à Louis GANDERAX.
L’Essayeuse
PIÈCE EN UN ACTE
PIÈCES DE MM. HENNEQUIN ET VEBER
(G. ONDET, Éditeur)
| Mon Bébé ! (Maurice Hennequin) | Pièce en 3 actes |
| Madame et son Filleul (M. Hennequin, P. Veber et H. de Gorsse) | Comédie en 3 actes. |
| Chouquette et son As (M. Hennequin, Guillemaud et H. de Gorsse) | do |
| Le Compartiment des Dames seules (M. Henenquin et G. Mitchell) | do |
| Et moi, j’te dis qu’elle t’a fait d’l’œil ! (M. Hennequin et P. Veber) | do |
| Amour, quand tu nous tiens !… (Romain Coolus et M. Hennequin) | do |
| L’Air de Paris (M. Hennequin et H. de Gorsse) | do |
| Chichi (P. Veber et H. de Gorsse) | do |
| Huguette au volant (P. Veber et J. Cancel) | do |
| Un Réveillon au Père-Lachaise (P. Veber et H. de Gorsse) (Prix, 4 fr.) | Pièce en 3 petits actes. |
| A l’Étage au-dessus (M. Hennequin) | Comédie en 1 acte. |
| Le Plumeau de (M. Hennequin) | do |
| Une vraie Perle (M. Hennequin) | do |
| L’Essayeuse (Pierre Veber) (Prix, 3 fr.) | do |
| Le Bonheur (Pierre Veber) | do |
| Le dernière Grisette (Pierre Veber) | do |
| Une riche Affaire (P. Veber et P. Montrel) | do |
| L’Ame de l’Ennemi (P. Veber) | Drame en 1 acte |
| Chaque pièce en | 3 | actes : | 7 | francs. |
| — | 2 | — | 4 | » |
| — | 1 | — | 2 | » |
Répertoire de la Comédie-Française
Pierre VEBER
L’Essayeuse
PIÈCE EN UN ACTE
Représentée sur la scène du Théâtre-Français le 12 Juillet 1914
LIBRAIRIE THÉATRALE GEORGES ONDET
83, Faubourg Saint-Denis, 83
1922
Tous droits de traduction, de reproduction et d’analyse réservés par l’Éditeur pour tous pays, même pour la Hollande, la Suède, la Norwège, le Danemark, la Russie et la Finlande.
(Copyright 1922, by Georges Ondet)
DISTRIBUTION
| RENÉ |
M. Dessonnes. M. Varny. |
| LISE | Mlle Maille. |
| GERMAINE | Mlle Robinne. |
La scène se passe à la campagne, de nos jours.
Répertoire de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, 12, rue Henner, Paris (Agence Alf. Bloch).
Cette pièce étant la propriété de l’Éditeur, les copies, reproductions, extraits
(manuscrits ou par un procédé quelconque), de l’original ou des rôles
sont formellement interdits par la Loi
et sont passibles de poursuites en contrefaçon entraînant amende et dommages-intérêts.
Pierre VEBER
L’Essayeuse
PIÈCE EN UN ACTE
Un salon, à la campagne.
Au fond, vérandah donnant sur un parc ; fenêtre à gauche de la vérandah. Deux plans ; à droite, entre les deux plans, une porte donnant sur une chambre. Meubles divers : Canapé, fauteuils, rocking-chairs, poufs, chaises ; table, guéridon, piano, etc…
Au lever du rideau, René, en costume d’intérieur (chemise de soie, tennis), assis, lit des journaux de Paris ; beaucoup de journaux gisent, dépliés, près de lui. Lise le regarde avec admiration.
SCÈNE PREMIÈRE
RENÉ, LISE
LISE, derrière René
Mon chéri !
RENÉ, lisant, gauche, un rocking
Quoi, ma chérie ?
LISE, sautant sur lui et l’embrassant
Je t’aime !…
RENÉ, essoufflé
Ma petite Lise, tu es charmante…
LISE, heureuse
Vrai ? Tu le penses ?
RENÉ
Je le pense… mais tu n’as pas encore appris à m’embrasser sans me décoiffer.
LISE, triste
René, tu ne m’aimes plus !…
RENÉ, se levant
Allons donc ! On le saurait !…
LISE
Non ! tu ne m’aimes plus : Tu t’aperçois que je suis brusque !… Quand nous étions fiancés, j’aurais pu te dévisser la tête en t’embrassant, tu aurais été ravi. Maintenant, dès que je m’approche, tu replies le bras comme pour parer le baiser.
RENÉ
Je protège ma coiffure, voilà tout !
LISE
Tiens ! La voilà, ta coiffure ! (Elle l’ébouriffe.) Maintenant, je peux t’embrasser !… Ah ! mon grand, mon grand !
(Elle s’assied sur ses genoux.)
RENÉ, un peu moqueur
Ah ! mon petit, mon petit !…
LISE
On est bien, là !… Je voudrais ne plus bouger !…
RENÉ
J’y consens : je n’ai jamais eu une plus belle affaire sur les bras !
LISE
Vilain !… Tu plaisantes toujours, quand on est sérieux !… Tu vois que tu ne m’aimes plus !…
RENÉ
Si, je t’aime absolument, uniquement ! Je te l’ai juré sur toutes les personnes de ma famille auxquelles je tiens !…
LISE
Tu ne me tromperas jamais ?
RENÉ
Jamais. Je te l’ai juré aussi sur diverses tombes honorables et sur le succès de mes trois nouvelles sonates.
LISE
Alors, je peux être heureuse ?
RENÉ, baiser
Tu peux.
LISE (1)
Songe donc ! Ce serait terrible si tu disais tout ça, et si ce n’était pas vrai ! Les hommes sont si menteurs !
RENÉ (2)
Les hommes, oui, mais pas moi. D’ailleurs, c’est idiot de mentir, quand il est si facile de faire autrement : on n’a qu’à garder la vérité pour soi !… ou à la dire en riant.
LISE
Tu es rudement canaille, au fond !… Tu as dû en avoir, des maîtresses, avant notre mariage !…
RENÉ
Pas tant que ça !…
LISE, passant au 2
Si, si ! On m’a dit que tu avais eu une jeunesse agitée. (Le pinçant.) Bandit ! comme tu as dû me tromper, à cette époque-là !
RENÉ
Ma chère joie, tu ne vas pas être jalouse de mon passé ?… Fais comme moi : oublie-le !
LISE
La partie n’est pas égale ! Je n’ai pas de passé, moi ! Avant mon mariage, je n’ai connu qu’un homme !
RENÉ, étonné
Ah !… Qui ça ?
LISE
Mon fiancé !… Tu étais rudement gentil : on t’aurait mis sur une pendule !
RENÉ
J’ai beaucoup changé ?
(Il arrange ses cheveux.)
LISE
Non !… mais c’est autre chose : tu es un autre René ! Tu es le maître, maintenant. Le fiancé était doux, timide, obéissant. Le mari est décidé, fort !… Tu sais, au fond, j’aime mieux le mari.
(Elle lui saute au cou.)
RENÉ
Ma Lise adorée !… (Il l’embrasse). C’est curieux ; on m’aurait prédit, jadis, que je vivrais six mois, seul avec une petite personne, à la campagne, à trois lieues de la moindre gare, j’aurais souri !
LISE
Et tu ne t’es pas ennuyé, pendant ces six mois ?
RENÉ
Pas une seconde !
LISE
Tu n’as aucun regret de ta vie mondaine ?
RENÉ
Pas le moindre !… Vois ! Je n’éprouve même pas le besoin de m’habiller. Je passe ma vie en chemise de nuit et en tennis !
LISE
Et tu ne désires voir personne ?
RENÉ
Non. Les châtelains des alentours m’ont fait des avances, j’aurais pu m’enrôler dans la meilleure société ; déjà, on m’appelait « Monsieur de Tournelle », on m’anoblissait ; si j’avais donné deux chandeliers à l’église, j’étais définitivement considéré comme une personne bien pensante. J’ai préféré me retirer à l’écart, avec mon bonheur… Le mois prochain peut-être, ou le suivant, nous rentrerons dans la vie, et nous commencerons à nous préoccuper des autres, à faire, pour leur plaire, une foule de choses ennuyeuses : à dîner en ville, à jouer au bridge, à tremper des tziganes dans une tasse de thé ; mais nous penserons que, durant six mois, nous avons habité le merveilleux pays de solitude où l’on ne cultive que la fleur d’amour.
LISE
C’est gentil ce que tu dis là…
RENÉ, gaiement
J’ai une âme de poète persan.
LISE
… Seulement, je suis bien contrariée.
RENÉ
Pourquoi ?
LISE
J’ai peur d’avoir fait une bêtise !
RENÉ
Allons donc ! Tu es capable de folies, mais tu es incapable d’une bêtise !
LISE
Si ! si !… Tu vas être fâché.
RENÉ
Non !… J’ai une chose à te pardonner ? Quel bonheur !
LISE
J’ai invité quelqu’un !
RENÉ
Ah diable !
LISE, passe près d’un canapé
Ça y est !… Tu es fâché.
RENÉ
Non, non !… Mais, s’il est encore temps de décommander ce quelqu’un ?…
LISE
Il n’est plus temps ! Elle arrive dans une demi-heure.
RENÉ
Elle ?… C’est une femme ?
LISE
Oui… mon amie Germaine Frémine… Nous nous sommes connues au cours des demoiselles Fifrelin. C’est une amie délicieuse, et d’une sûreté à toute épreuve ; nous nous écrivions tout le temps, même quand nous nous voyions tous les jours…
RENÉ
J’y suis !… C’est la divorcée ?
LISE
Elle-même !… Elle a été si malheureuse : elle avait épousé un vilain monsieur qui l’a trompée, qui l’a ensuite abandonnée pour suivre une écuyère !…
RENÉ, riant
En croupe ?
LISE
Je t’assure qu’elle a eu beaucoup de chagrin : elle aimait cet individu !… Elle vient d’obtenir le divorce ; elle m’a demandé de venir à la campagne pour se remettre. Je n’ai pas pu refuser, n’est-ce pas ?
RENÉ
En effet. Mais notre beau pays de solitude est envahi par l’ennemi ; nous serons obligés de nous surveiller, d’être convenables et bien élevés ! Et puis je suis superstitieux : je n’aime pas les personnes divorcées !…
LISE
Oh ! Germaine est une très honnête femme !
RENÉ
Je n’en doute pas ; mais, pour les amoureux, il n’y a rien de mauvais comme le voisinage d’une femme à qui l’amour n’a pas réussi.
LISE
Je suis persuadée que tu reviendras de tes préventions dès que tu la connaîtras mieux.
RENÉ
Je ne la connais pas du tout !
LISE
Mais si ! tu l’as vue, le jour de notre mariage, deux fois… d’abord, à la sacristie, lors du défilé. Je te l’ai présentée ; elle t’a dit : « Oh ! Monsieur Tournelle, vous avez écrit des mélodies exquises : je ne chante que ça ! »
RENÉ, flatté
Ah ! Je ne m’en souviens pas… mais c’est une femme de goût !
LISE
Et puis, chez nous, au lunch, elle t’a parlé ; elle t’a demandé ce que tu préparais pour cet hiver. Et tu as répondu : « Le bonheur de ma femme ! »
RENÉ
Je ne me rappelle rien de cette journée où j’ai vécu dans une sorte de brouillard : j’étais ahuri.
LISE
Souviens-toi ! Germaine était habillée d’une robe kaki, très collante, avec un jabot d’Irlande ; elle avait un amour de petit chapeau cabriolet, tout en roses pompon, et une grande canne-ombrelle. Tu la reconnaîtras : Germaine est très jolie, et très drôle, avec de grands yeux noirs, un petit nez spirituel ; elle est grassouillette, et cependant elle a de la ligne… Y es-tu ?
RENÉ, passe 2
Non, mais ça ne fait rien… Dis donc, je vais m’habiller.
LISE
Oh ! ne te donne pas cette peine !…
RENÉ
Je tiens à être présentable !… Qu’on ne dise pas que tu as épousé un palefrenier ! (Sonnerie.)
LISE
Alors, dépêche-toi, je crois que la voici ! Ne te fais pas trop beau !
(René sort.)
SCÈNE II
LISE, puis GERMAINE
LISE
Allons ! il n’est pas fâché, au fond… (A la porte d’entrée.) Par ici, ma chérie !… (Germaine entre du fond.)
GERMAINE, l’embrassant
Bonjour, mon vieux ! Que je suis contente !…
LISE (2)
Et moi, donc !… Tu as fait un bon voyage ?
GERMAINE
Excellent ! A la gare, j’ai pris la vieille petite diligence, qui m’a secouée !… j’arrive toute couverte de poussière, de baisers de mouches, de cendre, de charbon, mais bien joyeuse de vivre quelque temps auprès de ma petite Lise (regardant.) C’est très gentil, chez toi !
LISE, la faisant asseoir (2)
Tu vas rester au moins un mois ?
GERMAINE
Un mois ? Impossible !
LISE
Ton divorce est prononcé, pourtant ?
GERMAINE
Et à mon bénéfice !… Si j’avais eu des enfants on m’en aurait confié la garde ! Heureusement que je n’en ai pas ! Enfin, succès sur toute la ligne ! Le jour du jugement, j’ai offert un thé : tout le monde est venu me voir, me congratuler… Tu sais, je suis la divorcée la plus en vue, à l’heure qu’il est !
LISE
Ça ne t’a pas chagrinée de quitter ton mari… pour toujours ?
GERMAINE
Ma foi non… Ce que j’aimais, ce n’était pas lui, mais l’idée que je me faisais de lui. Quand j’ai découvert que l’objet n’était pas conforme au modèle, j’ai réclamé mon argent.
LISE, pensive
Alors, tu estimes que les hommes peuvent être différents de ce qu’ils paraissent ?
GERMAINE
Presque tous sont des cabots, de vilains cabots qui jouent le personnage du jeune héros ; il ne faut pas les voir dans la coulisse… Et dire que, si monsieur Frémine n’avait pas suivi son écuyère, je serais encore sa dupe !… Enfin, n’en parlons plus ! J’ai l’intention d’oublier tout ça durant mon séjour ici !… Je ne vous gêne pas, au moins ? (passe au 2.)
LISE
Toi, me gêner ?… Par exemple !…
GERMAINE
Et ton mari ?… Qu’a-t-il dit quand tu lui as appris l’arrivée d’une raseuse ?…
LISE
Il a été enchanté, ravi, aux anges !
GERMAINE
C’est bien vrai ?… Jure-le !…
LISE
Je te le promets !…
GERMAINE
Il est toujours amoureux fou, monsieur Tournelle ?
LISE
Oui… Il ne fait que ça du matin au soir…
GERMAINE
Et toi, tu l’aimes ?…
LISE
De toutes mes forces. Je suis à lui pour la vie !
GERMAINE
Mâtin !… C’est grave !…
LISE
C’est très grave, en effet.
GERMAINE
Enfin, tu es heureuse, c’est l’essentiel !
LISE, faiblement
Oui, je suis heureuse.
GERMAINE, surprise
Tu dis ça d’une étrange façon… Tu n’es pas heureuse.
LISE
Non, là !…
GERMAINE
Aïe !… Déjà !… Tu as ton écuyère ?
LISE, indignée
Jamais de la vie : René m’adore !…
GERMAINE
Eh bien ?… Pourquoi es-tu malheureuse ?
LISE, presque pleurant
Parce que je suis une petite dinde ! (Elle s’assied sur la chaise.)
GERMAINE
Ah !
LISE
Oui, une petite dinde !… Au lieu de profiter de mon bonheur carrément, j’y cherche des fêlures, des pailles ! Et puis, tout ça, c’est ta faute !
GERMAINE
A moi ?… Ça, c’est roide !…
LISE
Pourquoi as-tu été malheureuse, aussi ?… Quand monsieur Frémine t’a épousée, il était charmant, amoureux, tendre… comme René ! On n’aurait jamais supposé que cet homme-là te tromperait un jour !…
GERMAINE
Pas un jour, plusieurs jours !
LISE
Eh bien, je me dis que, peut-être, René est un homme pareil aux autres, avec les mêmes défauts, les mêmes faiblesses. Il y a beaucoup de chances pour que je m’abuse ; mais il y en a une petite pour que j’aie raison, et c’est la petite qui gâte les autres… Songe donc ! J’ai donné toute mon âme, toute mon existence à un monsieur ; je le juge parfait ! Si je m’étais créé une illusion ; si j’avais, à ton exemple, aimé l’idée que je me fais de lui, et non le vrai René… ma vie serait en miettes !…
GERMAINE
Bah ! On brise sa vie… et puis on en recolle les morceaux. Chaque personne refait cinq ou six fois la sienne.
LISE
Moi, je ne pourrais pas ! Je sens que je suis partie pour les plus grandes folies : j’aime mon mari d’une façon absolue…
GERMAINE, assise sur le canapé
Mais tu te défies de lui !
LISE
Non : je me défie de moi. C’est pourquoi je veux savoir, suivant ton expression, si l’objet est conforme au modèle ! S’il est conforme, tout est bien : je renonce à toute inquiétude, et je me laisse être heureuse, sans arrière-pensée…
GERMAINE
Et s’il n’est pas conforme ?…
LISE
Alors ! Oh ! alors… je rentre le grand amour, j’abandonne mes prétentions. Je suis assez malheureuse, certes, mais je n’ai pas l’humiliation d’avoir été dupée, bafouée, ridiculisée.
GERMAINE
Hé là !… prends garde : je suis là !
LISE
Enfin, s’il arrive un moment où mon mari me trompe, j’aurai moins de chagrin, puisque je m’y serai attendue, et j’aurai moins de honte, puisque je pourrai dire : « Je l’avais prévu ! »
GERMAINE
Quelle drôle de petite bonne femme tu fais !
LISE
Je veux savoir à quoi m’en tenir.
GERMAINE
Tu n’as pas tort : si j’avais eu ta prudence, je me serais épargné bien des chagrins.
LISE
Ah ! tu m’approuves !
GERMAINE
Seulement, je ne devine pas comment tu vas t’y prendre pour « essayer » ton mari ?
LISE
Sois tranquille, je ne l’examinerai pas moi-même !… Je chercherai une personne de confiance, une personne éprouvée par le chagrin, ayant l’expérience du mariage ; cette personne, je la choisirai jolie, jeune, un peu coquette, et même troublante. Et je lui demanderai : « Voulez-vous, me rendre un service ?… Faites la cour à mon mari ! »
GERMAINE
Eh bien, ma petite, vrai, tu auras tort ! La dame fera la cour à ton mari ; si elle est adroite, elle arrivera peut-être à ses fins, et tu seras bien avancée !
LISE
Non… Je choisirai une personne sûre, ayant pour moi une de ces affections sincères qui défendent la trahison ; je prendrai cette « essayeuse » parmi les rares honnêtes femmes de ce temps !…
GERMAINE
Ah ! mon Dieu !
LISE
Quoi ?
GERMAINE
Mais c’est de moi que tu parles !
LISE
Bien entendu.
GERMAINE
C’est à moi que tu veux confier ton rôle d’« essayeuse » ?
LISE
Dame ! ça te revient de droit !
GERMAINE, se levant, et passant 1
Merci ! je ne réclame rien !
LISE (2)
Dès que tu m’as écrit pour me demander de t’inviter, mon premier mouvement a été pour te refuser… Tu le comprends !…