Collection Cressida
Mémoires de Miss Coote
EXPLOITS
d'une Fouetteuse britannique
racontés par elle-même
Traduits pour la première fois de l'anglais en français
Bibliothèque des deux Hémisphères
PARIS
LETTRE I
Ma chère Amie,
Il y a longtemps, je le sais, que je vous ai promis de vous expliquer l'origine de ma prédilection pour la fessée, cette passion qui est, selon moi, une des plus délicieuses et des plus voluptueuses de la vie privée, spécialement pour une vieille fille de respectabilité aussi apparente que votre honorable amie. Les engagements doivent être exécutés et les promesses tenues, sans quoi, je ne pourrais guère espérer vous faire tâter à nouveau de ma jolie petite verge. Décrire, ou, plutôt, confesser mon voluptueux travers est pour moi une tâche très déplaisante et je me sens aussi honteuse en relatant ces choses par écrit que je le fus la première fois que la gouvernante de mon grand-père mit à nu mon petit postérieur empourpré pour le cingler sans pitié. Je me résigne toutefois à commencer, à l'idée que c'est pour votre satisfaction que je vais travailler, et parce que, mon sujet m'échauffant, je réussirai, sans trop de peine, je l'espère, à vous décrire quelques-uns des lascifs épisodes de ma jeunesse.
Mon grand-père, comme vous le savez, d'ailleurs, était le général Sir Eyre Coote, qui se rendit célèbre dans les Indes. C'était un flagellant endurci et il n'était jamais plus heureux que quand une bonne occasion de se servir du martinet s'offrait à lui. Je ne puis parler, bien entendu, de tout ce qui dut, sans nul doute, précéder mes constatations personnelles.
Le premier souvenir que j'aie de lui remonte à l'époque où il dut se retirer de la vie publique à la suite d'un scandale auquel il fut mêlé et qui le fit tomber en disgrâce. Mes parents moururent tous deux alors que j'entrais dans ma treizième année, et le vieux général, qui n'avait d'autre famille, les remplaça auprès de moi, et, à sa mort, me légua toute sa fortune, environ soixante-quinze mille francs de rente.
Il résidait dans une jolie maison de campagne distante d'environ vingt milles de Londres. C'est là que je passai les premiers mois de ma vie d'orpheline en compagnie de sa gouvernante, Mme Mansell et des deux servantes Jane et Jemima. Le vieux général était alors en Hollande, recherchant, comme je l'appris plus tard, toutes les éditions originales ayant trait aux pratiques de Cornelius Hadrien, ce père confesseur qui flagellait les religieuses en punition de leurs péchés.
Nous étions au milieu de l'été lorsqu'il revint, et, tout aussitôt, on me restreignit considérablement les libertés dont je jouissais. Défense de cueillir les fleurs ou les fruits du jardin, tous les jours une leçon sous la direction du vieil autocrate lui-même. Ces leçons, assez simples au début, devinrent bien vite beaucoup plus difficiles, et, maintenant que bien des années ont passé là-dessus, il est évident pour moi qu'il employait la tactique du loup envers l'agneau pour me mettre en défaut et posséder un grief apparent contre moi.
Ce qui me fit plaisir, à cette époque, ce fut sa répugnance à me voir porter plus longtemps des vêtements sombres. Il prétendit qu'un deuil de plusieurs mois était un témoignage de respect suffisant à la mémoire de mes parents et que je devais être habillée dorénavant comme une jeune fille du rang que je devais occuper.
Bien que nous n'eussions guère de visiteurs, à part quelques vieux compagnons d'armes du général, je fus pourvue à profusion de luxueuses toilettes, d'élégantes chaussures, de jolies pantoufles ; mes pantalons et toute ma lingerie étaient ornés de dentelles. J'avais de superbes jarretières, une paire entre autres avec des boucles d'or et mon grand-père insistait pour me les mettre lui-même ; il ne prenait pas garde à la rougeur qui m'empourprait lorsqu'il feignait d'arranger en même temps mon pantalon et ma chemise, et ne se gênait pas pour dire que je ferais un joli morceau le jour où on me déshabillerait pour me corriger.
Peu à peu, mes leçons devinrent si difficiles que je n'y compris plus rien. Un jour, mon grand-père me dit : « Rosa, Rosa, pourquoi ne vous efforcez-vous pas de mieux faire? Je voudrais pourtant bien ne pas être obligé de vous punir! »
— Mais, grand-père, répondis-je, comment voulez-vous que j'apprenne chaque jour une aussi longue leçon de cet horrible français! Je suis sûre que personne n'en serait capable.
— Tenez votre langue, petite impertinente, je suis, je crois, meilleur juge qu'une gamine comme vous.
— Mais bon papa, vous savez bien que je vous aime et que je fais de mon mieux.
— Eh bien! prouvez-moi votre affection en vous montrant plus diligente, ou vos fesses feront connaissance avec une jolie petite verge que je garde à leur intention, répondit-il sévèrement.
Une autre semaine s'écoula, au cours de laquelle je constatai plusieurs fois qu'il jetait sur moi des regards ardents, lorsque je paraissais au dîner en robe de soirée (nous dînions toujours en toilette) et il me conseilla de porter à mon corsage un petit bouquet de fleurs assorties à ma carnation.
Mais la tempête approchait, je ne devais plus longtemps échapper au péril qui me menaçait. Il me trouva de nouveau en faute et me donna ce qu'il appelait avec gravité un dernier avertissement. Mes yeux se remplirent de larmes, je tremblai en regardant le froncement sévère de sa vieille figure, et je compris que toute observation de ma part serait inutile.
La perspective de la punition me troubla si bien que je ne pus suivre mes leçons qu'avec la plus grande difficulté, et, le surlendemain, j'y renonçai complètement.
— Oh! oh! fit alors le vieux général, puisqu'il en est ainsi, ma petite Rosa, il faut en arriver à une bonne punition!
Sonnant alors Mme Mansell, il lui ordonna de préparer la chambre de punition et d'avertir les servantes de venir lorsqu'il les appellerait. « Je suis, ajouta-t-il, peiné de le dire, Mlle Rosa est si paresseuse et devient de jour en jour si inattentive à ses leçons, qu'elle doit être sévèrement réprimée dans son propre intérêt. »
— Et vous, méchante fille, me dit-il lorsque la gouvernante se fut retirée, allez dans votre chambre et réfléchissez aux conséquences de votre paresse.
Rouge d'indignation, de confusion et de honte, je courus à ma chambre où je m'enfermai au verrou, bien décidée à leur laisser enfoncer la porte avant de me soumettre à cette humiliation publique, devant les deux servantes. Je me jetai sur le lit et donnai libre cours à mes larmes, pendant deux heures au moins, croyant, de minute en minute, le moment fatal arrivé. Pourtant, comme personne ne venait me déranger, je conclus que mon grand-père avait simplement voulu m'effrayer et, sur cette idée, je tombai dans un sommeil réparateur. Je ne me réveillai qu'en entendant à travers la porte la voix de Jane qui me criait : « Mademoiselle Rosa! Mademoiselle Rosa! vous allez être en retard pour le dîner! »
— Je ne veux pas dîner, Jane, si je dois être punie ; allez-vous-en, laissez-moi, balbutiai-je à travers la serrure.
— Oh! mademoiselle Rosa, le général est resté au jardin tout l'après-midi, il a l'air de très bonne humeur, peut-être a-t-il tout oublié, ne le mettez pas en colère en n'étant pas prête pour le dîner, vite, laissez-moi entrer.
Alors, je tirai le verrou et me laissai habiller par elle.
— Allons, mademoiselle Rosa, souriez, n'ayez pas l'air triste, descendez comme si de rien n'était et tout sera probablement oublié, spécialement si, pour faire plaisir à votre grand-père, vous mettez à votre corsage ce joli petit bouquet, car vous ne l'avez jamais fait depuis le jour où il a dit que cela ferait ressortir votre teint.
Ainsi encouragée, j'affrontai mon grand-père et mangeai d'assez bon appétit, ne supposant guère que l'heure fatale allait bientôt sonner!
Le dîner se passa fort agréablement ; en prévision sans doute du drame qui allait se passer, mon grand-père prit coup sur coup plusieurs verres de bordeaux ; au milieu du dessert, comme il semblait m'examiner avec encore plus d'attention que d'habitude, il remarqua soudain le petit bouquet de roses blanches et s'écria : « Très bien, Rosa, je vois que vous avez suivi mon conseil et que vous portez un bouquet, cela vous avantage beaucoup, mais ce n'est rien en comparaison de l'effet que va produire ma verge sur votre méchant derrière, qui va bientôt ressembler à ces jolies pêches roses qui sont devant nous. Allons! le moment est venu. » Et, sur ces mots, il tira la sonnette.
Je crus que le sol allait s'effondrer sous moi ; je bondis vers la porte, mais ce ne fut que pour tomber entre les bras vigoureux de Jemima.
— Allons, en route, Jemima, avec cette péronnelle que vous tenez si bien, et vous, madame Mansell et Jane, suivez-nous, dit-il à celles-ci, qui étaient arrivées au coup de sonnette.
Toute résistance était inutile ; je me trouvai bientôt dans une chambre privée où je n'avais jamais pénétré ; elle ne contenait que très peu de meubles, à part le tapis et un confortable fauteuil, mais, au mur, pendaient plusieurs poignées de verges et dans un angle, se trouvait un instrument de la forme d'un marche-pied, couvert de serge rouge et pourvu de six anneaux, deux en haut et en bas, et deux au milieu.
— Attachez-la au cheval et préparez-la pour l'opération, dit le général, en s'installant dans le fauteuil pour contempler le spectacle à son aise.
— Allons, Rosa, tenez-vous tranquille, et n'irritez pas davantage votre grand-père, dit Mme Mansell, en m'enlevant ma ceinture ; défaites votre robe pendant que les bonnes vont disposer le cheval au milieu de la pièce.
— Oh! non! non! je ne veux pas être fouettée! oh! monsieur! oh! grand-père! ayez pitié de moi! m'écriai-je en me jetant aux genoux du vieillard.
— Allons! allons! pas tant de grimaces, Rosa, c'est pour votre bien. Madame Mansell, faites votre devoir et qu'on en finisse bien vite avec cette pénible corvée. Elle ne serait pas de ma race si elle ne montrait pas son courage au moment décisif.
Les trois femmes essayèrent de me relever, mais je ruai, les égratignai et les mordis, et, pendant quelques instants, réussis à les tenir en échec, mais je fus vite à bout de forces, et Jemima, que j'avais gratifiée d'une morsure à la main, prit sa revanche en me portant sur la terrible machine. En un clin d'œil, mes mains et mes pieds furent fixés aux anneaux, supérieurs et inférieurs, et, comme le cheval allait en s'élargissant vers le bas, mes jambes se trouvèrent maintenues, largement écartées, par les chevilles.
Je pus entendre Sir Eyre s'esclaffant joyeusement : « Parbleu! c'est une gaillarde, et il nous faudra la mater, elle est bien de sa famille. Bravo! Rosie! Et maintenant, préparez-la vivement.
Je m'abandonnai à un sombre désespoir, tandis que mes vêtements déchirés et mes jupons étaient retroussés et épinglés à mes épaules ; mais lorsqu'elles commencèrent à dénouer mon pantalon, ma rage éclata de nouveau. Tournant la tête, je vis le vieillard dont la face rayonnait de satisfaction, brandissant dans la main droite une poignée de verges fraîchement coupées. Mon sang bouillait et mes fesses frémissaient par anticipation, surtout quand Jemima rabattant mon pantalon au dessous de mes genoux, m'eut administré une petite tape sur le derrière comme pour me donner un avant-goût de ce qui m'attendait. Alors, je hurlai littéralement : « Il faut que vous soyez une vieille sale bête pour leur permettre de me traiter ainsi! »
— Une vieille sale bête! ah! vraiment! s'écria-t-il, bondissant de fureur ; nous allons voir cela, mademoiselle, peut-être serez-vous heureuse de faire des excuses avant longtemps.
Je le vis s'avancer vers moi.
— Oh! grâce! grâce! monsieur! criai-je alors ; je ne le pensais pas, elles m'ont fait tant de mal que je ne savais plus ce que je disais.
— C'est un cas très grave, répondit-il, en s'adressant sans doute aux autres. Elle est paresseuse, vicieuse, violente, et elle ose m'insulter, moi, son seul protecteur naturel, au lieu de me témoigner le respect qu'elle me doit. Il n'y a pas à hésiter, le seul remède, quelque pénible qu'il puisse être pour nous de l'appliquer, c'est d'extirper à jamais ces mauvais germes, et si nous faiblissons dans notre tâche, c'est une enfant perdue. Jusqu'à présent, elle n'a pour ainsi dire jamais été dressée.
— Oh! grand-père, punissez-moi, mais pas ainsi, je sens que je ne pourrai pas l'endurer, c'est si terrible, si cruel! sanglotais-je éperdument.
— Mon enfant, vos larmes de crocodile n'ont aucun effet sur moi, prenez-en votre parti. Si nous vous pardonnions aujourd'hui, vous ne feriez qu'en rire et deviendriez pire que jamais. A votre place, Jane, assez de temps perdu comme ça! Et ce disant, il brandit la verge qui siffla dans l'air. Je suppose que c'était en matière de préambule, car je ne fus pas touchée ; en réalité, il m'avait jusqu'alors traitée comme le chat qui sait que la souris avec laquelle il joue ne peut lui échapper.
Je pus voir, dans les yeux de Jane, des larmes de compassion ; Jemima souriait malicieusement ; Mme Mansell paraissait très grave, mais je n'eus guère le temps de me livrer à mes observations ; un coup piquant, mais pas trop brutal, me cingla bien en travers des deux fesses, puis un second, puis un troisième, se succédant assez lentement pour que je puisse espérer que le châtiment ne serait peut-être pas aussi terrible que je l'avais craint ; aussi, serrant les dents, réprimant mes plaintes, je résolus de dissimuler de mon mieux mes impressions. Ces réflexions, et bien d'autres encore, je les fis avant que le sixième coup m'eût cinglé les fesses ; mon derrière me picotait sur toute la surface, à chaque coup le sang me bouillonnait dans les veines et je devais avoir la figure aussi rouge que l'envers de ma personne.
— Eh bien, paresseuse, cria le général, commencez-vous à goûter les fruits de votre conduite, dites? M'appellerez-vous encore vieille bête? Et il scanda chaque question d'une cinglade plus violente.
Je puisai dans ma résolution l'énergie nécessaire pour ne pas crier, ce qui sembla l'irriter davantage.
— Aussi boudeuse qu'obstinée, sacrebleu! continua-t-il, mais nous vous guérirons de cela! Ne supposez pas, mademoiselle, qu'une gamine comme vous aura le dernier avec moi ; tenez! tenez! tenez! A chaque mot, il me fouettait de plus en plus fort, et au dernier, il me frappa si furieusement que ma peau me sembla devoir éclater ; je sentis qu'un autre coup semblable allait faire jaillir le sang, heureusement il s'interrompit comme s'il eût été hors d'haleine, mais simplement, je le compris plus tard, pour prolonger le plaisir exquis qu'il savourait.
Pensant que tout était fini, je les suppliai de me laisser aller ; j'eus la douleur de voir que je me trompais.
— Pas encore, pas encore, mauvaise gamine, vous n'avez pas eu la moitié de ce qui vous est dû pour vos égratignures, vos morsures et vos impertinences! s'écria Sir Eyre.
De nouveau, la verge abhorrée siffla dans l'air et vint s'abattre sur ma chair endolorie, meurtrissant à la fois mes fesses et mes cuisses. Bien qu'il semblât désireux d'éviter le sang, je ne devais pas en être quitte à si bon compte ; il entrait simplement dans le plan qu'il avait médité de ne pas épuiser trop vite sa pauvre victime.
— Mordez, égratignez, révoltez-vous contre mes ordres, allez, mademoiselle, vous saurez maintenant ce que cela vous vaudra. Vous ne méritez aucune pitié. Passe encore pour la paresse, mais pour une conduite aussi indigne, jamais! Je crois ma foi que, si vous aviez pu, vous auriez tué n'importe qui dans votre fureur. Mordez, égratignez, révoltez-vous, allons… mais mordez donc? Et tout en me morigénant, le vieillard s'acharnait de plus en plus sur mes fesses, si bien que des gouttelettes de sang commencèrent à se montrer sur mes rotondités meurtries.
Chaque coup me faisait un mal affreux, et je me serais évanouie, si ses remontrances ne m'avaient soutenue comme un cordial, et, d'autre part, en même temps que la souffrance, j'éprouvai une chaleur des plus agréables et une sorte d'excitation impossible à définir, mais que vous avez sans doute, ma chère amie, éprouvée vous-même quand je vous ai tenue sous ma discipline.
Mais malgré toute ma résolution, je ne pus refréner plus longtemps mes soupirs et mes plaintes ; je crus bientôt que j'allais succomber sous cette torture, en dépit de l'exquise sensation qui s'y mêlait. Néanmoins, malgré mes « oh! » mes « ah! » mes cris perçants, je ne demandai pas grâce de nouveau ; des idées de vengeance me soutinrent, et je me représentai combien il me serait doux de les fouetter à mon tour jusqu'au sang, de leur lacérer la chair, spécialement au général et à Jemima et même à la pauvre Jane toute larmoyante.
Sir Eyre, qui semblait oublier son âge, se démenait avec frénésie.
— Par l'enfer! allez-vous demander pardon! N'allez-vous pas nous faire des excuses, petite entêtée! sifflait-il entre ses dents. C'est la plus tenace et la plus obstinée de toute la famille. Sacredieu! elle est bien de sa race. Mais il ne sera pas dit, madame Mansell, que cette petite drogue aura raison de moi. Tenez! tenez! tenez! cria-t-il en frappant encore plus fort, et, à la fin, la verge dont il ne restait plus que le tronçon, s'échappa de sa main, tandis qu'il s'affaissait hors d'haleine dans son fauteuil.
— Madame Mansell, articula-t-il, donnez-lui une demi-douzaine de bonnes cinglées avec une verge neuve pour la finir et lui apprendre que, si elle peut épuiser un vieil homme comme moi, il reste dans la maison assez de bras solides pour mettre à la raison son impudent postérieur.
Obéissant à cet ordre, la gouvernante prit en main une verge fraîche et m'en donna délibérément sur les fesses en comptant d'une voix claire : Un, deux, trois, quatre, cinq, six. Quoique rudement appliqués, ses coups ne me meurtrirent pas aussi cruellement que ceux de Sir Eyre. « Là! me dit-elle, lorsqu'elle eut terminé, j'aurais pu frapper plus fort, mais j'ai eu pitié de vous, pour la première fois. »
Affreusement meurtrie, presque inanimée, il fallut que l'on me portât dans ma chambre. J'étais victorieuse, mais quelle victoire! Tout écorchée, toute saignante, j'avais en outre la certitude que le vieux général recommencerait à la première occasion favorable.
La pauvre Jane riait et pleurait à la fois au spectacle de mes fesses lacérées, qu'elle lavait tendrement avec de l'arnica et de l'eau fraîche ; elle semblait si accoutumée à ce travail que quand nous fûmes sur le point de nous coucher — je l'avais décidée à rester auprès de moi — je lui demandai si elle n'avait pas déjà souvent soigné des postérieurs fouettés.
— Oui, mademoiselle Rosa, répliqua-t-elle, mais vous me garderez le secret et aurez l'air de ne rien savoir. J'ai été fouettée moi-même et bien fort, quoique pas aussi cruellement que vous. Au bout d'une ou deux fois, on aime assez cela, surtout si l'on n'est pas trop durement cinglée. La prochaine fois, il faudra demander grâce de toutes vos forces, cela fait plaisir au général et apaise sa colère. Il était si épuisé de vous avoir fouettée que Mme Mansell voulait envoyer chercher le médecin, mais Jemima lui ayant dit qu'une bonne fessée lui vaudrait mieux et lui ferait descendre le sang de la tête, elles l'ont fustigé de bonne façon si bien qu'il est tout à fait revenu à lui, et a ordonné qu'on le laisse tranquille.
Ainsi se termina ma première leçon ; dans mes lettres suivantes, vous saurez ce qui m'arriva avec Jane, comment je continuai la lutte avec le général, mes aventures au pensionnat Flaybum et mes propres exploits depuis le jour où je devins ma maîtresse.
LETTRE II
Le lendemain matin, Jane et moi reprîmes notre conversation et en voici à peu près les termes :
Rosa. — Alors, Jane, vous avez été fouettée? Et pour quel motif?
Jane. — La première fois, ce fut pour avoir été vue marchant à côté d'un jeune homme en revenant de l'église. Le général prétendit que je n'étais pas du tout pieuse et que ma dévotion n'était qu'un prétexte à me promener avec des jeunes gens et qu'il fallait me guérir de cela sous peine de perdition.
Rosa. — Eh bien! N'avez-vous éprouvé aucune idée de vengeance après avoir été fouettée pour ce motif?
Jane. — Oh! si! Mais j'oubliai tout après avoir eu la joie de voir Jemima bien fessée à son tour. Elle en eut son compte, je vous le garantis ; mais elle est solide et dure comme du cuir!
Rosa. — Peut-être pourrais-je oublier de même si j'avais le plaisir de vous voir toutes solidement fouettées, et j'ai grande envie de commencer par vous, Jane, dès que je ne serai plus aussi meurtrie.
Jane. — Mais puisque vous haïssez Jemima, je le sais, n'auriez-vous pas plus de plaisir à la voir juchée sur le cheval? Peut-être pourrions-nous, en nous entendant bien, la faire tomber dans un piège?
Rosa. — Voyez-vous la bonne pièce? Pensez-vous que je vous tienne quitte jusqu'à temps que je me sois vengée des autres? Attendez que je me sente suffisamment bien et vous verrez si je ne règle pas votre compte en premier! Je ne manquerai pas d'occasions puisque vous devez coucher toutes les nuits dans ma chambre. Je n'ai pas oublié que vous m'avez persuadée de m'habiller pour le dîner alors que vous saviez parfaitement ce qui m'attendait.
Jane. — Mlle Rosa, je ne pouvais pas faire autrement ; Mme Mansell m'avait envoyée pour vous habiller. Le vieux général avait remis la chose après le dîner, car il aime voir les pénitentes en grande toilette. Lorsqu'il corrige l'une de nous, il faut qu'elle soit habillée de son mieux, et si pendant la correction un vêtement se trouve abîmé, Mme Mansell nous le remplace ; si bien qu'une bonne fessée ne nous cause pas grand dommage. Jemima a même fait plusieurs fois exprès d'abîmer ses affaires. Il est vrai que si on les lui a payées, le général s'est bien remboursé sur ses fesses.
Je fus encore bien endolorie durant plusieurs jours pendant lesquels je confectionnai une jolie verge que je dissimulai pour en faire tâter à Jane quand elle s'y attendrait le moins. Elle ne savait pas, d'ailleurs, si j'étais allée dans le jardin ou hors de la maison. Comme elle était naturellement plus âgée et beaucoup plus forte que moi, il me fallait la maîtriser par quelque stratagème. Je lui laissai croire que j'avais complètement oublié mes griefs, mais un soir, comme nous étions déshabillées pour nous mettre au lit, je lui dis : « Jane, est-ce que Mme Mansell ou Jemima vous ont déjà fouettée sans que Grand-Père le sache?
Jane. — Oh! oui! mademoiselle, plus d'une fois, et elles m'ont même rudement étrillée.
Rosa. — Comment ont-elles fait?
Jane. — Parbleu, j'étais attachée par les mains aux montants du lit.
Rosa. — Oh! montrez-moi cela, et laissez-moi vous attacher pour que je me rende compte.
Jane. — Volontiers, si cela peut vous faire plaisir, mademoiselle.
Rosa. — Avec quoi pourrai-je bien vous attacher, vous êtes forte comme Samson?
Jane. — Une paire de mouchoirs fera très bien l'affaire et voici des serviettes pour me ficeler les jambes.
Selon ses indications, je lui eus vite ficelé les poignets aux deux pommeaux du pied du lit, puis je fixai ses jambes largement écartées aux pieds de la table.
— Oh! sapristi, fit alors Jane, vous avez rudement serré! Pourquoi diable m'attacher de la sorte, je ne pourrai plus m'en aller si vous ne me délivrez pas vous-même.
— Restez, ne bougez pas! criai-je, je veux vous voir tout à fait en tenue, à présent que vous voilà bien attachée, — et rapidement je retroussai sa chemise de nuit bien au-dessus de sa taille, de façon à exposer son postérieur joufflu et son ventre joliment ombragé à mes regards surpris.
— Oh! comme vous êtes belle, Jane, dis-je en l'embrassant, vous savez que je vous aime bien, seulement votre gros cucul a mérité d'être puni. C'est un devoir pénible pour moi, mais vous allez voir que ce n'est pas pour rire, mademoiselle, regardez quelle bonne grosse verge je vous destine, fis-je en lui montrant l'instrument.
— Grâce! Grâce! Mlle Rosa, s'écria-t-elle, vous ne voudrez pas me faire de mal, j'ai toujours été si bonne pour vous!
— Ce n'est pas par plaisir, Jane, c'est par devoir. Vous étiez avec les autres contre moi, vous êtes la première que j'attrape, tant pis pour vous. Je ne pourrai peut-être pas me venger des autres d'ici longtemps.
La vue de ses fesses rebondies me transportait du désir d'exercer mon habileté sur elle et de contempler ce spectacle que j'avais offert moi-même. Saisissant nerveusement la verge, sans plus tarder, je commençai l'attaque par quelques coups cinglants qui changèrent en rouge foncé la teinte rose des deux globes.
— Ah! Ah! C'est une honte! Vous êtes aussi méchante que le vieux général, petite sournoise! Vous m'avez tendu un piège!
— Vous n'en avez pas l'air bien fâchée, mademoiselle, lui criai-je, mais je vais faire en sorte de vous rabattre le caquet ; d'ailleurs, je commence à croire que vous êtes la pire du quatuor et que votre prétendue compassion n'était que pure hypocrisie. Mais, c'est mon tour à présent. Bien entendu, vous étiez trop forte pour moi, si je n'avais pas agi de ruse avec vous! Que dites-vous de cela, mademoiselle Jane? Et tout en parlant, Vzz, Vzz, Vzz, je cinglais de la verge son gros postérieur qui prit bientôt un aspect fort curieux.
— Petite scélérate! Petite vipère! criait Jane. Votre grand-père saura tout cela.
— C'est votre intention, mademoiselle la rapporteuse. Eh bien! alors je vais vous faire payer cela d'avance, répliquai-je. La vue de sa croupe ne faisait qu'accentuer mon excitation, et ce fut avec un frisson de plaisir que j'aperçus de petites gouttes de sang. Elle se démenait et se tortillait avec des cris et des soupirs étouffés, mais chaque fois qu'elle prononçait quelques mots il semblait que c'était dans le dessein de m'irriter davantage. Ma surexcitation croissait en intensité ; ce sauvage exercice me causait un immense plaisir, et dans ma fureur irréfléchie, je mis réellement ses fesses en piteux état. A la fin, essoufflée, épuisée, je dus laisser tomber la verge et ma frénésie se changea en compassion lorsque je vis qu'elle paraissait inanimée, inerte, la tête renversée, les yeux fermés, les doigts crispés.
L'embrassant tendrement : « Jane, Jane! », lui criai-je d'une voix émue, je vous aime et vous pardonne, et maintenant, je veux être aussi bonne pour vous que vous l'avez été pour moi après ma punition.
Ses mains et ses pieds furent bientôt déliés ; alors, à mon vif étonnement, elle jeta ses deux bras autour de mon cou, et, m'embrassant passionnément, elle me dit, les yeux brillants : « Et moi aussi, je vous pardonne, mademoiselle Rosa, car vous ne vous imaginez pas quel plaisir vous m'avez procuré, les derniers instants, surtout, ont été exquis.
Sur le moment, tout cela était pour moi une énigme que je ne compris que plus tard. Elle ne se préoccupa guère de son postérieur marbré. « Ce qui a été terrible pour vous, mademoiselle Rosa, me dit-elle, n'a rien été pour moi, je suis plus âgée et plus endurcie que vous, en outre, c'est toujours la première fois qui est la plus pénible. Sir Eyre a été réellement barbare de vous écorcher comme il l'a fait, mais c'est votre obstination qui l'y a conduit. Vous verrez que vous aimerez bientôt cela ainsi que moi. »
Nous continuâmes à bavarder ainsi pendant que je baignais et pansais les parties meurtries, et finalement nous nous endormîmes après qu'il eut été convenu entre nous qu'elle me donnerait, dans un jour ou deux, une agréable leçon.
Quelques jours se passèrent tranquillement ; mon châtiment avait été trop sévère pour que je risquasse à la légère un nouveau conflit avec le général. Cependant j'attendais avec impatience l'occasion de me venger de toute la bande, excepté de Jane qui était devenue mon amie de cœur. Nous examinions, sans succès, d'ailleurs, toutes sortes de plans pour faire mettre soit l'une soit l'autre dans un mauvais cas. Le vieux général me conseillait souvent de prendre garde à moi, car il ne manquerait pas la première occasion de me faire danser sans musique.
Un jour, cependant, étant dans le jardin avec la gouvernante, je lui fis remarquer que le général était réellement bizarre de laisser les brugnons tomber et se perdre plutôt que de nous les laisser manger.
— Ma chérie, dit Mme Mansell, si vous en prenez deux ou trois, il ne le remarquera pas, en tous cas, ne dites pas que je vous l'ai conseillé, c'est, en effet, absurde de les laisser pourrir.
— Mais, mademoiselle Mansell, répliquai-je, ce serait un vol?
— Ce n'est pas un vol de prendre ce qui aurait été perdu, répondit-elle, vous n'avez pas la notion exacte de l'honnêteté, d'ailleurs n'êtes-vous pas un peu la maîtresse de la maison.
— Vous me faites l'effet du serpent et moi d'Ève ; c'est vrai qu'ils ont l'air délicieux ; vous ne me trahirez pas, au moins? lui dis-je avec candeur. Sur ce je cueillis un des fruits et Mme Mansell le partagea avec moi, ce qui me mit tout à fait à l'aise.
Le lendemain, juste avant le dîner, nous entendîmes la voix du général nous appelant tous brusquement dans sa chambre. « Comment se fait-il, Mme Mansell, dit-il, l'air furibond, que je ne puisse laisser mes clés dans la serrure de cette étagère sans que quelqu'un goûte à mon rhum? Comme je soupçonnais depuis longtemps qu'il y avait dans mon entourage un dégustateur trop rusé, j'ai usé de ruse à mon tour. Voyant que le rhum semblait à son goût, la dernière fois que le flacon a été rempli, j'ai fait une petite raie avec mon diamant pour marquer la hauteur du liquide dans la bouteille, et depuis, je me suis contenté de boire du brandy. Eh bien! regardez! En trois ou quatre jours, il n'en a pas filé moins d'une demi-pinte. Venez ici, Rosa… et vous Mme Mansell… à votre tour, Jemima! » et ce disant, il sentit notre haleine à tour de rôle.
— Femme, dit-il à celle-ci comme elle se troublait et hésitait à se soumettre à cette épreuve, je n'aurais pas cru que vous étiez une sournoise et une voleuse ; si vous avez réellement besoin d'un peu d'alcool, Mme Mansell, j'en suis certain, vous eût permis d'en prendre. Comme vous êtes ici depuis plusieurs années et que nous n'aimons pas le changement, on ne vous mettra pas à la porte, mais on vous guérira demain de l'envie de voler ; vous auriez dû être fouettée sur le champ, mais comme j'ai un ami à dîner ce soir, cela vous fera du bien d'attendre et de réfléchir à ce que vous allez recevoir. Filez, maintenant, et que le dîner soit servi correctement, ou je vous réserve quelque chose à la mode hindoue dont vous me direz des nouvelles.
Nôtre visiteur était notre plus proche voisin, ancien colonel et grand chasseur de renards, et pourtant mes idées étaient si surexcitées par la perspective du châtiment de Jemima que la soirée me parut fort agréable.
Le lendemain, grand-père passa toute la journée à inspecter le jardin et j'eus le pressentiment qu'il remarquerait la disparition des brugnons. Ayant été si méfiant pour le rhum, il pourrait l'être de même pour les fruits.
Mes craintes n'étaient que trop fondées, m'ayant aperçue avec Mme Mansell cueillant un gros bouquet pour mettre à la coupable, il s'écria : « Mme Mansell pendant que vous y êtes, faites donc un second bouquet, quelqu'un a rendu visite aux brugnons. Ne sauriez-vous pas qui, Rosa? »
— Oh! grand-père, vous savez bien qu'on m'a formellement défendu de toucher aux fruits, dis-je, l'air aussi innocent que possible.
— Et vous, madame Mansell, savez-vous quelque chose à ce sujet? Rosa me répond à côté de la question, reprit-il en me regardant sévèrement.
J'étais très embarrassée, et, pour comble, Mme Mansell, affectant une profonde répugnance à dire un mensonge confessa toute la vérité.
— Ma parole, j'ai affaire à une jolie bande, car Jane ne vaut pas mieux que les autres. Madame Mansell, votre conduite m'étonne et vous serez assez punie en considérant quelle gravité j'attache à ce cas, et quant à Rosa, une telle duplicité, chez une enfant si jeune, me fait frémir ; mais occupons-nous d'abord de Jemima, et nous verrons ensuite ce qu'il y aura lieu de faire.
Dans l'état d'incertitude où j'étais, je courus vers Jane pour lui confier mes angoisses ; c'était, selon elle, une heureuse circonstance que Jemima passât la première, car le vieillard serait fatigué, et, sans doute, me tiendrait quitte à bon compte, surtout si je criais et implorais grâce.
Ainsi réconfortée, je m'arrangeai pour dîner copieusement et pris un verre de vin en plus (j'étais supposée n'en prendre qu'un) puis, je me rendis à la salle des corrections, à peu près rassurée, d'autant plus que j'étais fort désireuse de voir Jemima bien fouettée.
Quand je jetai les yeux sur elle, elle faisait une révérence au général, assis dans son fauteuil, verge en main. Son apparence me frappa d'admiration. Sa taille était au-dessus de la moyenne, elle avait de beaux cheveux châtains, un teint éclatant, de grands yeux bleus très vifs, elle portait une robe de soie bleus échancrée très bas, qui révélait les trésors de sa poitrine bombée, son gros bouquet était fixé de côté, elle avait des souliers de satin rose à hauts talons avec des boucles d'argent ; son corsage était à manches courtes, mais des gants de chevreau de couleur fauve montant au-dessus du coude dissimulaient la rudesse de sa peau et la rougeur de ses mains.
— Préparez-la immédiatement, dit le général, elle sait trop bien ce qui l'amène ici pour qu'il soit utile de le lui dire. Tenez, Rosa, passez-moi cette grosse poignée de verges, la petite ne serait qu'un joujou pour son gros cul, Ha! Ha! celle-ci fera bien l'affaire! ajouta-t-il en la faisant siffler dans l'air.
Jane et la gouvernante l'avaient déjà dépouillée de la robe bleue, et étaient en train de lui enlever le jupon blanc bordé de dentelle ; le bouquet, tombé sur le parquet, la victime se trouva en chemise et pantalon, et je pus admirer sa poitrine bien prise, son cou harmonieux et surtout ses jambes pleines et rondes dans leurs bas de soie rouge, retenus par d'élégantes jarretières (le général était très exigeant sur la toilette de ses pénitentes).
J'aidai à l'attacher et à dénouer son pantalon que Jane rabattit complètement, tandis que Mme Mansell retroussait et épinglait sa chemise, étalant dans leur magnifique plénitude ses fesses glorieusement charnues, dont la peau blanche resplendissait sous la clarté des flambeaux.
Je lui donnai quelques bonnes tapes pour lui montrer que je n'avais pas oublié celles qu'elle m'avait données, puis je m'écartai pour laisser la place à Sir Eyre.
J'étais si absorbée par ce fascinant spectacle que j'en oubliai totalement ce qui m'attendait moi-même.
Flac! La grosse verge s'abattit avec une violence qui l'eût fait bondir si elle n'eût été attachée. Elle poussa un « Ahhh! » étouffé et un large sillon rouge apparut sur la chair. A chaque coup qui suivit, sa figure s'empourpra davantage et elle sembla suffoquer, tout en s'efforçant de ne pas hurler, mais la verge était si cinglante et le général frappait si fort qu'en moins d'une douzaine de coups, les fesses blanches furent tachées de sang et la verge volait dans toutes les directions. « Ah! Ah! Oh! » hurla-t-elle enfin. « Assez! pitié, monsieur, je n'en puis plus, c'est trop, je vous le jure! »
— Abominable voleuse, je vais vous fesser jusqu'à ce que mort s'ensuive ; si je ne vous guéris pas aujourd'hui à tout jamais, c'est une bonne domestique que je perdrai, riposta Sir Eyre en la fouaillant de plus belle.
Mon sang bouillait sous l'excitation voluptueuse, à laquelle j'étais en proie, et jeune comme je l'étais, barbare comme je savais être la correction, je n'éprouvais pas la moindre pitié pour la victime. C'est un sentiment que, seuls, peuvent comprendre les fervents adorateurs de la verge.
— Vous aimez le rhum, je crois mademoiselle, faisait le général, mais c'est le payer un peu cher, n'est-ce pas, n'est-ce pas… n'est-ce pas?…
Le pauvre vieux, hors d'haleine, ayant été obligé de s'asseoir, Mme Mansell, devançant son désir, prit une verge neuve et, sans laisser souffler la victime, se mit à la fouetter à son tour.
— Elle n'a pas volé sa punition, monsieur, car je ne lui refuse jamais rien pourvu qu'elle se conduise bien, dit-elle, prenant son air le plus pincé. Dans son ardeur à fouetter, sa coiffure s'étant dérangée et sa physionomie s'animant, elle me fit l'effet de la déesse de la vengeance. « Recommencerez-vous… dites… répondez… ingrate… voleuse… » criait-elle, ponctuant chaque mot d'un furieux coup de verge.
La pauvre Jemima sanglotait et implorait grâce d'une voix brisée, tandis que des gouttes de sang coulaient le long de ses cuisses, mais la gouvernante semblait sourde et Sir Eyre paraissait en extase. Quelque résistante que fût la victime, cela ne pouvait plus, néanmoins, durer bien longtemps. Terrassée par l'acuité de ses souffrances, Jemima s'évanouit et il nous fallut lui asperger la figure d'eau fraîche pour la ranimer. On la couvrit d'un manteau et on la conduisit dans sa chambre où on la laissa seule.
— A votre tour, Rosa, me dit alors le général tenant en mains une verge fraîche et souple ; embrassez la verge et apprêtez-vous.
Sachant à peine ce que je faisais, je m'inclinai et donnai le baiser ordonné. En un rien de temps, Mme Mansell et Jane m'eurent préparée, car je demeurais passive, et dès que je fus exposée en plein, les membres bien écartés, le général reprit son rôle.
— Vous avez pu voir, me dit-il, par l'exemple de Jemima, comme je suis sévère à l'occasion, peut-être n'avez-vous pas compris la gravité de la réponse que vous m'avez faite aujourd'hui, aussi, suis-je enclin à être indulgent pour cette fois ; mais, souvenez-vous, pour l'avenir, si vous vous en tirez à bon compte aujourd'hui, qu'un mensonge est préférable à une réponse évasive. Je crois que la dernière fessée a produit son effet, car vous vous comportez ce soir tout autrement. Ainsi, souvenez-vous… souvenez-vous… Souvenez-vous…
Il me cinglait le derrière à chaque mot. J'implorais grâce, promettant d'être sincère à l'avenir. Après une vingtaine de coups qui me mirent les fesses en feu : « Je vous tiens quitte pour aujourd'hui, fit-il en m'octroyant une dernière cinglade, mais si violente que, cette fois, le sang se montra sur mes fesses déjà empourprées.
Je termine ici ma seconde lettre.
Croyez-moi votre amie dévouée.
Rosa Belinda Coote.
LETTRE III
Ma chère Nelly,
Je vous ai dit, dans ma dernière lettre, comment je me tirai sans grand dommage de l'affaire des brugnons ; mais je n'avais reculé que pour mieux sauter, et le général s'était évidemment promis de m'accommoder de bonne façon à la première occasion favorable.
Chose bizarre, ma première punition, pourtant corsée, et la terrible fessée que j'avais vu administrer à Jemima ne n'avaient produit d'autre effet que de me rendre, si possible, plus audacieuse. J'aurais voulu me venger de Sir Eyre et de Mme Mansell, mais aucun de mes plans de vengeance ne me donnait satisfaction. Si j'avais pu arriver à mes fins, peu m'eût importé ce qui en serait résulté pour moi.
Jane ne pouvant me suggérer aucune idée, je résolus d'agir seule, tout en affectant d'y renoncer ; mais diverses mésaventures arrivèrent dès lors à tous les hôtes de la maison, y compris moi-même. Le général entra en fureur, lorsqu'un beau jour il trouva plusieurs de ses livres de flagellation abîmés ou déchirés, mais il ne put fixer ses soupçons sur personne, bien qu'il suspectât fort Jemima d'être, par vengeance, l'auteur de ce délit. Peu de temps après, Mme Mansell se piqua les pieds à des orties cachées dans ses draps. Sir Eyre et elle étaient surtout les victimes ; mais le méfait suivant fit déborder le vase. Quelques jours plus tard, en se mettant au lit, le général fut soudain cruellement piqué et égratigné par des branches de ronces habilement dissimulées dans son lit. Comme il avait l'habitude de rabattre complètement le drap de dessus avant d'entrer au lit, puis de le ramener sur lui après s'être allongé, les épines avaient été placées entre le matelas et le drap du dessous de sorte qu'il ne pût les voir ; mais il les sentit bien vite. Le dos écorché, il fit un bond violent, se retourna à quatre pattes, et bondit de nouveau, affreusement piqué aux genoux et aux mains. Bref, lorsqu'il put s'échapper du lit il avait été écorché un peu partout, quelques épines étaient restées piquées dans ses chairs et je pus voir, le lendemain, des taches de sang sur ses draps.
Il fallut que Mme Mansell sautât de son lit en toute hâte, pour soigner le pauvre bonhomme. Cela lui prit une bonne heure, au bout de laquelle, elle se recoucha avec délices pensant rattraper le sommeil perdu. A peine était-elle remise au lit qu'elle poussa des « Aïe! Aïe! Hola! » de souffrance, et s'écria : « Ah! c'est trop fort! les coquins sont venus dans ma chambre pendant mon absence! » Jemima, Jane et moi étant accourues à ses cris, nous la trouvâmes affreusement écorchée, surtout aux genoux, nous réprimâmes un sourire de satisfaction ; Jemima surtout avait l'air radieuse.
Mme Mansell. — Vous n'avez pas honte de me traiter ainsi ; c'est une de vous trois et je soupçonne fortement Jemima.
Jemima. — Je n'ai pu m'empêcher de sourire en vous entendant crier, madame, mais je croyais que vous n'aviez pas grand'chose.
Mme Mansell. — Effrontée, coquine, je le dirai au général.
Jemima, Jane et moi protestâmes de notre innocence, mais en vain ; il devait évidemment en cuire à l'une de nous, peut-être à toutes les trois.
La gouvernante et le général se ressentirent plus d'une semaine de cette alerte, plusieurs épines leur étant restées dans les chairs, une entre autres dans le genou de Mme Mansell. Sir Eyre dut attendre en conséquence dix jours avant de mettre l'affaire sur le tapis.
L'heure fatale sonna enfin ; nous comparûmes toutes dans la salle de punition devant le général, trônant dans son fauteuil ; ce fut comme d'habitude après le dîner, et nous étions en tenue de soir.
Sir Eyre. — Vous n'ignorez pas pourquoi je vous ai fait venir ensemble. Un outrage comme celui que nous avons subi, Mme Mansell et moi, ne peut rester impuni ; donc, si aucune de vous trois n'avoue en être l'auteur, je suis décidé à vous punir toutes les trois et sévèrement pour que la coupable n'échappe pas à son sort. Allons Rosa, est-ce vous? Si ce n'est vous, c'est une des deux autres.
Rosa. — Moi grand-père! Vous savez bien du reste, qu'on m'a fait à moi-même toutes sortes de farces.
Sir Eyre. — Et vous, Jemima. Est-ce vous?
Jemima. — Oh! mon Dieu! monsieur! Mais je n'ai même jamais touché de ronces de ma vie!
Sir Eyre. — Jane, êtes-vous coupable ou non, ou soupçonnez-vous quelqu'un?
Jane. — Oh! non! monsieur, je vous l'affirme.
Sir Eyre. — Donc il y a parmi vous une fieffée menteuse. Rosa, comme vous êtes la plus jeune, je vous punirai en premier, peut-être en attendant, déciderez-vous la coupable, si ce n'est vous, à se dénoncer.
Puis, se tournant vers Mme Mansell : « Préparez-la, dit-il, elle n'a pas reçu la fessée telle qu'elle la méritait, l'autre jour. Mais aujourd'hui, elles auront toutes les trois leur compte, quand je devrais y passer toute la nuit. Jane et Jemima aidez Mme Mansell. »
Mes idées étaient moins tournées vers ce que j'allais recevoir que vers le tableau qu'allaient m'offrir les autres et dont je me réjouissais par anticipation, j'escomptais les sensations que j'avais déjà éprouvées quand Jemima avait été si sévèrement punie. Elles m'eurent bientôt enlevé ma robe de soie bleue et elles m'attachaient sur le cheval, quand le général les arrêta, pris d'une autre idée.
— Halte! Halte! cria-t-il. Jemima va la mettre sur son dos.
Je fus alors relâchée, et, mes jupons ayant été bien retroussés par dessus mes épaules, je fus hissée à califourchon sur le large dos de Jemima ; mes bras entourant son cou furent solidement ficelés par les poignets et mes jambes attachées de même sous la taille ; j'étais ainsi splendidement exposée et ma posture faisait tendre ma peau. Comme Mme Mansell allait ouvrir mon pantalon, Sir Eyre s'écria : « Non! Non! Je vais me servir de ce fouet… Jemima, trottez tout autour de la chambre pour que je sois à bonne distance. »
Ces mots furent accompagnés d'un claquement sec du fouet, dont la lanière s'abattit sur ma croupe.
— Eh bien, mademoiselle! allez-vous nous avouer quelque chose? Je suis sûr que vous êtes bien au courant de ce qui s'est passé. Clac! Clac! Clac! Clac! le fouet me cinglait en même temps les fesses, et Jemima ravie trottait allègrement tandis que chaque coup causait à mon pauvre derrière une affreuse cuisson.
— Oh! Oh! Ah! Grand-père! criai-je, c'est indigne de me punir quand vous savez que je suis innocente. Oh! Oh! Ohhhr! Sourd à mes cris, il me fouaillait sans pitié. Je sentais ma peau se boursouffler, mais la mince étoffe l'empêchait de s'écorcher.
A un moment, il interrompit la course en disant : « Mme Mansell, regardons un peu son impudent derrière pour voir ce que mon fouet y a marqué. »
Mme Mansell écarta soigneusement la fente de mon pantalon et s'écria : « Regardez, monsieur, comme vous l'avez bien cinglée! Quelles belles zébrures et comme son cul est rouge! »
Sir Eyre. — Peuh! Cela n'est pas mal, en effet, mais je suis resté à moitié chemin ; Mme Mansell voulez-vous le mettre au point avec la verge?
Je pouvais dès lors être sûre d'avoir une bonne mesure. Le général alluma un cigare et s'installa confortablement dans son fauteuil pour jouir du spectacle. Mme Mansell choisit une belle verge faite de brins longs et flexibles, et laissant mon pantalon largement ouvert, ordonna à Jemima de se poser devant elle.
Brandissant la verge, la gouvernante s'écria : « Je suis sûre que cette demoiselle est dans le secret, mais elle est si entêtée que nous ne tirerons sans doute rien d'elle. Néanmoins, Monsieur, je vais faire de mon mieux. Allons, Mlle Rosa, dites-nous la vérité si vous voulez préserver votre cul ; êtes-vous toujours aussi sûre de votre propre innocence? Et elle me cingla méthodiquement et vigoureusement les fesses en tous sens ; les coups s'abattirent dans ma chair avec un son mat et mon derrière déjà brûlant des coups de fouet de tout à l'heure fut bientôt en proie à une intolérable cuisson.
— Oh! Oh! C'est une injustice! hurlai-je pour me soulager le plus possible. Oh! Ah! Même si je savais quelque chose je ne le dirai pas! On ne doit pas trahir un secret. Oh! Pitié! Pitié!
En parlant ainsi, j'avais un double but, d'abord, d'être traitée avec une indulgence relative en leur faisant croire qu'une des deux autres était la coupable, ensuite, faire dériver leur fureur sur celles-ci et corser, en même temps que leur punition, le plaisir que je m'en promettais.
Mme Mansell. — Ha! Ha! C'est curieux comme la verge vous a amendée, ma chère mademoiselle Rosa ; vous n'êtes plus, à beaucoup près, aussi obstinée qu'avant. Mais puisque vous ne voulez rien nous raconter, vous serez fouettée comme complice, j'en suis bien fâchée pour vous. Du reste, cela ne vous fait pas tant de mal que vous voudriez le faire croire. » Et vzz! vzz! vzz! la verge s'abattait sans répit sur mon postérieur qui commençait à saigner.
— Arrêtez, Mme Mansell! cria enfin le général, ce doit être cette drôlesse de Jemima. Rosa est assez punie. Au tour de Jane, maintenant ; si elle sait quelque chose il faudra bien qu'elle nous le dise, et alors nous aurons nos coudées franches avec Jemima. N'importe comment, Mme Mansell, nous saurons la vérité!
On me repose à terre et le général ordonne à Jane de prendre la place que je viens de quitter. Mes vêtements retombent et, frémissante d'une émotion anticipée, remerciant Sir Eyre de son indulgence, je m'occupe fébrilement pour ma part à disposer le postérieur de Jane pour l'exécution. J'épingle sa chemise à ses épaules, j'expose à nu son postérieur joufflu, ses cuisses et ses mollets, ceux-ci gainés de soie rose, maintenus par d'élégantes jarretières à boucles d'argent, et rehaussés par des pantoufles grenat.
Sir Eyre. — Comment, Jane, avez-vous l'impudence de vous présenter devant moi sans pantalon? C'est une indécence inouïe! Autant m'offrir tout de suite de me faire voir votre derrière ; tenez, effrontée, voilà pour la peine! Il lui donna alors un coup si formidable que la verge sillonna la chair jusqu'à la fente ombragée. Autre chose est de faire voir son derrière lorsque l'on reçoit le fouet que de l'étaler cyniquement comme vous le faites. Et il continue à manifester sa feinte indignation par de solides coups de verges.
Jane. — Ah! Ah! Ahhhr! Pitié! Monsieur! Pitié! Mme Mansell ne nous a pas donné le temps de nous habiller, et dans ma précipitation, je n'ai pu trouver mon pantalon. Elle m'appelait immédiatement et je n'ai pas voulu la faire attendre. J'ai cru que l'obéissance était plus urgente que la décence. Oh! Oh! Oh! Monsieur! Grâce! Pas si fort! Quelle cruauté. Je suis bien innocente!
Sous le stimulant des cinglades furieuses qu'il lui applique sans répit de bas en haut et qui amènent le sang à la peau, elle se démène et bondit si fort que Jemima a grand peine à la maintenir à califourchon.
Sir Eyre. — C'est bon! C'est bon! Je suis assez disposé à vous pardonner pour le pantalon, car j'aime que l'on fasse passer le devoir avant tout, mais en ce qui concerne les épines qu'on a fourrées dans nos lits, vous devez savoir quelque chose et c'est votre devoir de nous le confesser.
Jane. — Oh! Oh! Hola! Ah!!! Je ne sais rien! Je ne puis rien vous dire sinon que je suis innocente ; mais je ne peux pas en accuser une autre! Hola! Oh! Vous allez me tuer, Monsieur! J'en ai pour des semaines à rester au lit si vous me lacérez de cette façon!
Sir Eyre. — Des fesses en compote se rétablissent bien plus vite que cela, Jane, ne vous inquiétez pas! Mais vous allez être fessée encore plus fort si vous n'avouez pas que c'est Jemima la coupable. Est-ce Jemima? Parlerez-vous? Est-ce Jemima? Est-ce Jemima?
Il hurle ces questions d'une voix de tonnerre et sa verge s'abat sans répit et avec fureur sur le derrière de la malheureuse. Le sang suinte et coule sur la chair à vif. Elle semble sur le point de s'évanouir, toutefois je crois distinguer sur son visage les indices habituels de la jouissance ; puis cessant de se débattre et de bondir, elle se laisse aller, inerte, comme si sa chair était devenue insensible aux coups ; ses hurlements cessent et comme dans un râle elle balbutie : Oui! Oui! Oh oui!
Sir Eyre pousse un éclat de rire de triomphe à l'idée de connaître enfin la vraie coupable. « Ah! Ah! Elle a enfin avoué! Oui, oui, » crie-t-il, « descendez-la maintenant, la pauvre fille, cela a été dur pour la décider à parler, mais j'ai tout de même réussi. » Et il jette au loin le tronçon de verge qui lui restait en mains. Tandis que la pauvre Jane descend de sa monture dans un état pitoyable, Jemima marmotte entre ses dents quelque chose comme « damnée menteuse! » J'aide Mme Mansell à la ligoter sur le cheval, et, lui ayant retroussé ses jupes, j'écarte l'ouverture de son pantalon de façon à exposer dans toute leur ampleur les beautés laiteuses de son magnifique derrière.
Sir Eyre. — Écartez, écartez le plus que vous pourrez, Rosa. La gredine! Laisser les autres souffrir pour son propre crime! Elle prenait, je crois, plaisir à participer à leur correction!
Jemima. — Ce sont des mensonges, Sir Eyre, je ne suis nullement coupable et elles m'ont tout mis sur le dos pour se repaître au spectacle de ma punition. Oh! Oh! Quelle abominable maison! Réglez-moi mes gages, je veux m'en aller de suite!
Sir Eyre ricanant. — Vous allez les avoir, vos gages, ou du moins, ce que vous avez mérité hypocrite, scélérate!
Jemima (pourpre de honte et de fureur). — Je ne suis pas aussi hypocrite qu'une autre que je connais bien! Vous me couperez en morceaux avant de me faire avouer ce que je n'ai pas fait.
Sir Eyre. — Ne perdons pas notre temps avec cette tête de mulet. Essayons plutôt l'effet d'une bonne verge.
Joignant l'action à la parole, le général lui gratifie les fesses de quelques coups sévèrement appliqués qui changent en rose les lys de son énorme postérieur.
— Regardez comme son cul rougit pour elle, s'esclaffe le général, en attendant qu'il pleure des larmes de sang. Et il accentue la rigueur de ses coups, qui tracent dans la chair de larges boursouflures.
Jemima. — Oh! Oh! Sir Eyre comment pouvez-vous croire une menteuse comme Jane. Quelle raclée je lui flanquerai, quand je serai délivrée, à cette fieffée gredine, pour lui apprendre à m'accuser.
Sir Eyre. — C'est vous la gredine! Vous lui donnerez des claques? Dites? Vous en avez l'intention? Répondez, grosse bourrique! La verge est trop bénigne pour vous! Je m'en vais essayer autre chose de meilleur, mais, avant, vous allez demander pardon à Jane! Vous avez beau être grosse et forte, nous vous maîtriserons quand même! Qu'est-ce que vous dites de cela? Je crois que vous ne sentez rien, Jemima, je le suppose ou vous seriez moins arrogante! Je voudrais avoir une poignée de ronces sous la main pour vous déchirer les fesses! Peut-être les sentiriez-vous mieux que la verge!
Et pendant ce discours, la verge continuait impitoyablement son travail.
Jemima. — Oh! Non! Pas cela! Je ne suis pas coupable et n'aurais pas voulu faire pareille chose à mon plus grand ennemi! Oh monsieur! Monsieur! Pitié! Vous m'assassinez! Vous me torturez! Voyez! le sang ruisselle le long de mes cuisses!
Sir Eyre. — On ne tue pas si aisément une graine de votre espèce. Pourquoi vous obstinez-vous à ne pas avouer, coquine!
Et se tournant vers Mme Mansell : « Ne trouvez-vous pas », lui dit-il, « qu'elle a trop de choses sur elle ; je ne suis pas enclin à la cruauté, mais ceci est un cas qui mérite plus de sévérité que d'habitude?
Mme Mansell. — Si nous la réduisions à sa chemise et à son pantalon, vous pourriez ainsi lui appliquer l'extrême pénalité?
Sir Eyre. — Parfaitement. Et cela me permettra de respirer un peu. Elle m'a mis à bout de force!
Nous dépouillons alors Jemima de sa jupe et de ses jupons, nous défaisons son corset, mettant en liberté les globes bien fermes de sa splendide poitrine, puis elle est ligotée de nouveau et reste avec les poignets ficelés bien au-dessus de sa tête. Elle a des gants de chevreau fauve qui font ressortir la nudité de ses bras. Elle n'a pour dissimuler ses formes opulentes que sa chemise et son pantalon, mais, avant de recommencer la danse, le Général donne l'ordre de lui retirer tout-à-fait celui-ci et d'épingler la chemise à ses épaules. Puis, se tournant vers moi, il me dit :
— Rosa, ma chérie, si vous avez été punie, c'est de la faute à cette méchante fille : je ne conseille à personne de se charger lui-même de sa vengeance, mais comme Mme Mansell n'est pas très bien et que j'ai encore besoin d'un peu de repos, j'espère que vous voudrez bien prendre ce fouet ; vous savez comment l'on s'en sert, ne ménagez aucune parcelle de son cul et de ses cuisses.
Et il me tendit une jolie cravache de dame, qui se terminait en une lanière de cuir tressé.
Aucune proposition ne pouvait m'être plus agréable, bien que je n'aurais pas osé me proposer moi-même. Je jetai un coup d'œil triomphal à la pauvre Jane qui se remettait peu à peu de sa terrible correction et commençait à s'intéresser à ce qui se passait autour d'elle. Je pris la cravache et me mis en bonne posture pour commencer. Ma victime présentait un magnifique tableau : cambrées, ses fesses puissantes, boursouflées, meurtries, teintées de sang formaient un curieux contraste avec son ventre d'un blanc neigeux, couvert à l'endroit du mont de Vénus d'une forêt bouclée du plus joli blond vénitien, ses cuisses très écartées, permettant de voir le mignon trou de son derrière et un peu au-dessous le bord vermeil des lèvres de son conin. Un peu plus loin s'étalaient ses cuisses robustes aussi blanches que son ventre. Elle portait également de bas de soie rouge, de jolies jarretières et des pantoufles assorties à ses gants. Mon sang bouillait à la vue de ces jolies choses et j'avais hâte de lacérer à mon tour cette chair déjà meurtrie et tachée de sang.
Sir Eyre. — Eh bien, Rosa, qu'attendez-vous pour commencer? Vous n'avez pas à ménager une pareille entêtée. Allez, et essayez de lui faire demander pardon à Jane.
Rosa. — J'ai peur, Grand-Père, que la cravache ne lui déchire la peau! Allons, Jemima, je commence. Est-ce que cela vous fait très mal? Et je ponctuai ma question d'un léger coup entre les cuisses où la pointe de la cravache marqua son passage de rouge.
Jemima. — Oh! Oh! Miss Rosa, ayez compassion de moi! Je n'ai jamais été malveillante pour vous ; je vous ai portée bien doucement sur mon dos quand vous avez été fouettée.
Rosa. — Oui! Et cela vous a joliment amusée, gredine! Vous saviez quelle fessée l'on m'appliquait et vous étiez ravie de me servir de monture.
Je lui appliquai trois ou quatre coups qui imprimèrent sur ses reins une belle marque rouge : Tenez! Tenez! Tenez! Demandez-moi pardon, et à Jane aussi, pour vos menaces? La souffletterez-vous? Dites, dites, dites? Chaque mot était accompagné d'un coup de cravache et jamais deux fois de suite au même endroit.
Jemima. — Ah! Ahrr! Grâce! Pitié! J'ai été bien peinée pour vous, miss Rosa! Oh! Oh! vous êtes aussi cruelle que Sir Eyre. Vous me déchiquetez avec cette cravache, sanglote-t-elle, la figure cramoisie de souffrance, de rage et d'obstination.
Rosa. — Allons, Jemima, ce que vous avez de mieux à faire, c'est de nous demander pardon et de confesser votre crime, vous savez que vous êtes coupable, coupable, coupable, entêtée que vous êtes.
A coups multipliés, la cravache meurtrit les fesses en tous sens, tirant le sang qui coule sur les cuisses et sur les bas. La victime se démène et hurle de souffrance à chaque coup, mais refuse d'avouer sa faute et de demander pardon. La vue de ses tortures semble décupler ma vigueur et ma surexcitation ; je me délecte de la vue du sang et je me sens en proie à une étrange mais douce émotion. Épuisée, je laisse échapper la cravache, et m'affale sur un siège, en proie à une sorte d'abandon léthargique, tout en ne perdant rien de ce qui se passe autour de moi.
Sir Eyre. — Vraiment, Rosa, je vous croyais plus énergique que cela. Pauvre petite, votre châtiment a été trop dur pour vous. Je vais en finir avec la coupable ; si elle ne veut pas avouer, je l'exécuterai, voilà tout.
Et il va chercher une autre cravache plus forte que celle dont je m'étais servie et avec trois lanières de cuir à l'extrémité : « Allez-vous enfin avouer? Dites! Misérable créature! hurle-t-il, le sang me bout quand je songe à la façon dont j'ai corrigé deux innocentes! »
Cette fois, c'est sur les cuisses et les mollets qu'il frappe, lacérant les bas de soie et sillonnant les chairs de marques profondes. La victime ne peut se débattre, car ses chevilles sont attachées, mais la souffrance lui arrache des sanglots nerveux et des cris suraigus. Le Général semble fou de fureur, car il s'attaque maintenant aux épaules indemnes jusqu'alors et teinte la cravache du sang qu'il en fait couler.
Sir Eyre. — Ah! Je vais la tuer! C'est plus fort que moi! Elle me rendra fou! Et l'instrument s'enroulant autour de ses côtes vient atteindre jusqu'aux globes de sa superbe poitrine et en arrache des gouttes de sang qui tachent son ventre blanc.
Jemima. — Oh! Pitié! Laissez-moi mourir! Ne torturez pas plus longtemps une pauvre fille innocente.
Elle ne peut en dire plus long et les mots ne sortent plus de ses lèvres. Mme Mansell s'interpose alors en disant : « Assez comme cela, davantage pourrait être dangereux. »
Sir Eyre suffoquant. — Vous avez raison de me retenir, je l'aurais tuée.
La pauvre victime est retirée du cheval dans un état pitoyable ; elle ne peut pas se tenir debout ; son sang a coulé jusqu'à ses pantoufles ; on la ranime tant bien que mal en lui faisant prendre un cordial et on la ramène à sa chambre où elle dut garder le lit pendant plusieurs jours.
J'avais eu la revanche que j'étais si anxieuse de prendre. Mais le grand vengeur, à mon profond chagrin, enleva bientôt de ce monde mon pauvre grand-père et je demeurai tout à fait orpheline. Comme j'étais encore bien jeune, mes gardiens, conformément au testament de mon grand-père, me placèrent à l'Académie de Miss Flaybum pour achever mon éducation ; le vieux foyer fut abandonné et ses hôtes dispersés.
Je vous enverrai, dans une prochaine lettre, quelques-uns de mes souvenirs de classe et je reste, ma chère Nelly,
Votre affectionnée,
Rosa Belinda Coote.
LETTRE IV
Ma chère Nelly,
Je vous ai promis, dans ma dernière lettre, de vous relater quelques-unes de mes expériences scolaires et je viens tenir ma promesse.
La pension où je fus mise était située à Edmonton. C'était une maison spacieuse qui avait été la propriété d'un gentilhomme et était enclavée dans ses terres. Ce que nous appelions les jardins privés, près de la maison était entouré de hautes murailles pour empêcher toute possibilité d'évasion.
Derrière ces jardins, et limités par un fossé, étaient plusieurs pâturages où l'on mettait les vaches de Miss Flaybum et les chevaux, les jours où ils ne travaillaient pas, c'est-à-dire toute la semaine, car nous ne prenions guère les voitures que le dimanche pour nous rendre le matin et l'après-midi à l'église du village, distante d'environ un mille et demi. Il nous était interdit d'y aller à pied, même par le plus beau soleil. Nous n'occupions pas moins de trois voitures, car la pension comptait à peu près trois douzaines d'élèves et nous formions une vraie procession quand nous franchissions le portail de l'église ; il y avait généralement une certaine affluence pour nous voir arriver et partir. Les plus grandes d'entre nous assuraient que c'était pour voir nos jambes lorsque nous descendions de voiture. Nous ne portions que des bas de soie et de très élégantes bottines pour bien faire valoir nos mollets et, par les temps de pluie, quand nous étions obligées de nous retrousser un peu plus, je perçus plus d'une fois un murmure d'admiration parmi nos spectateurs. Chose qui nous surprenait, ceux-ci étaient surtout des messieurs âgés évidemment désireux de tenir leurs fils hors de la vue de nos charmes, selon le désir, sans doute, de Miss Flaybum.
Il nous était strictement défendu de nous promener sur les routes du village, mais les jours de congés ou de fêtes, ou à certaines occasions, lorsque le temps était beau, nos gouvernantes nous escortaient dans les pâturages ou dans un petit bois de trois ou quatre acres, enfermé dans la propriété, Là, à l'abri de tous regards, nous nous amusions à toutes sortes de jeux.
L'école était très select. On n'y admettait que les filles de l'aristocratie, d'officiers des armées de terre ou de mer. Miss Flaybum était une vieille fille entre deux âges et un martinet réputé. Avant mon entrée dans ce pensionnat, je m'étais imaginé que les mœurs étaient très rigides dans les établissements de ce genre ; mais je vis bientôt que ce n'était vrai qu'en façade, et qu'à l'intérieur, il s'y passait des choses peu rassurantes pour la future moralité des élèves. S'il en était de même dans les autres écoles aristocratiques, je m'explique la décadence de la vertu dans le grand monde à l'époque de ma jeunesse.
La première nuit que je passai dans cette maison (nous couchions par groupe de six dans une belle et large pièce), il n'y avait pas une heure que j'étais au lit avec ma compagne que notre dortoir fut envahi par une douzaine d'élèves qui me tirèrent du lit sous prétexte de me familiariser avec l'établissement.
Elles me jetèrent en travers d'un des lits, me bâillonnèrent avec un mouchoir pour m'empêcher de crier, et chacune m'administra à tour de rôle trois claques sur les fesses nues ; quelques-unes me cinglèrent si bien qu'il me sembla que j'avais reçu la verge.
Laura Sandon, ma compagne de lit, jeune fille de seize ans, très douce et très jolie, me consola et m'assura que toutes les élèves subissaient la même épreuve en entrant. Je lui demandai si la verge était en usage dans l'établissement.
— Ah! je vous crois, répliqua-t-elle, vous êtes mignonne comme un amour et je serais bien fâchée de vous la voir donner. Elle m'embrassa et me caressa le derrière qui me cuisait quelque peu : « Comme il est chaud, tirez les draps pour le rafraîchir », ajouta-t-elle.
— Voyons-le ce pauvre cucul, dit miss Louise Van Tromp, une plantureuse allemande. Si nous jouions au fouet, avant que Mlle Fosse (l'institutrice française), vienne se coucher.
— Oui, venez, Rosa, ma chérie, vous aimerez bien cela et cela vous fera oublier votre petite fessée ; levez-vous, Cécile et Clara, on va s'amuser, fit Laura en s'adressant à l'honorable miss Cécile Deben et à lady Clara Wawering, qui avec l'institutrice française, complétaient les six occupantes de notre dortoir. « Vous savez, mademoiselle ne dira rien si elle nous surprend ».
Nous fûmes bientôt debout, nos chemises de nuit volèrent en l'air, et je pus examiner mes compagnes dans la plus absolue nudité. Laura était mince, gracieuse, avec de grands yeux bleus, indices d'un tempérament aimant. Cécile, qui paraissait avoir quinze ans, était une petite bonne femme dodue aux cheveux châtain et aux yeux bleus. Lady Clara avait dix-huit ans ; elle était brune, d'une taille au-dessus de la moyenne, bien proportionnée, avec de grands yeux languissants, tandis que Louise Van Tromp était une belle allemande de dix-sept ans, aux yeux gris et aux formes opulentes.
C'était un ravissant ensemble, car toutes étaient jolies et aucune ne manifestait la moindre honte, étant évidemment bien accoutumées à ce jeu ; elles m'avaient entourée, pelotaient mon derrière et l'embrassaient. Cécile me dit : « Rosa, je suis bien contente que vous n'ayez pas encore de poils à votre petit bijou ; c'est bien plus gentil. Laura, vous avez maintenant une belle fourrure », ajouta-t-elle en fourrageant avec ses doigts la petite toison de miss Sandon.
Laura. — Petite effrontée, ne me chatouillez pas ainsi ; vous serez assez fière quand vous en aurez autant.
Lady Clara. — Cécile, ma chérie, vous n'avez qu'à frotter votre ventre au mien un peu plus souvent que vous ne le faites ; c'est ainsi que Laura a fait pousser ses poils.
Louise. — Rosa, si vous voulez, c'est sur le mien que vous frotterez votre ventre. Clara est trop amoureuse de Cécile ; c'est moi qui veut faire pousser votre poil. En disant cela, elle embrassait et caressait ma petite fente de la façon la plus exquise.
Laura. — Écoutez-moi cette grosse gourmande, on dirait à l'entendre qu'aucune de nous ne s'est amusée avec elle. C'est à moi que vous appartenez, Rosa.
Nous commençâmes alors le jeu des claques qui n'était qu'une variété du jeu de « chat perché » si en faveur chez les enfants. Notre dortoir était très large : les trois lits, les tables, les toilettes, les chaises, etc., rangés contre le mur laissaient un grand espace libre au milieu.
« C'est moi qui commence », fit lady Clara en se plaçant au milieu de la pièce.
Chaque demoiselle s'installa alors, touchant d'une main un lit ou tout autre meuble et comme Clara tournait le dos, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, celles qui étaient placées favorablement s'approchaient avec précaution d'elle et lui donnaient une bonne claque sur les fesses, s'empressant aussitôt de regagner leurs postes. A ce jeu, le derrière de Clara prit bien vite une jolie teinte rose. Si elle réussissait à rendre la claque à celle qui lui avait donnée avant que celle-ci eût remis la main sur son meuble, c'est cette dernière qui prenait à son tour la place de la fouettée.
Nous nous en donnâmes à cœur joie, le bruit des claques dominait nos joyeuses exclamations ; on s'élançait, on s'échappait ; on glissait quelquefois, et, alors, pour varier le divertissement, la maladroite recevait de toutes les joueuses une fessée générale, jusqu'à ce qu'elle se fût relevée. On pourra s'étonner que de tels jeux ne fussent pas interdits par la maîtresse, mais il était de règle de laisser les élèves s'amuser comme elles l'entendaient dans leur dortoir. Au plus fort de nos ébats, la porte s'ouvrit soudain et Mlle Fosse entra en s'écriant : « Ah! les polissonnes, je vous y prends, hors du lit, la lampe allumée, en train de vous fouetter réciproquement et nues comme des vers encore! Miss Flaybum tolère cela, je n'ai rien à dire, mais vous méritez une bonne fessée ; voyons, mademoiselle Coote, que diriez-vous d'une correction avec ceci? Et elle me montra une jolie petite verge faite de longues et fines brindilles, réunies par un ruban bleu. « Cela vous cinglera sans doute plus qu'une fessée à la main?
— Ah mademoiselle, j'en ai tâté d'autres que celle-ci, trois fois plus fortes, au moins ; mon pauvre grand-père était un rude fouetteur, répliquai-je.
Mademoiselle. — Je croyais que les filles n'étaient fouettées qu'à l'école ; vous me raconterez cela tout au long, n'est-ce pas, miss Rosa.
— Bien volontiers, répondis-je, je ne crois pas qu'aucune de vous ait été témoin de pareilles corrections, répondis-je.
Pendant que nous parlions, la belle française s'était rapidement déshabillée ; elle était très brune, avait des cheveux d'ébène, le front assez bas, de grands yeux étincelants, magnifiquement ombragés d'épais sourcils ; sa physionomie avait une expression délicieuse ; elle délaça son corset, exposant dans sa plénitude sa poitrine de neige, ses deux globes fermes avec leur petite pointe brune. Quoique très blanche, sa peau contrastait avec notre carnation rose.
Mademoiselle. — Où est ma robe de chambre? Voyons, Van Tromp, vous avez dû la cacher.
Louise. — Oh! je vous en prie, déshabillez-vous et jouez avec nous. Vous n'aurez pas tout de suite votre robe de chambre.
Mademoiselle. — Si vous me faites jouer avec vous, tant pis pour vos fesses.
Nous l'entourâmes toutes, et bien qu'elle nous opposât un semblant de résistance, elle fut bientôt dépouillée de tous ses vêtements. Nous lui tirâmes même ses bottines et ses bas. Elle était admirablement faite ; âgée d'environ vingt-six ans, potelée à souhait, elle possédait une merveilleuse chevelure qui, flottant maintenant en liberté, tombait en une épaisse cascade plus bas que le dos, lui couvrant complètement le derrière, si bien qu'elle eût pu s'asseoir dessus. Et quant à celle qui ornait son ventre, il est impossible de l'appeler autrement qu'une « forêt noire ». Ce noir buisson frisé s'étendait sur tout son monticule, jusqu'au nombril et pendait de plusieurs pouces entre ses cuisses.
— Eh bien, mademoiselle Rosa, s'écria-t-elle, en s'asseyant sur le bord de son lit, avez-vous jamais vu une dame plus poilue que moi? Vous savez, mon trésor, c'est le signe d'une nature passionnée.
Elle m'avait attirée sur elle, et, m'étreignant par les fesses, m'embrassait en plaquant ma nudité contre la sienne. « J'adore caresser les petits oiseaux sans plumes comme vous ; vous coucherez quelquefois avec moi ; Van Tromp sera heureuse de m'échanger pour Laura », ajouta-t-elle.
— Nous ne pouvons tolérer cela, crièrent deux ou trois des autres, en nous étreignant et en nous embrassant. Allons, mademoiselle, prenez votre verge et mettez-vous au milieu.
— Très bien, dit l'aimable française, mais il en cuira à celle que j'attraperai.
Nous recommençâmes alors notre jeu et, toutes les fois qu'elle réussissait une prise, elle nous cinglait vertement, dessinant sur nos derrières de longues marques rouges. Sous nos claques multiples, son propre derrière devait joliment lui cuire, mais le jeu semblait tant lui plaire et l'exciter qu'elle s'écria soudain : « Oh! je veux avoir la verge, maintenant, qui va être la maîtresse d'école?
Laura. — Ce sera Rosa! Elle vous chapitrera comme si vous étiez coupable et nous donnera une idée d'une punition dans les règles. Voulez-vous Rosa? Cela nous amusera tant! Essayez et obligez mademoiselle à vous demander pardon de toutes les libertés qu'elle a prises sur vous. Faites, vous serez bien gentille!!
— Oui! Oui! Ce sera très drôle! s'écrièrent les autres, spécialement lady Clara qui s'était déjà assise sur le lit avec Cécile comme partenaire.
Louise. — Mademoiselle veut Rosa pour compagne de lit, cette nuit ; pour la punir, elle va tâter de la verge. Ne l'épargnez pas, Rosa, elle a la peau dure ; venez, Laura, nous passerons la nuit ensemble.
Ainsi sollicitée, je pris la verge et la fit siffler dans l'air en m'écriant : « Je sais m'en servir de la bonne façon, spécialement sur les imprudents postérieurs qui osent me mettre au défi ; allons, mademoiselle, présentez vos fesses sur le bord du lit, écartez bien les cuisses… laissez vos pieds à terre… mais je ferai mieux de vous faire tenir par deux de ces demoiselles ; venez, Laura et Louise, prenez-lui chacune un bras et maintenez-la le nez sur le lit… là… comme ça, c'est parfait, tenez-la ferme, et surtout, ne la laissez pas se relever avant qu'elle ait été bien servie.
Rosa. — Mademoiselle Fosse, vous êtes une personne très dévergondée ; vous vous êtes conduite vis-à-vis de moi de façon cynique ; voulez-vous me demander pardon et me promettre de ne plus recommencer? Tenez! Que dites-vous de ceci… et de cela? Et je lui appliquai deux bons coups au bas du dos.
Mademoiselle. — Oh! Non! Je ne demanderai pas pardon. J'aime bien trop les petits conins sans barbe comme le vôtre.
Rosa. — Qu'osez-vous dire? Je vous apprendrai à être plus respectueuse envers votre maîtresse d'école! Comme cela, est-ce assez fort? Et cette fois-ci? Deux coups vertement appliqués en pleines fesses marquèrent leur trace en rouge et lui arrachèrent une exclamation de souffrance.
Mademoiselle. — Ah! Ah! Ah! trop fort! Oh! Oh! Vous n'y allez pas de main morte, petit démon! Loin de m'arrêter, je frappai de plus belle, si bien qu'elle gigota et se débattit sous les touches sanglantes qui marquèrent sa chair en tous sens.
Rosa. — Petit démon! Ah vraiment. Eh bien! je crois que vous allez me demander aussi pardon pour cela! Malhonnête! Comment osez-vous traiter ainsi votre gouvernante? Mais je vous rabattrai le caquet, quitte à vous mettre le derrière en charpie. Tenez! Tenez! Tenez! Cette fois, ce fut sur la partie sensible des cuisses que je dirigeai mes coups. « Serez-vous encore malhonnête… dites… m'insulterez-vous encore? Hein? Hein? Vous savez… si… si… si je vous cingle… trop fort… vous… vous pouvez me le dire… Ah! Ah! je vois par les contorsions de votre gros cul que cela n'est pas de votre goût.
Tout le temps que je parlais, la verge faisait son office et je la maniais avec discernement, cinglant à chaque fois un endroit différent à coups, tantôt espacés, tantôt précipités. A la fin son postérieur était devenu tout rouge et marbré de boursouflures. Elle faisait des efforts désespérés pour se dégager, mais lady Clara et Cécile vinrent à la rescousse pour la maintenir ; la vue du postérieur rouge et à vif les excitait prodigieusement et elles me criaient : « Bravo! Bravo! Rosa, elle ne pensait pas que vous lui en donneriez de cette façon ; comme c'est amusant de la voir gigoter et se débattre, de l'entendre crier, d'aider à la maintenir », etc., etc.
Enfin, la victime surprise se décida à implorer pardon et à supplier, les larmes dans les yeux, qu'on la lâchât.
Ce fut la fin de ce nocturne divertissement. Nous reprîmes toutes nos chemises de nuit et nous glissâmes dans nos lits, moi en compagnie de Mademoiselle.
— Ah! ma chérie, murmura-t-elle, une fois la lampe éteinte, quand je me trouvai blottie peau à peau contre elle, vous avez rudement réchauffé mon pauvre cul ; avez-vous réellement vu pire que cela, Rosa?
— Oh bien, bien pire! Mademoiselle, j'ai vu le sang ruisseler des fesses à vif.
Tout en parlant, je lui rendais ses caresses, ma main errait dans son buisson touffu, pendant qu'elle chatouillait ma petite fente : « Là, là, bégaya-t-elle, secouez, pincez ce petit morceau de chair », tandis que ma main errait entre les lèvres du réduit moussu, « chatouillez-moi comme je vous chatouille ». Ses attouchements me causaient une sensation que je n'avais jamais éprouvée jusque-là, excepté, peut-être, à la fin de ma dernière fessée.
Ce petit tripotage se prolongea pendant plusieurs minutes et je montrai bien vite une véritable adresse dans ces lascifs amusements, enhardie par ses manières et excitée par mon désir d'explorer avec mes doigts l'intérieur de ce paradis frisotté. Pendant ce temps, elle chatouillait et frottait le portail de ma fente de la façon la plus exquise ; puis soudain, elle m'étreignit contre elle (nos chemises étaient retroussées et nous étions pour ainsi dire nues) et elle m'embrassa sur les lèvres avec une ardeur si voluptueuse qu'un frisson d'extase me secoua des pieds à la tête ; ses doigts frottèrent si savamment l'intérieur de ma petite grotte que je sentis soudain quelque chose s'échapper de ma fente, mouillant ses doigts et mes parties secrètes. Me pressant de plus en plus fort, soupirant et se trémoussant elle s'écriait : « Oh! Oh! Oh! Rosa! allez toujours! frottez, frottez! puis, soudain, elle s'allongea toute, se raidit, et je sentis ma main inondée d'un liquide chaud épais et visqueux.
Après quelques moments de repos elle revint à elle et me dit : « Écoutez, écoutez! Les autres sont en train de faire comme nous ; entendez-vous leurs soupirs? Oh! n'est-ce pas exquis, ma petite Rosa?
— Oui! Oui! murmurai-je d'une voix hésitante, car il me semblait que nous avions commis un acte répréhensible. Oh mademoiselle, est-ce vrai, elles font comme nous? Vous êtes bien gentille de jouer ainsi avec moi.
Mademoiselle. — Bien sûr! Elles font comme nous. C'est le seul plaisir qu'on puisse avoir dans une école. Ah! si vous étiez avec lady Clara ou Van Tromp, vous verriez comme elles déchargent quand elles jouissent!
— Qu'est-ce que c'est, murmurai-je? Est-ce ce que j'ai senti de mouillé sur mes doigts quand vous vous êtes raidie?
Mademoiselle. — Mais oui! Et vous aussi vous êtes mouillée, petite polissonne. Est-ce que la verge ne vous a pas drôlement émoustillée?
Rosa (à voix très basse). — Même quand j'ai été fouettée à en faire couler le sang sur mes cuisses, je devenais à la fin insensible à la souffrance et éprouvais une sensation chaude, délicieuse, qui faisait disparaître toutes les autres.
Mademoiselle. — Rosa, vous êtes un amour! Voudriez-vous éprouver de nouveau la même chose? Je connais un autre moyen et vous n'aurez qu'à répéter sur moi ce que je ferai sur vous ; voulez-vous?
J'accédai volontiers aux désirs de la voluptueuse française qui, renversant nos positions, s'allongea sur le dos et me fit coucher tête-bêche sur elle. Nous retroussâmes nos chemises sous nos aisselles pour mieux jouir du contact de notre nudité et ma figure se trouva enfouie dans la forêt poilue qui ornait le ventre de ma partenaire. Mademoiselle, la figure serrée entre mes cuisses, chatouillait ma petite fente avec quelque chose de doux et de chaud que je reconnus bientôt pour être sa langue. Elle la promenait gentiment tout du long, et, à l'intérieur, aussi loin qu'elle pouvait atteindre ; en même temps un de ses doigts s'était glissé dans le trou de mon derrière et y exécutait un va et vient délicieux.
Pour ne pas rester inactive, j'imitai tous ses mouvements, et plongeant ma figure entre ses cuisses, travaillai de la langue et des doigts dans ses plus secrets parages. Elle se tortilla et remua des fesses surtout lorsque je fus parvenue à introduire un doigt dans le petit trou et que je le fis entrer et sortir comme elle le faisait elle-même.
J'appréciais grandement le charme de ce jeu lascif si nouveau pour moi. Je glissais ma langue et mes doigts dans le réduit si luxurieusement ombragé ; je caressais, pelotais sa fente et ses fesses. De son côté, elle n'était nullement paresseuse à user avec moi de réciprocité et les savantes manœuvres de sa langue dans mon conin portèrent ma surexcitation au paroxysme. Je me démenai peu à peu de la façon la plus lubrique, j'écrasai ma fente sur ses lèvres et, bientôt, dans une sensation impossible à décrire, je sentis un jet traverser mes parties secrètes et j'inondai sa bouche de ma juvénile décharge à l'instant précis où elle récompensait mes soins de la même façon.
Quelques minutes après, nous nous disposions à dormir, non sans nous être promis de bientôt recommencer.
Tel fut mon début dans ma vie de pension ; je ne vous ennuierai pas à vous décrire maintes et maintes scènes semblables qui se déroulèrent par la suite ; je vous dirai simplement qu'il en était de même à peu près chaque nuit ; nous changions fréquemment de partenaires et c'est de là que j'ai pris le goût d'avoir des compagnes de lit, surtout quand elles ont été au préalable bien stimulées par une bonne fessée.
Miss Flaybum usait envers nous de la plus stricte sévérité et fréquemment il nous fallait passer sous la verge qu'elle maniait avec une remarquable virtuosité. Pour ce faire, nous étions, en général, juchées à califourchon sur le dos d'une vigoureuse servante enchantée de jouer son rôle.
Avant de fermer cette lettre, je veux vous donner un échantillon de la façon dont nous étions châtiées à mon époque.
Je ne puis me rappeler exactement pourquoi je subis la fessée en cette circonstance, mais ce dut être pour une réponse impertinente à Miss Herbert, l'institutrice anglaise, vieille fille de trente ans, revêche, qui ne tolérait jamais le moindre manque de respect.
Miss Flaybum prit place sur une sorte de plateforme sur laquelle elle trônait d'habitude quand elle était dans la salle d'études.
Miss Herbert. — Madame, Miss Coote, que voici, a été inconvenante avec moi et m'a traité de vieille bougon.
Miss Flaybum. — C'est d'une rare inconvenance, Miss Rosa Belinda Coote (elle donnait toujours aux pénitentes leur nom tout entier), je vais vous corriger avec la verge ; appelez Maria pour la mettre en tenue.
La vigoureuse Maria arrive aussitôt et me conduit dans une sorte de petit vestiaire consacré à la déesse de la flagellation, si tant est que cette divinité existe ; là, elle me dépouille de tous mes vêtements, sauf ma chemise et mon pantalon, et me fait revêtir un costume de pénitence consistant en une cornette blanche et une longue tunique semblable à une chemise de nuit, serrée au cou et à la taille par une coulisse.
Puis on me ramène devant Miss Flaybum ; je rougis profondément en me voyant le point de mire de mes camarades en ce dégradant costume.
Maria dépose à mes pieds une poignée de verges réunies par un joli ruban ; il me faut la ramasser, l'embrasser avec respect et demander à ma maîtresse de m'en fouetter vigoureusement. Ceci était terriblement mortifiant, surtout la première fois, et malgré la familiarité qui régnait entre nous, dans le dortoir.
Miss Flaybum, se levant avec une grande dignité, fait un geste de la main et Miss Herbert, assistée par l'institutrice allemande Frau Bildaur, me fait grimper sur le large dos de Maria et épingle le vêtement au-dessus de ma taille ; puis, avec un plaisir évident, elle écarte largement la fente de mon pantalon, de façon à bien étaler mes fesses nues ; plus compatissante, la jeune allemande me jette un regard de sympathie.
Miss Flaybum. — Je vais vous administrer une douzaine de coups et puis vous demanderez pardon à Miss Herbert.
Méthodiquement comptés, les coups s'abattent alors vigoureusement appliqués, et la verge s'enfonce dans mes globes élastiques avec un son mat. Mes fesses qui ressentent vivement la morsure de l'instrument, sont bien vite rouges et congestionnées. La vue de mon postérieur qui se tortille doit être un exemple édifiant pour mes compagnes dont ce peut être le tour d'un moment à l'autre. Bien que je me démène et pousse les hauts cris en témoignage de ma souffrance, ce que je ressens n'est qu'une caresse auprès de ce que j'avais souffert entre les mains de Sir Eyre ou de Mme Mansell. La partie la plus désagréable de la punition était la dégradante cérémonie qui la précédait et le ridicule costume qu'il fallait endosser.
La douzaine bien et dûment reçue, j'eus d'abord à demander pardon à Miss Herbert, puis à embrasser de nouveau la verge et à remercier Miss Flaybum de ce qu'elle appelait son indulgente correction. On me permit alors de me retirer et de reprendre mes vêtements. Je pourrais vous décrire maintes scènes analogues, mais dans ma prochaine lettre, je vous raconterai, avec mes adieux à la vie de pension, la vengeance que nous exerçâmes sur Miss Flaybum et la gouvernante anglaise.
Je reste, chère Nelly, votre affectionnée
Rosa Belinda Coote.
LETTRE V
Ma chère Nelly,