LE
MOYEN
DE
PARVENIR.
NOUVELLE ÉDITION.
Augmentée d'une Table sommaire des Chapitres.
Caritas inter jocosve regnat Moria.
TOME PREMIER.
A LONDRES.
M. DCC. LXXXI.
DISSERTATION
Qui doit être lue*.
* Cette dissertation est du savant Bernard de la Monnoye. Elle donne une assez parfaite connoissance & une idée assez claire de l'Auteur, pour ne devoir pas être rejettée par les Lecteurs, qui veulent s'instruire quand ils lisent.
Le livre, qui a pour titre le Moyen de Parvenir, étant en son espece véritablement original, bien des gens demandent tous les jours qui en est l'auteur. On sait, à n'en pouvoir douter, que c'est François Béroalde, sieur de Verville, gentilhomme Parisien, & de plus chanoine de saint Gatien de Tours. Les registres de cette cathédrale datent sa réception du vendredi 5 Novembre 1593.
Il a composé, tant en prose qu'en vers, une infinité d'ouvrages, où, à l'exception du Moyen de Parvenir, il n'a fait nulle difficulté de mettre son nom. Comme cet écrit est extrêmement licentieux, il n'a pas voulu tout-à-fait demeurer d'accord qu'il fût de lui. Voici comme il s'en explique, pag. 461 & 462 de son Palais des Curieux. «Cependant je vous avise que, comme ici je donne des atteintes à plusieurs fautes, j'ai fait un œuvre, lequel est une satire universelle, où je reprends les vices de chacun. Je pensois vous le faire voir sous un titre qui est tel: le Moyen de Parvenir. Mais on me l'a volé: si que, pour en avoir le plaisir, vous attendrez encore. Je l'ai mis en tel état, que je l'avouerai mien; au lieu que l'exemplaire, dont on m'a fait tort, est insolent, & que je dénierois être de moi, aussi qu'il n'est pas de mon écriture; & avec cela il n'est pas de mérite pour être lû, à cause des convives qu'on m'a rapporté qui y sont, pource qu'il y a des contes désagréables; ce qui n'est pas au mien, où je ne taxe ni moine ni prêtre, ni ministre ni nonnain, & n'y a point de contes qu'on tire à telle conséquence; mais rencontres joyeuses, & touches tendantes à réformation».
Ce désaveu, fait pour la forme, n'a pas empêché qu'on ne l'ait crû l'unique auteur de ce livre. On y reconnoît d'un bout à l'autre son style & son caractere. Quoiqu'on l'ait repris d'avoir affecté, dans cet ouvrage, d'écrire sans suite; il ne laisse pas d'y marquer du dessein, & de cacher, dans son désordre apparent, un ordre plus fin qu'on ne se l'est imaginé. C'est une représentation naïve des conversations ordinaires. Que trois ou quatre personnes s'entretiennent ensemble familiérement, elles parleront insensiblement de mille choses différentes, sans s'appercevoir de la différence des sujets. Le marquis de Châtres-Brodeau nous donna, sur ce modèle, en 1697 ses Jeux d'esprit & de mémoire, mais d'un goût fort subalterne. J'ai exposé l'idée du Moyen de Parvenir. L'auteur y suppose une espece de festin général, où, sans conséquence pour les rangs, il introduit des gens de toute condition & de tout siecle, savans la plûpart, qui, n'étant là que pour se divertir, causent de tout en liberté, & par liaisons imperceptibles passant d'une matiere à une autre, font des contes à perte de vue. La vérité est que, brouillés comme ils sont dans le livre, on a de la peine à les y retrouver quand on les cherche; mais il est aisé de remédier à cet inconvénient par le secours d'une table sommaire des Chapitres qu'on a faite, en vertu de laquelle il n'y a pas de quolibet, pour mince qu'il soit, qu'on ne trouve en son lieu dans le moment.
Le Moyen de Parvenir en est le répertoire général; c'est en cette source que non-seulement Bruscambille & Tabarin ont puisé; mais encore Daubigné dans son Baron de Fæneste, & Sorel dans son Francion.
Un ami très-docte du docte Saumaise, m'a dit que ce grand homme se délassoit quelquefois à lire le Moyen de Parvenir, & qu'il l'estimoit en son genre. Il m'en a même appris un fait curieux, qui mérite d'être rapporté. C'est que, dans le tems que monsieur Saumaise étoit malade à la cour de Suede, la reine Christine, qui l'y avoit fait venir, l'étant allé voir, le trouva au lit tenant un livre, que par respect il ferma, au moment qu'il la vit entrer. Elle lui demanda ce que c'étoit. Il lui avoua que c'étoient des contes un peu libres, que, dans l'intervale de sa maladie, il lisoit pour se réjouir. Ha, ha, dit la reine, voyons ce que c'est; montrez-m'en les bons endroits. Monsieur Saumaise lui en ayant montré un des meilleurs, elle le lut d'abord tout bas en souriant; après quoi pour se donner plus de plaisir, s'adressant à la belle Sparre, sa favorite, qui entendoit le françois: viens, Sparre, s'écria-t-elle; viens voir un beau livre de dévotion intitulé, le Moyen de Parvenir. Tiens, lis moi cette page tout haut. La belle demoiselle n'eut pas lû trois lignes, qu'arrêtée par les gros mots, elle se tût en rougissant; mais la reine, qui se tenoit les côtés de rire, lui ayant ordonné de continuer, il n'y eut pudeur qui tînt; il fallut que la pauvre fille lût tout. Monsieur Saumaise, racontant cette particularité au savant homme, alors fort jeune, de qui je la tiens, lui fit voir le propre exemplaire qui avoit été le sujet de cette plaisante scène, & le lui donna.
Tout ce qu'on peut dire à l'avantage de cet ouvrage, c'est qu'il a été une source intarissable de bons contes, proverbes & mots plaisans pour nous & nos successeurs. Il n'est enfant de bonne maison qui n'en bégaie à tort & à travers quelque lambeau; bien ou mal placé, n'importe. Mais aussi Verville ne s'est pas livré à sa seule imagination dans la formation de ce livre plein d'imagination.
Une remarque particuliere, sur le Moyen de Parvenir, c'est que le mot car, par où il commence, n'y est dans la suite répété en nul endroit.
Bayle nous a donné un léger article de François Béroalde sieur de Verville, & un autre de Mathieu Béroalde, pere de François. Mathieu, originairement catholique, fut, vers 1550, précepteur d'Hector Frégose, fils de César Frégose & de Constance Rangon. Le Bandel en parle avec éloge, dans l'épître dédicatoire de la 63e. Nouvelle du 3e. tome. «Messer Matteo Beroaldo, Parigino, (dit-il) huomo non solamente nella lingua latina e greca eruditissimo, mà nell'hebrea anchora, e negli studii filosofici essercitato, e precettore del nostro signor Hettor Fregoso, dal re christianissimo nomato al summo pontefice per vescovo di Agen». Et dans l'épitre dédicatoire de la nouvelle suivante. «La novella fù narrata qui trà noi dal dottissimo messer Matteo Beroaldo, precettore del nostro gentilissimo signor Hettor Fregoso».
Le calvinisme commençant alors à s'établir à Agen, Mathieu Béroalde, Jules-César Scaliger & quelques autres savans, alors habitans de cette même ville, goûterent la nouvelle religion. Mathieu Béroalde en fit profession ouverte, quelques années après, & fut même ministre à Genêve. Il étoit neveu de Vatable, & avoit des livres rares & exquis, lesquels furent la plupart vendus & dispersés après sa mort. Quelques-uns cependant demeurerent à son fils, qui, dans un tems de troubles, tel que celui où il vivoit, eut peine à les conserver. Il en regrettoit un, surtout, imprimé, dit-il, à la Chine, que Joseph Scaliger, à qui il l'avoit prêté, lui retint. Il en dit un mot dans son Moyen de Parvenir, tome II. chap. XXI. intitulé Sommaire, & en parle plus au long & plus sérieusement, sur la fin de son Palais des Curieux.
Il étoit poëte, chimiste, médecin, philosophe, grammairien, mathématicien. Ses ouvrages, dont nous avons un grand nombre, sont presque tous ou romanesques ou chimiques, ou tous les deux, tel que son Voyage des Princes Fortunés, livre ennuyeux à la mort, au chapitre près qui contient l'histoire du roi Eufrantis, & de son favori Spanio. On la peut voir toute entiere, dans les remarques de Sorel, sur le Xe. livre de son Berger Extravagant. Claude Barthelemi Morisot, avocat au Parlement de Dijon, l'a mise en latin, en ayant seulement changé les noms, & l'a insérée dans son Veritatis lacrima, petite satire que les jésuites, qu'il y maltraitoit, firent brûler publiquement à Dijon, par arrêt du même parlement, le 4 Juillet 1625. On dit que, ce Voyage des Princes Fortunés n'ayant point eu de débit, Verville composa, pour dédommager son libraire, le Moyen de Parvenir, dont il s'est fait des éditions sans nombre. Le titre seul excitoit la curiosité. C'est assurément un livre singulier. L'auteur y paroît fort désabusé de la pierre philosophale, dont il avoit été long-tems entêté. Pour sa religion, l'on ne peut douter qu'étant fils d'un ministre de Genêve, il n'ait été élevé dans la prétendue réformée. De huguenot, après la mort de son pere, il se fit catholique: mais à en juger par son Moyen de Parvenir; qui fut un de ses derniers ouvrages, il est aisé de voir que, s'y moquant comme des Catholiques & des Huguenots, il n'étoit ni l'un ni l'autre.
Sa retraite à Tours, où apparemment il est mort, l'a fait mettre par l'abbé de Maroles, page 255. de la partie de ses Mémoires, au nombre des illustres Tourangeaux. Le même abbé lui donne pour compagnon de poésie enjouée, le nommé Gui de Tours, qui en effet s'appliqua peu de tems après que le Moyen de Parvenir eut paru, à en tourner quelques contes en vers françois. Ce sont des manieres d'épigrammes. Je les ai vues, rien n'est plus sec.
SOMMAIRE
DES CHAPITRES.
TOME PREMIER.
[I.] Qui sert d'exorde à ce discours clair & intelligible, intitulé: Moyen de Parvenir; satyrise les géometres, les géographes & les chronologues; prépare le lecteur à l'assemblée de ces illustres fous, qui, de section en section, donneront de plus en plus des preuves de leur folie stéganographique. Les interlocuteurs s'engagent à se revoir chez le bonhomme, pour y faire festin. Invective contre ceux qui donnent légérement leur parole.
Guillaume qui fait jurer pour lui, Page [3].
Honnête démenti de Coguerean, p. [4].
Seigneur de paroisse qui ne refuse rien, p. [5].
[II.] Satyre contre les grammairiens latins, si hérissés par-tout qu'on ne peut en aborder, sans être sûr d'être déchiré par l'épine; & contre les pindariseurs de la langue françoise.
L'assesseur pindarisant, p. [6].
[III.] A l'ajournement chez le bon homme, aucun des conviés ne manque, & tous en entrant dans la salle se saluent. Satyre contre les révérencieux. Description de la salle. Critique de Platon.
[IV.] Eloge de toute l'assemblée, dans un style si singulier, qu'on ne sait s'il l'injurie ou la loue. Cet éloge est terminé par l'apologie de madame (la belle inconnue) dont beaucoup de bien est dit.
[V.] Les flaccons de vin étoient au frais. Sortie vigoureuse contre les buveurs d'eau tiede, les sots à table, & les timides en conversation. Histoire de la découverte de la vérité au fond d'un puits par Démocrite. Raison pourquoi le vin s'avale plus promptement que le pain. Vin répandu est le plus grand malheur. Origine du proverbe: vessies sont des lanternes.
Sermon du curé, page [10].
Démocrite qui trouve la vérité dont un puits, p. [12].
[VI.] Socrate fut chargé de l'emploi de maître des cérémonies. On y vit arriver Alexandre revenu de chez les Gymnosophistes, Aphtonius, Bodin, Pythagore, Pline, Démosthenes, Aristote, Rabelais; Cusa & Jean Hus se placent; digression plaisante sur la future destinée de ce livre.
L'archidiacre grand gourmand, p. [15].
Moine circonspect au pied de la potence, p. [16].
[VII.] Le repas commence. A propos de repas, savante & profonde dissertation sur les pets, & histoire des pets musqués de la belle Imperia avec le gentilhomme de Lierne.
Naissance de la couronne impériale, p. [23].
De Lierne couché avec la belle courtisanne peteuse, page [24].
Naissance des orties, [26].
[VIII.] L'histoire de la belle Marciole qui ramasse, toute nue, les cerises qu'elle avoit apportées au sieur de la Roche. Les plaisirs indiscrétement prisés des regardans, & la somme que la belle emporta, font le sujet de cette section.
Marciole ramassant les cerises, p. [27].
Prudence de l'abbesse de Montfleury, p. [33].
[IX.] Il est bien intitulé coq-à-l'âne; chacun, rempli de l'histoire de Marciole, raisonne sur son cela, & pourquoi cela est appellé cela. Plaisanterie d'un médecin visitant une fille malade.
Médecin examinant une malade, p. [35].
[X.] L'auteur annonce clairement à ses lecteurs la difficulté de lire ce livre, dont toutes les phrases sont cousues par le hazard: l'exemple du bon homme Guyon, qui mettoit dans une grande terrine tout pêle-mêle ce qu'on lui donnoit à boire & à manger, est une comparaison sensée de cet ouvrage. Analyse d'une dissertation d'un prieur de Vau-de-Vire, sur le mot cela. Homme & femme sont honteux de montrer leur cela, selon la petitesse de l'un ou la grandeur de l'autre. Le dialogue d'Hippolite & de son amant vis-à-vis sa mere, mérite l'attention de ceux qui aiment de la chaleur dans les dialogues. Histoire de monsieur de la Rose, qui, pour se moquer des notaires, fait passer des pois pardevant eux.
Guyon qui mangeoit & buvoit pêle-mêle, page [36].
La belle Hippolite qui se chauffoit à la parisienne, p. [39].
Pois passés pardevant notaires, p. [43].
[XI.] Eloge ambigu des convives, de l'ouvrage, & des lecteurs assez spirituels pour l'aimer & comprendre. Comparaison de ce volume avec verre & bouteille.
[XII.] En continuant l'apologie de ce volume, il l'appelle bréviaire, pour avoir droit de faire un sarcasme contre les propriétaires de bréviaires. Le conte du bréviaire du curé, & du quiproquo de la femme du libraire, n'est qu'une courte parenthese à cette apologie, qui n'est interrompue que par une furieuse satyre contre les financiers & gens pressurant le peuple par la levée des impôts. Embarras dans lequel il entre sur le nom qu'on doit dignement imposer à ce livre; en rejettant le mot de clavicule, il fait un conte sur Rabelais qui prépare une médecine à M. du Bellai avec une décoction de clefs. Il termine cette section par une invective contre les pédans latinistes, & les ennuyeux scholiastes.
Le bréviaire du curé, page [48].
Quiproquo de la femme d'un libraire, p. [49].
Médecine apéritive de Rabelais, p. [53].
[XIII.] Plaisante conversation d'un principal du collége de Genêve & d'un ministre: on y développe un germe de scepticisme sur les deux religions catholique & protestante. Il termine son éloge de ce livre par des idées très-burlesques & fort analogues au style dont il est écrit.
Guérison du ministre malade, p. [58].
[XIV.] Beze est le premier qui forme l'interlocution dans cet ouvrage; il disserte plaisamment sur les gouvernantes de prêtres, qui le premier jour disent votre; le second, notre: & le troisieme mon. Quelques quiproquo fort plaisans précedent l'histoire du bachelier fouetté; elle est commencée, & tout d'un coup interrompue.
Bonne foi d'un homme prêt d'être rompu, p. [62].
Gradations de familiarité des chambrieres, p. [64].
La tête de veau de l'avocat du Mans, p. [65].
Le bachelier fouetté & fouettant, p. [66], contin. p. [71].
[XV.] L'interruption ayant toujours lieu, à propos de soutanes & de braguettes, plaisanteries vives sur les papistes & les huguenots, sur les buveurs d'eau vigoureux champions en amour, & sur le terme de faire la pauvreté. Enfin le conte du bachelier fouetté par la dame Laurence & la fouettant à son tour, reprend son fil; le trépas de la pauvre dame, & la frayeur de sa jument à ce triste spectacle de fouetterie.
[XVI.] Propos de sœur Dronice avec son abbesse qui la réprimande d'avoir tâté du fruit de vie. Raisonnement intéressant à la république sur l'encouragement qu'on doit donner à celles qui l'enrichissent par des enfans. Différentes réponses d'enfans sur le cocuage des peres & le putanisme des meres.
La nonnain curieuse reprimandée, p. [78].
Réponses naïves d'un enfant à sa mere, p. [81].
Naïveté d'un curé, p. [82].
[XVII.] Continuation des propos sur les femmes, que j'aime mieux qu'on lise que d'en faire l'analyse. Plaisanterie sur l'aventure d'un moine, (sans contredit c'est aventure de paillardise; & toutes les fois que je dirai aventure de moine, cela aura cette signification) & sur l'explication de omnis caro fœnum. Thevet tourné en ridicule sur son style & ses bévues. Grotesque serment d'un paysan égrillard, pour détourner la jalousie bien fondée de son voisin sur son compte, vis-à-vis sa femme.
Décision sur les femmes en général, page, [83].
Femme prise pour un boiteau de foin, p. [84].
Frere Jérôme le chimiste, p. [85]; continuée, [86]; cont. [87]; finie, [89].
Expression reprise, p. [86].
Plaisant serment de Georget, [87].
[XVIII.] Explication burlesque d'une vérité trop certaine, qu'il faut graisser la main aux gens de justice. Histoire de frere Jérôme, grand alchimiste, dans laquelle on se moque des brûleurs de charbons & des entrepreneurs de fortunes imaginaires; frere Jérôme, pour fermer la bouche à sa parente anti-chimiste, lui dit qu'il cherche la poudre qui le fait faire sept coups.
Façon de graisser les mains de son juge, p. [88].
[XIX.] Un coq-à-l'âne fort court, d'un valet qui explique à sa façon mundus caro dæmonia, differe un moment l'histoire de la pierre à casser les œufs. Secret de faire mourir quelqu'un sans qu'il y paroisse; il ne se peut pratiquer qu'en huitaine qui précede le carême.
Naïveté d'un valet, page [91].
Pierre à casser les œufs, p. [91],
[XX.] Nouvel éloge du livre, dont le résultat est de donner des leçons aux gourmands superlatifs, pour n'être jamais dupes dans les repas où ils se trouvent.
[XXI.] Denost le gourmand sert de modele dans l'apothéose de la gourmandise. Ici la conversation des convives se brouille; & par une cascade inattendue, elle rentre dans les quiproquo. Comment faire dans un terrein couvert de neige, pour que les pas d'une pucelle n'y paroissent point. Conte de la fille du métayer qui avoit perdu un mouton, & qui vouloit être tuée pour retourner à la maison.
Cornu, le modele des gourmands, page [99].
Quiproquo d'une femme, p. [100].
La fille qui veut mourir, p. [101].
[XXII.] Secret infaillible pour savoir si une fille est pucelle, pourvu qu'on ne soit ni manchot ni courte-haleine. Maniere fort sensée d'annoncer la fête de la Madelaine.
Sermon de la Madelaine, p. [104].
[XXIII.] Les évêques ni les chapitres n'ont beau jeu dans cette section; les uns sont traités comme pharisiens, qui disent de bonnes choses & en font de mauvaises; les autres, comme assemblées de corps sans ame, de matiere sans esprit. Histoire de la fille reconnoissante qui prend le meilleur, & veut qu'on donne à sa mere le pire: vit-on un meilleur cœur!
Sermon sur la charité, p. [106].
L'achat d'un meilleur outil, p. [108].
[XXIV.] Histoire du notaire & du beau petit diabolique faucheur: elle est coupée par deux ou trois parentheses fort plaisantes. Dans l'une on y développe bien réguliérement les différentes sortes de bénéfices; & ce développement ne peut manquer d'être bon & raisonnable, il est fait par Cicéron. Dans une autre, il y a quelques railleries sur des termes qu'entre gens de religion on se reproche qu'il ne faut jamais prononcer, à moins qu'on ne veuille se voir lapider avec pierres d'églises ou de prêches. Dans la derniere est une plaisanterie sur un faucheur qui se coupa la tête voulant attraper un poisson avec le bout de la lame de sa faux.
Le pré fauché & le petit faucheur, p. [113], continuée, [117].
Maladresse d'un faucheur, p. [116].
[XXV.] Histoire de monsieur Jacques de la Tour, autrefois prédicateur, & finalement marchand de lanternes, qui mourrant de faim à en débiter, fit une petite fortune à en vendre. Sortie vigoureuse sur les ubiquitaires. Histoire du petit saint homme, qui devint méchant comme un diable dès qu'il fut moine.
Le ministre marchand de lanternes, page [119].
Le novice méchant comme un diable, p. [123].
[XXVI.] De naïves & simples réponses font le sujet de cette section, qui est terminée par l'illustre & fameux conte de Robin mon oncle. Sarcasme contre la vénalité des bénéfices & la simonie.
Stupidité d'un écolier, p. [126].
Le pere de Melchisedech, p. [130]; continuée, [133]; fin. [134].
Evêque généreux comme de raison, p. [131].
Conte de Robin mon oncle, p. [132].
[XXVII.] Pour autoriser son propos sur la simonie, il raconte plaisamment la finesse d'un jeune bachelier qui vouloit avoir un bénéfice de messire Imbert. Généalogie très-suivie de Melchisedech, quoi qu'en dise le texte sacré, qu'on ne connoît ni son pere ni sa mere.
[XXVIII.] Singuliere explication du premier vers des distiques de Caton, sur les carmes. Sœur Jeanne explique fort énergiquement la valeur du mot coquebin. Plaisant remede d'une paysanne pour guérir son pataud de mari.
Chapelain chatré d'une Angloise, page [137].
Valet qui n'est pas coquebin, p. [138].
[XXIX.] Messire Gilles, après avoir passé par l'étamine hypercritique de Scaliger sur son nom, & l'origine de son nom, raconte l'histoire du diable châtré. Sentimens de religion bien placés, sur le chagrin qu'on doit avoir que S. Michel n'aie pas tué le diable, quand il avoit si beau, puisqu'il étoit armé comme quatre mille, & que le diable étoit tout nud.
Le diable châtré, p. [141].
Nom de sculpteur tronqué plaisamment, p. [143].
[XXX.] Naïveté d'une fille-de-chambre, qui ne cede en rien à la simplicité d'un prédicateur. Messire Guillaume le Vermeil veut parler à son tour; mais il est représenté comme un homme ivre & qui bégaie. Diogenes, dans ce repas, est aussi cinique contre nos porte-chasubles, qu'il l'étoit dans les rues d'Athenes, tapissé des douves de son tonneau.
Naïveté d'une fille de chambre, p. [147]; continuée, p. [148].
Sermon expressif fait à des jacobins, p. [148].
Conte de la reine des pois pilés, p. [149].
[XXXI.] C'est ici la scene des souhaits; chacun en fait à double entente, plus plaisans les uns que les autres. Conte de Martine & de sa flûte, pour faire opposition à Robin & ses flûtes. Satyre contre les moines à besace. Plaisant testament d'un Toulousain, en faveur de sa femme, qu'il laissa fort bien pourvue, en ne lui ajoutant rien à ce qu'elle avoit auparavant. Sortie contre ces Agnès d'apparence, qui donnent leurs faveurs à des rustres. Conte des pelotons & de l'honneur cousu & recousu.
Martine qui promet une flûte à son mignon, p. [154].
Amphibologie dans le sermon d'un curé, p. [156].
Le testament en faveur d'une femme, page [156].
Conte des pelotons & de l'honneur cousu, p. [159].
Madeleine la bien fêtée, p. [161].
[XXXII.] Ici le banquet reprend vigueur; on boit & on mange en toute sûreté. Histoire du farfadet de Poissi. Explication des termes de petit exercice, de dispense, & de purgatoire. Sergent tombé plaisamment moqué. Question, dont le premier vers de Despautere est la réponse. Dissertation sur le vin, les buveurs & sur l'ivresse. Jaquette du Mas trouve bien heureusement le nom de son fils. Amiot accusé de vérole. Satire contre l'inquisition d'Espagne.
Conte du farfadet de Poissi, p. [162].
Chûte d'un sergent, p. [165].
Naïvetés d'un paysan d'Orléans, p. [165].
Sermon d'un ministre de Strasbourg, p. [167].
Prudence d'une servante, p. [168].
Nom donné à un enfant par un sermon, page [171].
Conte sur Amiot & sa vérole, p. [171].
Bon avis d'un fils à sa mere, p. [172].
[XXXIII.] Erasme raconte aux convives l'histoire de Dom Rodigue das Yervas. La soupe de Glougourde la fait canoniser à Rennes. C'est une parenthese au conte de Dom Rodigue. Mot à double sens sur l'indifférence d'Erasme pour l'épître & l'évangile. Sentimens sur les poésies d'Æneas Silvius & de Beze. Munster moqué d'avoir voulu être l'apologiste de Thevet. Bonne raison de l'amour des femmes pour les moines. Cette section est terminée par quelques propos de niaiserie paysanne.
Conte de la soupe de S. Glougourde, p. [174].
Mere d'Erasme, qui oublia son pater, p. [175].
Naïveté d'un berger, p. [178].
Histoire de Dom Rodigue das Yervas, p. [178].
Balourdise d'une paysanne, p. [182].
[XXXIV.] Invective contre les mœurs & la fourberie des gens du siecle. Scot & Uldric se disent des pouilles; madame veut les racommoder; plaisante façon de faire une déclaration d'amour: si elle n'est pas bien éloquente, du moins est-elle bien sensible.
Chanoine qui veut le bien d'autrui, p. [185].
[XXXV.] Les convives se plaignent qu'on ne vient pas au but qu'ils s'étoient proposé. Tout d'un coup Paracelse commence une belle dissertation sur la premiere matiere. Dissertation claire comme un étang bourbeux, ou comme la bouteille à l'encre.
TOME SECOND.
I. Il continue sa dissertation, & se jette un peu sur la friperie des parvenus, & de la façon de parvenir dans ce monde de désordre & de dissolution.
Plaisant parti d'un domestique, p. 6.
II. L'histoire de Quenault & de sa serpe est coupée de diverses instructions très-profitables. On y voit la différence d'une femme de par dieu, d'avec une femme de par le diable. Sermon du curé de Busançois, divisé en trois points.
Le conte de Quenault & de Thibault, page 7.
Sermon en trois points, du curé de Busançois, p. 10.
III. Devoir des prélats prescrit sous le voile de la plaisanterie: castigat ridendo mores. Conte sur le proverbe, n'avoir ni rime ni raison. Cette section est remplie de facétieuses aventures sans rime ni raison. La cruche de malvoisie prise pour un lésard, par des femmes ivres de vin. Bible hébraïque prise pour un livre de magicien par un prêtre, &c.
Conte du ministre qui avoit rime & raison, p. 14.
Conte de la malvoisie, p. 16.
Conte du pseautier hébreu pris pour livre de magie, p. 19.
IV. Origine de la bonne eau pour faire la bonne double-bierre d'Angleterre & de Flandres. Miracle de la Gousson toujours ployant du linge, & de la Le Page toujours pissant, l'une pour avoir bien reçu un besacier, l'autre pour l'avoir rebuté.
Ruisseau à faire la forte bierre, page 20.
Conte de la Le Page & de la Gousson, p. 23; contin. p. 24.
Interrogatoire de maître Pierre, p. 23.
Propos de pisseurs, p. 28.
V. Aventures plaisantes de plusieurs pisseurs. Platon moquant & moqué. Pourquoi le cela de l'homme a besoin d'aide pour pisser, tandis que celui de la femme va tout seul. Minimes & capucins tournés en ridicule. Allusion du mot de Joseph à l'antiquité des minimes. Description de la sphere en termes estropiés: (c'est sûrement dans le Moyen de Parvenir, que ces gens d'un esprit si sublime de notre siecle, ont trouvé le style des parades, & ont voulu nous démontrer par solide argument, qu'il y avoit plus d'imagination à composer la plus mauvaise des parades, qu'à faire Cinna ou Mérope). Conte de Chabert & des trois filles, à qui il demande une réponse de chacune sur le droit d'aînesse de la bouche ou du chose. La section finit par une question, dont le titre de la section suivante fait la réponse.
Aventure de Platon & de Prédicac, page 30.
Bonne logique d'une chambriere, p. 32.
Plaisante origine des minimes, p. 34.
Description élégante de la sphere, p. 35.
Conte des trois filles, p. 36; contin. p. 37.
Propos d'un curé & d'un charpentier, p. 37.
Question d'une chambriere, p. 38.
VI. Sapho commence à babiller, & elle en conte à faire mourir de rire ou de honte. Dissertation de Nostradamus sur les culs, qui est terminée par les prudentes réflexions concluantes d'Hypocrate. Histoire d'Esculape, qui voyoit le jour par le trou du cul de sa femme. Plaisanterie sur les femmes Allemandes de ce temps-là, & qui pourroit très-bien convenir aux femmes Françoises de ce temps-ci. Satire contre ceux qui annoblissent leurs noms par des du, de, le, &c. Origine du proverbe: s'il a bon cœur, qu'il mange de la merde.
Conte du cul de la femme d'Esculape, p. 42.
Changemens de noms, p. 44.
Conte de Stace avec la femme peteuse, p. 45.
VII. Comparaison de l'outil des femmes avec des féves, qui ont la raie noire & le bas contre mont. L'économie mene loin, puisque trois féves semées ont fait le mariage d'une fille. Féve des gâteaux des rois tournée en ironie. Avarice des avocats reprise par le conte d'une femme dont on n'avoit fait le poil que d'un côté. Le marinier de Quillebœuf ne reconnoît plus sa femme, parce qu'elle se l'étoit fait tondre.
Trois féves qui font le mariage d'une fille, p. 47.
Conte de la femme à moitié épilée, p. 48.
Obstination d'un marinier, p. 49.
Disputes de deux maquerelles, p. 50.
VIII. Dissertation sur les fillettes, dont la conclusion est de les distinguer en trois sortes. Comme on doit faire cas des larmes & du désespoir des filles de joie. Plaisant conte sur un homme qui appelloit le comment a nom de sa femme un gardon. Origine de la solution de continuité; Mercure couturier des ventres des hommes & femmes; trop ou trop peu de fil fait la rosette ou la boutonniere. Exposition des véritables sept merveilles du monde. Différence entre vérité & raison. Le conte du beurre de la Soldée, qui est interrompu par des propos facétieux.
Lamentation de putain, p. 51.
Femme qui montre son cela, sans y prendre garde, p. 52.
Conte de jeune femme & vieux mari, page 53.
La couture des mâles & femelles, p. 54.
Le beurre net de la Soldée, p. 57; contin. p. 60, contin. p. 61, fin. p. 63.
Propreté des femmes, p. 57.
Caractere des moines, p. 58.
IX. Le conte du beurre de la Soldée continue dans cette section, toujours avec quelques parentheses joviales, & il est bon de remarquer que c'est toujours la belle & sage Sapho, qui, depuis la section VI, tient impitoyablement le dez des propos poliçons. Caton disserte sur le bon âge, & avance que le cela des hommes est plus fort dans la vieillesse que dans la jeunesse, parce qu'étant jeune une main le conduit, & que dans la vieillesse deux ont peine à le guider. Satire contre les chanoines & les médecins, & bon mot sur l'aumuce. Eloge du livre fait par un poëte, & confirmé par un prophete.
Emploi d'un contrat de mariage, p. 60.
Expérience de Sculpture, p. 63.
Conte du médecin, p. 65.
Mot à double entente, p. 67.
X. Question embarrassante à résoudre pour un homme amoureux de sa liberté. Différence entre farine & bran. Songe du pauvre paysan. Origine du proverbe, afin que le bon homme ait son sac. Quelques-uns des convives qui étoient sortis pour faire place à un verre de vin, rentrent. Socrates parle & est moqué dès le premier mot. Ridicule jetté sur ceux qui grassayent en parlant, par bon air, ou pour ne pas se fendre la bouche.
Le revenant, p. 71.
Conte du sac du bon homme, p. 72.
Réponse humble d'un valet, p. 73.
Propos naïf d'une fille, p. 75.
XI. Origine des bossus: enfilade de propos burlesque au premier calibre. Raison pourquoi l'on salue quand on boit. Reprise, en-dessous œuvre, de l'éloge de ce livre, & prophétie inintelligible sur sa destinée. Enthousiasme furieux contre les critiques & les dévots.
XII. La langue françoise est riche en termes de chouserie. Dissertation sur le Pheros ou ambrosie des dieux, & sur la nourriture des ames. Interprétation du mot apprendre. Conte fort plaisant à ce sujet. Maniere de faire des barbes passées sous la meule, & plaisanteries sur les barbes faites. Conte de la femme du procureur, accouchée d'un maure, & de la naïveté du procureur avec son écritoire.
Conte du bonnet tombé, p. 83.
Bonne leçon d'une vieille servante, p. 85.
Conte du moulin à barbe, p. 87.
Chanoine pris par son propos, p. 88.
Conte de l'écritoire du procureur, p. 89.
XIII. C'est ici ou se développe le grand mystere du menton ras des prêtres. Conte sur Hugonis, suivi du conte de la sage-femme qui vient accoucher un garçon. Erasme s'étend sur les polissonnes invectives dont il avoit accablé un docteur. Secret de sentir l'hérésie. Pays de papefiguiére, ou l'on est toujours gras & vigoureux comme un moine.
Plaisante réponse d'un homme gras, p. 93.
Le jeune homme en couche, p. 93.
Quiproquo d'un domestique, p. 94.
Nom tronqué, p. 95.
Conte de la dispute d'Erasme, p. 95.
Plaisant jugement, p. 96.
Description du pays de papimanie, p. 99.
XIV. Mœurs de ce pays de bonne santé. Termes amphibologiques; Cardan & Jamblique disent quelques bourdes sur les succubes & incubes. Satyre contre ces faux-dévots qui veulent que le diable soit le pere de nos passions & de nos plaisirs, & qui en refusent la prudence à la divinité, & l'honneur à l'homme. Les hommes font tout dans le travail amoureux, les femmes ne font que présenter l'écuelle. Conte de l'écrevisse attachée au bord de l'écuelle d'une femme par une patte, & à la lèvre supérieure du mari par l'autre.
Eloge de la vis des tuileries, p. 100.
Conte de l'écrevisse au bord de l'écuelle, p. 103, contin. p. 104.
Les beaux sont les gros, p. 105.
XV. Cette section commence par le plaisant conte de Jean Laillée, qui mit sa machine à faire pauvreté dans une souriciere à ressort, croyant être dans un urinal. Sa plaisante insolence avec une chambriere.
Conte d'un moine pris en partie, comme une souris, p. 108.
XVI. Dissertation sur la poudre de projection. Ridicule texte d'un sermon. Gaillarde maniere de défendre son bien, mise en usage par un moine, contre deux voleurs. Explication de certains sobriquets; chose qu'on ne prendroit pas pour un fagot, à moins qu'on ne le dise. Véritable explication du mot quasimodo, & de quelques autres intéressans à bien savoir. Termes de bienséance devant les gens qualifiés tournés en ridicule. Malheur d'une pauvre femme qui a épousé un cocu. Maniere d'être poussé.
Sermon dont le texte est plaisant, page 110.
Conte du moine & des voleurs, p. 110.
Conte du fagot, p. 112.
Le mot quasimodo expliqué, p. 113.
Secret pour être poussé, p. 116.
XVII. Madeleine en dégoisse & fait des contes libertins à perte de vue; cornes des femmes sont les ongles. Qui ne prend pas plaisir, n'est pas putain. L'attention à regarder, fait qu'on est volé; exemple de l'âne du paysan. Les femmes changent entre les mains de certains maris. Façon subtile de se confesser. Les bons avis ne sont point à rebuter. Valeur du terme de chausse-pied de mariage.
Conte canonique d'un homme & d'une femme, p. 117.
Conte de l'âne volé sous son maître, p. 120.
Confession d'une femme, p. 121.
Bon avis d'un galant homme, p. 124.
XVIII. Le plaisant tournevis ou vilbrequin. Grand commentaire sur les cocus cocuans & cocués, à propos de la chose la plus imparfaite. Le cocuage est plus grand miracle que la pierre philosophale, puisqu'il s'opere en l'absence des sujets sur qui il est fait.
Conte des hommes vissés, p. 124.
Conte de la courtisanne Conscience, page 130.
XIX. Le bon prédicateur fait bonnes mœurs; exemple d'un qui détournoit ses auditeurs de tout vice. Le commentaire sur cocu & cocuage reprend & continue de plus belle. La naïveté de la dame de compagnie de madame l'amiralle, vient égayer. (Nota. Dame de compagnie, auprès des dames de haut-parage, est même chose qu'esprit, auprès de leurs maris. On dit: monsieur D. est l'esprit du duc D.)
Conte des prédicateurs ennemis des paillardises, p. 134.
Naïveté de la belle Dubois, p. 137.
XX. Disputes de savans, richesse des langues vivantes. Nouvelle éloge de ce livre, & crainte sur l'abus qu'on en fera. Les moines sont si libertins, que leurs prieurs s'en scandalisent: le moyen d'y mettre remede: Plaisant françois de Margot. Les putains jurent toujours vérité & honneur, (serment sans conséquence.)
Vérité dans la bouche d'une Normande, p. 145.
Conte du Prieur de Marmoutier, p. 146.
XXI. Sage politique exercée dans la ville de Lubec, pour les vibaniers & conbaniers. Façon d'essayer, aussi connue aujourd'hui à Paris qu'in illo tempore à Lubec. Alcibiades crie, jure, blasphême, se radoucit, pour prouver par sentimens son goût antagoniste des femmes.
La ville de Lubec, p. 148.
XXII. Madame raconte une histoire, dont le commencement & la fin prouvent qu'elle étoit franche putain. Certitude de cocuage aux maris dont les enfans ont cheveux de deux couleurs.
Conte de l'origine du putanisme, p. 155.
XXIII. Explication du terme de putain, faite par plusieurs, & terminée de main de maître. Mots qui autrefois étoient éloge, aujourd'hui sont injures. Satyre sur les chambrieres de prêtres, chanoines, curés, &c. &c. &c. Trois choses sont à éviter; trois vœux à faire. Satyre contre la justice & ses administrateurs. Origine du proverbe de fesse tondue. Cette section & ce volume finit par le conte de l'éguillette, & par une réflexion fort sensée, pourquoi les moines sont appellés béats peres.
Stupidités ou distractions d'un prince ultramontain, page 163.
Conte de la fesse tondue, p. 162.
L'éguillette nouée et dénouée, p. 168.
Le Chanoine dupe, p. 170.
XXIV. Quittant la théologie & les théologiens, les convives s'étendent sur les quatre vertus cardinales; rire, manger, boire & dormir. Il faut toujours se tenir en garde contre ceux qui viennent de loin: croire aux miracles de Paracelse, c'est avoir un grand fond de soi, satire contre ce fameux alchimiste. Transition heureuse d'un évêque à un soufflet; dissertation sur l'origine des mitres.
XXV. Invectives contre les prêtres sous le titre d'hiérarchie de double linge. Asclépiade attrapé par une fille de chambre de madame de Combardavit. Les nonnains sont les perdrix du monde, & les chanoines en sont les faisans. Bonne sentence à mettre sur l'entrée de chaque maison. Conduite de Jean Dissolez, moine & voleur de poires. Origine du mot tu autem. Sarcasmes contre les moines, & définitions intéressantes, qu'il faut lire, sans m'obliger de les écrire. Conte de Ferrand & de Margeou, deux moines.
Conte d'un page attrapé, page 177.
Jean Dissolez, voleur de poires, p 180.
Aventure de Ferrand & Margeou, p. 183, continuée, p. 192.
XXVI. Raison solide des voyages de moines par deux. Le trouble se met dans la conversation. Musique plaisante d'un homme à sandales. Les deux moines en fonction: origine du proverbe de la chape à l'évêque. Bon avis à ceux qui portent soutanes dans des cas pressés. Le conte de Ferrand se reprend & se termine.
Musique d'un moine, page 188.
Les deux moines en fonction, p. 188, continuée, p. 191.
Origine du proverbe de la chape à l'évêque, p. 189.
XXVII. Les femmes de sergens ne sont pas des plus sotes en amour. Jeu de gripeminaud sans rire. Conte de Jacques Adriot & de sa femme: on a crainte de le raconter, parce qu'il y a dedans un peu de prêtre. Saillie naturelle d'une présidente.
Histoire d'une femme de sergent, p. 194.
Conte de Jacques Adriot, p. 197, contin. p. 198.
Plaisant mot d'une présidente, p. 198.
XXVIII. Bon secret pour fixer un mari; les femmes sont anges à l'église, diables à la maison, singes au lit. Conte de la femme d'un huissier. Dissertation forte & chaude sur le joujou du ménage. Conte des religieuses de Poissi; plaisante façon de décliner un adjectif. Il n'est que femmes pour bien juger des choses.
Conte de la femme d'un huissier, p. 200.
Conte des religieuses de Poissi, p. 203.
Conte sur le mot groseille, p. 204.
Résolution académique de trois nonnains, p. 205.
XXIX. La religieuse qui croyoit être devenu bête, se corrigea bien de sa stupidité, & fut en état vingt-quatre heures après, de donner leçon. Alain Charrier, tourné en ridicule sur son style gonflé & inintelligible, reprend son conte comme il peut. Aveux indiscrets de femmes à confesse. Les noms génériques se font mieux entendre, & la preuve est dans cette section. Ronsard & Baïf se disent quelques dures vérités. Remarque sensé sur les femmes avares de beurre dans les sauces. Façon d'un curé d'imposer silence.
Le conte de Nabuchodonosor, p. 207, contin. p. 209.
La confession sincere, page 214.
Conte d'une femme avare de beurre, p. 218.
XXX. La premiere loi d'un état, c'est d'être soumis aux volontés de son prince. Excès de mémoire de Béroalte. Satire sur la vénalité des charges, & réflexions très-judicieuses sur les contrariétés du siecle. Conte du chaudron. Qui jure pour rien, devroit bien jurer pour quelque chose. Menot le grand prédicateur donne les principes d'une morale furieusement relâchée. Histoire du fromage mou & de l'aveugle.
Femme soumise aux volontés du roi, p. 220.
Conte du chaudron, p. 223.
Le fromage mou & l'aveugle, p. 228.
XXXI. Histoire de la mule de Rabelais, prise pour le cheval de l'antechrist. Le mulet de Gravereuil & ses farces. Effet horrible d'un appareil mis sur une blessure.
Le cheval de Rabelais, p. 229.
Conte du mulet, p. 231.
XXXII. Le ministre encavé, & retiré par la servante de l'hôtellerie. Proverbes sur l'inutilité de la paillardise des vieillards. Différence de putain à fille entretenue. La franchise se trouve par-tout, jusques chez les gens de cabaret. Dissertation sur les femmes de bien. Conte de la huguenote en colere. La dissertation continue de plus belle. Avicenne & Lycofron aux prises. Origine du nom de mignons aux chanoines.
Le ministre en cave, p. 238.
Franchise d'un hôtelier, p. 242.
La huguenote en colere, p. 244.
XXXIII. Bon avis d'un médecin. Qualités de chair d'une fille & d'une femme. Conte de l'époussetée de deux façons. La servante prudente dans ses souhaits.
Conte de l'époussetée de deux façons, p. 251.
Prudence d'une servante dans ses souhaits, p. 255.
XXXIV. Réflexion d'un curé publiant des bans. Naïveté de neuves mariées. Egrillardise du curé paillard bien puni. Conte du jardinier & des prunes.
Bans publiés, p. 256.
Curé égrillard puni, p. 257, continuée, page 259.
Le jardinier & les prunes, p. 258.
Propos dissolus de moines prêchans. Conte du thuribulum. Quelques explications de phrases latines.
Le conte de thuribulum, p. 266.
TOME TROISIEME.
I. Sortie contre l'hipocrisie des prédicateurs. Conte de la femme du meûnier complaisant.
Le meûnier complaisant, p. 2, cont. p. 10, fin. p. 10.
II. Il n'est repris qu'après le conte de la naïveté d'une fille violée; & de celle du galant qui n'entendoit pas la différence de questionner à ordonner. Explication du mot sot; subtilité d'une femme, dont, je crois, elle fut dupe.
La file violée, p. 8.
L'amant trop complaisant, p. 9.
La femme chere à vivre, p. 10.
III. Histoire du vin répandu, & le trou par où il s'est écoulé.
Conte du ministre et de la servante, p. 13.
IV. Conte de l'âne bâté. Plaisante façon de déguiser un nom sotisier.
Conte de l'âne bâté, p. 15.
Conte du nom du paysan, p. 17.
V. Satire contre les Espagnols. Pourquoi Guillaume & Gautier sont deux mauvais noms. Lequel vaut mieux de se voir présenter à son arrivée dans une maison, du vin ou de l'eau. Conte de la famille bien élevée. Naïvetés d'un président. Celle d'un paysan, qui va remercier son rapporteur, a plus l'air d'un sarcasme que d'une balourdise. Plaisantes délicatesses d'un curé. La fille Lyonnoise guérie singuliérement.
La famille bien élevée, p. 23.
Le paysan et le rapporteur, p. 25.
VI. Chien couchant de léchefrite, c'est un moine en cuisine. Ici la conversation se brouille. Cicéron y dit une suite de bourdes des plus impertinentes. Bonne raison de l'orgueil des barbiers. Parallele de la femme & de la fortune. Conte du barbier amoureux; il s'interrompt par l'explication du sort des hommes mariés, sur les quatre doigts de la main.
Conte du barbier, p. 32.
VII. Vengeance d'un médecin sur son barbier indiscret. Garçon barbier qui entend mal. Pari d'un paysan gagné sans replique. Réparties singulieres.
Le barbier ladre & le médecin, p. 35.
L'homme saigné par quiproquo, p. 39.
Pari d'un paysan, p. 40.
VIII. Stupidités sont aussi bien gibier de gens d'église que de séculiers; il y en a dans ce chapitre plus d'une preuve. Conte de Pâques & du jambon, Naiveté d'une fille de chambre qui pouvoit être vérité. Histoire de l'abbé de Grammont & de l'amiral. L'ambassade grotesque. Paysan attrapé y regarde de près, comme chat échaudé craint même l'eau froide.
Conte de Pâques & du jambon, p. 44.