa Victoire du 6 avril, Hervé, cherche à répondre aux murmures qui circulent de plus en plus nettement en France, sur le fait qu'on épargne les riches et qu'on sacrifie les pauvres, en publiant la liste suivante des fils et gendres de généraux tués à l'ennemi:

Le général de Castelnau a perdu 3 fils; Foch, 1 fils et 1 gendre; Dessirier, 3 fils; de Pouydraguin, 2 fils; Renouard, 2 fils; de Lardemelle, 2 fils; Nayraud, 2 fils; Ganeval, tué lui-même aux Dardanelle, 1 gendre; Bailloud, 1 fils et 1 gendre; de la Nouvelle, 2 gendres; de Maudhuy, 1 fils; Damade, 1 fils; Ebener, 1 fils; de Benoit, 1 fils; Bonal, 1 fils; de Mondésir, 1 gendre; de Bassard, 1 gendre; Falque, 1 fils; Margoulet, 1 fils; Chaey, 1 fils; le contre-amiral Amet, 1 fils; le général de Morlincourt, 1 gendre; Louis, 1 fils; Corvisard, 1 fils; Delestrac, 1 fils; Delestapier, 1 fils; Bonfait, 1 fils; Dieudonné, 1 fils.


Les Prix Nobel (Suite).

Les prix Nobel ont encore un autre avantage: ils rappellent, chaque année, l'attention vers une des plus expressives figures de l'humanité contemporaine, celle de leur fondateur. J'ai parfois entendu dire ceci: Nobel était tout simplement un industriel, qui a réussi à édifier une immense fortune, en profitant de la rage sanguinaire qui porte les hommes à s'entre-tuer, et les prix qu'il a fondés ne sont qu'une réclame posthume, ou peut-être le fruit d'un remords tardif. Pour parler ainsi, il faut ne rien savoir de la vie de cet homme, poursuivie dans un labeur incessant et au milieu des plus terribles dangers; il faut n'avoir jamais connu sa bonté, qui retombait autour de lui en pluie généreuse; il faut, surtout, n'avoir jamais vu transparaître son âme rêveuse et humanitaire dans les lettres qu'il échangea pendant vingt ans avec Mme Bertha von Suttner, l'apôtre allemand de la paix internationale. C'est un fait, paradoxal en apparence, que ceux qui ont créé les plus formidables engins de destruction et de mort ont vu dans leur oeuvre le moyen le plus pratique et le plus sûr d'assurer la paix entre les peuples: John Ericsson, le grand constructeur des monitors et des destroyers, déclarait que ces engins avaient «pour but principal de rendre impossible la guerre maritime, et de faire reconnaître par toutes les nations la neutralité de la mer», et il ajoutait: L'art de la guerre est encore dans l'enfance. Perfectionné, il obligera l'homme à vivre en paix. Ce but sublime, qui a toujours été le rêve chéri de ma vie, sera atteint, je l'espère, avant la fin de ce siècle.»

Et Nobel écrivait, de son côté: «Plus les moyens de destruction seront terribles, plus on évitera d'assumer la responsabilité d'une déclaration de guerre: du jour où deux armées pourront, par la découverte d'explosifs perfectionnés, s'entre-détruire complètement, toutes les nations civilisées reculeront avec effroi devant les conflits belliqueux.»

Ainsi, c'est dans l'âme de ces grands destructeurs qu'il faut aller chercher la petite fleur bleue[1]. Mais on peut trouver autre chose encore dans la vie d'Alfred Nobel: une grande et belle leçon d'opiniâtreté et de courage.

Il avait, d'ailleurs, de qui tenir; son père, Emmanuel Nobel, l'avait précédé dans l'étude des explosifs; il avait construit, pour la Russie, les premiers modèles pratiques de torpilles sous-marines qui, immergées à l'embouchure de la Neva, firent reculer la flotte anglaise pendant la guerre de Crimée; ses travaux, qui le firent passer par des alternatives de fortune et de noire misère, se poursuivaient au milieu d'épouvantables dangers, dont nous n'avons plus l'idée, aujourd'hui qu'une technique prudente permet de manier aisément les plus formidables explosifs: c'était le temps où notre compatriote, le grand physicien Dulong, se faisait enlever la moitié de la main en étudiant le chlorure d'azote. Emmanuel Nobel produisait, dans sa maison de Stockholm où il procédait à ses essais, de si dangereuses détonations, qu'il fut contraint d'aller les continuer sur un chaland amarré à quelque distance du rivage. C'est au milieu de ces dangers qu'Abel Nobel grandit; il devait en connaître de pareils pendant une grande partie de sa vie; en 1867, son laboratoire d'Helsingborg sauta, et il retrouva dans les décombres plusieurs cadavres atrocement mutilés, parmi lesquels était celui de son frère cadet Oscar.

(A suivre)

[Note 1: Une preuve encore: Nobel fut profondément épris, dans sa jeunesse, d'une jeune fille que la mort lui enleva; il ne se maria jamais.]


Annonces diverses

--Les annonces et réponses aux annonces sont reçues au Bureau du Journal, spécialement installé à cet effet à la Préfecture (entrée par la grille, place de la République).

Annonce légale.--Cession de part sociale

Suivant acte reçu par Me Pasteau, notaire à Lille, le 22 avril 1916, intervenu entre:

Madame Marie-Louise Couteel, fabricant de limes, demeurant à Lille St-Maurice, rue de la Briqueterie, nºl, veuve de M. Charles-Gustave Bergues. et M. Théodore-Charles Bergues, son fils, fabricant de limes, demeurant à Lille St-Maurice, rue St-Druon, 26.

Madame veuve Bergues a cédé à son fils et co-associé sus nommé tous ses droits actifs et passifs dans la société en nom collectif existant entre eux à Lille rue de la Briqueterie, nº 1, pour la fabrication de limes, sous la raison et la signature sociale Veuve Charles Bergues et fils, en vertu d'un acte sous signatures privées, en date à Lille du 28 décembre 1910, portant la mention suivante «Enregistré à Lille T. E. le 29 décembre 1910, folio 73 nº 6032 reçu 8 francs 75 centimes, décimes compris, signé Monsel» et déposé pour minute avec reconnaissance d'écritures et de signatures à Me Pasteau, notaire à Lille, pour valoir authenticité suivant acte reçu par lui, le 26 janvier 1911, enregistré et publié conformément à la loi.

Cette cession a été faite moyennant prix et conditions insérées audit acte, pour l'acquéreur en avoir la jouissance à compter du 15 avril 1916. jour à partir duquel ledit M. Bergues fils est devenu seul propriétaire de tout l'actif social.

Dissolution de Société

Et, en conséquence de cette cession ladite société Veuve Charles Bergues et fils, a été déclarée et s'est trouvée dissoute à compter dudit jour 15 avril 1916.

Deux expéditions dudit acte de cession de part et dissolution de société ont été déposées, l'une au greffe du Tribunal de Commerce de Lille et l'autre au Greffe de la Justice de paix du 1er arrondissement judiciaire de Lille, le 2 mai 1916. Pour extrait: PASTEAU.

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