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LE TOUR DU MONDE
PARIS
IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
20, rue du Dragon, 20
NOUVELLE SÉRIE — 11e ANNÉE 2e SEMESTRE
LE TOUR DU MONDE
JOURNAL
DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS
Le Tour du Monde
a été fondé par Édouard Charton
en 1860
PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
1905
Droits de traduction et de reproduction réservés.
TABLE DES MATIÈRES
L'ÉTÉ AU KACHMIR
Par Mme F. MICHEL
I. De Paris à Srinagar. — Un guide pratique. — De Bombay à Lahore. — Premiers préparatifs. — En tonga de Rawal-Pindi à Srinagar. — Les Kachmiris et les maîtres du Kachmir. — Retour à la vie nomade. 1
II. La «Vallée heureuse» en dounga. — Bateliers et batelières. — De Baramoula à Srinagar. — La capitale du Kachmir. — Un peu d'économie politique. — En amont de Srinagar. 13
III. Sous la tente. — Les petites vallées du Sud-Est. — Histoires de voleurs et contes de fées. — Les ruines de Martand. — De Brahmanes en Moullas. 25
IV. Le pèlerinage d'Amarnath. — La vallée du Lidar. — Les pèlerins de l'Inde. — Vers les cimes. — La grotte sacrée. — En dholi. — Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37
V. Le pèlerinage de l'Haramouk. — Alpinisme funèbre et hydrothérapie religieuse. — Les temples de Vangâth. — Frissons d'automne. — Les adieux à Srinagar. 49
SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
Par le docteur LAMY
Médecin-major des troupes coloniales.
I. Voyage dans la brousse. — En file indienne. — Motéso. — La route dans un ruisseau. — Denguéra. — Kodioso. — Villes et villages abandonnés. — Où est donc Bettié? — Arrivée à Dioubasso. 61
II. Dans le territoire de Mopé. — Coutumes du pays. — La mort d'un prince héritier. — L'épreuve du poison. — De Mopé à Bettié. — Bénie, roi de Bettié, et sa capitale. — Retour à Petit-Alépé. 73
III. Rapports et résultats de la mission. — Valeur économique de la côte d'Ivoire. — Richesse de la flore. — Supériorité de la faune. 85
IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam. — Deuils nombreux. — Retour en France. 90
L'ÎLE D'ELBE
Par M. PAUL GRUYER
I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. — Deux mots d'histoire. — Débarquement à Porto-Ferraio. — Une ville d'opéra. — La «teste di Napoleone» et le Palais impérial. — La bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. — Offre à Napoléon III, après Sedan. — La bibliothèque de l'Empereur. — Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du poète. — Un enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des limbes. — Les différentes routes de l'île. 97
II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. — Soir tempétueux et morne tristesse. — L'ascension du Monte Giove. — Un village dans les nuées. — L'Ermitage de la Madone et la «Sedia di Napoleone». — Le vieux gardien de l'infini. «Bastia, Signor!». Vision sublime. — La côte orientale de l'île. Capoliveri et Porto-Longone. — La gorge de Monserrat. — Rio 1 Marina et le monde du fer. 109
III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe. — Installation aux Mulini. — L'Empereur à la gorge de Monserrat. — San Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et le miroir de la Vérité. — L'Empereur transporte ses pénates sur le Monte Giove. — Elbe perdue pour la France. — L'ancien Musée de San Martino. Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le lit de Madame Mère. — Où il faut chercher à Elbe les vraies reliques impériales. «Apollon gardant ses troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de la signorina Squarci. — L'église de l'archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. — Le vieil aveugle de Porto-Ferraio. 121
D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
Par M. VICTOR CHAPOT
membre de l'École française d'Athènes.
I. — Alexandrette et la montée de Beïlan. — Antioche et l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. — La route d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. — Premier aperçu d'Alep. 133
II. — Ma caravane. — Village d'Yazides. — Nisib. — Première rencontre avec l'Euphrate. — Biredjik. — Souvenirs des Hétéens. — Excursion à Resapha. — Comment atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter? — Enfin à Orfa! 145
III. — Séjour à Orfa. — Samosate. — Vallée accidentée de l'Euphrate. — Roum-Kaleh et Aïntab. — Court repos à Alep. — Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. — Huit jours trappiste! — Conclusion pessimiste. 157
LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
Par M. RAYMOND BEL
À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou Australie? Le condominium anglo-français de 1887. — L'œuvre de M. Higginson. — Situation actuelle des îles. — L'influence anglo-australienne. — Les ressources des Nouvelles-Hébrides. — Leur avenir. 169
LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
Par M. ALBERT THOMAS
I. — Moscou. — Une déception. — Le Kreml, acropole sacrée. — Les églises, les palais: deux époques. 182
II. — Moscou, la ville et les faubourgs. — La bourgeoisie moscovite. — Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le Kreml et la ville. 193
III. — La foire de Nijni: marchandises et marchands. — L'œuvre du commerce. — Sur la Volga. — À bord du Sviatoslav. — Une visite à Kazan. — La «sainte mère Volga». 205
IV. — De Samara à Tomsk. — La vie du train. — Les passagers et l'équipage: les soirées. — Dans le steppe: l'effort des hommes. — Les émigrants. 217
V. — Tomsk. — La mêlée des races. — Anciens et nouveaux fonctionnaires. — L'Université de Tomsk. — Le rôle de l'État dans l'œuvre de colonisation. 229
VI. — Heures de retour. — Dans l'Oural. — La Grande-Russie. — Conclusion. 241
LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
Par M. GERSPACH
La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. — Un peu d'histoire et de géographie. — La cathédrale de Saint-Laurent. — L'église Sainte-Marie-des-Anges. — Lugano, la ville des fresques. — L'œuvre du Luini. — Procédés employés pour le transfert des fresques. 253
SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
Par M. ÉMILE DESCHAMPS
I. — Woo-Sung. — Au débarcadère. — La Concession française. — La Cité chinoise. — Retour à notre concession. — La police municipale et la prison. — La cangue et le bambou. — Les exécutions. — Le corps de volontaires. — Émeutes. — Les conseils municipaux. 265
II. — L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï. — Pharmacie chinoise. — Le camp de Kou-ka-za. — La fumerie d'opium. — Le charnier des enfants trouvés. — Le fournisseur des ombres. — La concession internationale. — Jardin chinois. — Le Bund. — La pagode de Long-hoa. — Fou-tchéou-road. — Statistique. 277
L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
Par M. BARGY
Le problème de la civilisation des nègres. — L'Institut Hampton, en Virginie. — La vie de Booker T. Washington. — L'école professionnelle de Tuskegee, en Alabama. — Conciliateurs et agitateurs. — Le vote des nègres et la casuistique de la Constitution. 289
À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
Par le Major PERCY MOLESWORTH SYKES
Consul général de S. M. Britannique au Khorassan.
I. — Arrivée à Astrabad. — Ancienne importance de la ville. — Le pays des Turkomans: à travers le steppe et les Collines Noires. — Le Khorassan. — Mechhed: sa mosquée; son commerce. — Le désert de Lout. — Sur la route de Kirman. 301
II. — La province de Kirman. — Géographie: la flore, la faune; l'administration, l'armée. — Histoire: invasions et dévastations. — La ville de Kirman, capitale de la province. — Une saison sur le plateau de Sardou. 313
III. — En Baloutchistan. — Le Makran: la côte du golfe Arabique. — Histoire et géographie du Makran. — Le Sarhad. 325
IV. — Délimitation à la frontière perso-baloutche. — De Kirman à la ville-frontière de Kouak. — La Commission de délimitation. — Question de préséance. — L'œuvre de la Commission. — De Kouak à Kélat. 337
V. — Le Seistan: son histoire. — Le delta du Helmand. — Comparaison du Seistan et de l'Égypte. — Excursions dans le Helmand. — Retour par Yezd à Kirman. 349
AUX RUINES D'ANGKOR
Par M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES
De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang. — À la rame sur le Grand-Lac. — Les charrettes cambodgiennes. — Siem-Réap. — Le temple d'Angkor. — Angkor-Tom — Décadence de la civilisation khmer. — Rencontre du second roi du Cambodge. — Oudong-la-Superbe, capitale du père de Norodom. — Le palais de Norodom à Pnôm-penh. — Pourquoi la France ne devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361
EN ROUMANIE
Par M. Th. HEBBELYNCK
I. — De Budapest à Petrozeny. — Un mot d'histoire. — La vallée du Jiul. — Les Boyards et les Tziganes. — Le marché de Targu Jiul. — Le monastère de Tismana. 373
II. — Le monastère d'Horezu. — Excursion à Bistritza. — Romnicu et le défilé de la Tour-Rouge. — De Curtea de Arges à Campolung. — Défilé de Dimboviciora. 385
III. — Bucarest, aspect de la ville. — Les mines de sel de Slanic. — Les sources de pétrole de Doftana. — Sinaïa, promenade dans la forêt. — Busteni et le domaine de la Couronne. 397
CROQUIS HOLLANDAIS
Par M. Lud. GEORGES HAMÖN
Photographies de l'auteur.
I. — Une ville hollandaise. — Middelburg. — Les nuages. — Les boerin. — La maison. — L'éclusier. — Le marché. — Le village hollandais. — Zoutelande. — Les bons aubergistes. — Une soirée locale. — Les sabots des petits enfants. — La kermesse. — La piété du Hollandais. 410
II. — Rencontre sur la route. — Le beau cavalier. — Un déjeuner décevant. — Le père Kick. 421
III. — La terre hollandaise. — L'eau. — Les moulins. — La culture. — Les polders. — Les digues. — Origine de la Hollande. — Une nuit à Veere. — Wemeldingen. — Les cinq jeunes filles. — Flirt muet. — Le pochard. — La vie sur l'eau. 423
IV. — Le pêcheur hollandais. — Volendam. — La lessive. — Les marmots. — Les canards. — La pêche au hareng. — Le fils du pêcheur. — Une île singulière: Marken. — Au milieu des eaux. — Les maisons. — Les mœurs. — Les jeunes filles. — Perspective. — La tourbe et les tourbières. — Produit national. — Les tourbières hautes et basses. — Houille locale. 433
ABYDOS
dans les temps anciens et dans les temps modernes
Par M. E. AMELINEAU
Légende d'Osiris. — Histoire d'Abydos à travers les dynasties, à l'époque chrétienne. — Ses monuments et leur spoliation. — Ses habitants actuels et leurs mœurs. 445
VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
Par M. JULES BROCHEREL
I. — De Tachkent à Prjevalsk. — La ville de Tachkent. — En tarentass. — Tchimkent. — Aoulié-Ata. — Tokmak. — Les gorges de Bouam. — Le lac Issik-Koul. — Prjevalsk. — Un chef kirghize. 457
II. — La vallée de Tomghent. — Un aoul kirghize. — La traversée du col de Tomghent. — Chevaux alpinistes. — Une vallée déserte. — Le Kizil-tao. — Le Saridjass. — Troupeaux de chevaux. — La vallée de Kachkateur. — En vue du Khan-Tengri. 469
III. — Sur le col de Tuz. — Rencontre d'antilopes. — La vallée d'Inghiltchik. — Le «tchiou mouz». — Un chef kirghize. — Les gorges d'Attiaïlo. — L'aoul d'Oustchiar. — Arrêtés par les rochers. 481
IV. — Vers l'aiguille d'Oustchiar. — L'aoul de Kaënde. — En vue du Khan-Tengri. — Le glacier de Kaënde. — Bloqués par la neige. — Nous songeons au retour. — Dans la vallée de l'Irtach. — Chez le kaltchè. — Cuisine de Kirghize. — Fin des travaux topographiques. — Un enterrement kirghize. 493
V. — L'heure du retour. — La vallée d'Irtach. — Nous retrouvons la douane. — Arrivée à Prjevalsk. — La dispersion. 505
VI. — Les Khirghizes. — L'origine de la race. — Kazaks et Khirghizes. — Le classement des Bourouts. — Le costume khirghize. — La yourte. — Mœurs et coutumes khirghizes. — Mariages khirghizes. — Conclusion. 507
L'ARCHIPEL DES FEROÉ
Par Mlle ANNA SEE
Première escale: Trangisvaag. — Thorshavn, capitale de l'Archipel; le port, la ville. — Un peu d'histoire. — La vie végétative des Feroïens. — La pêche aux dauphins. — La pêche aux baleines. — Excursions diverses à travers l'Archipel. [517]
PONDICHÉRY
chef-lieu de l'Inde française
Par M. G. VERSCHUUR
Accès difficile de Pondichéry par mer. — Ville blanche et ville indienne. — Le palais du Gouvernement. — Les hôtels de nos colonies. — Enclaves anglaises. — La population; les enfants. — Architecture et religion. — Commerce. — L'avenir de Pondichéry. — Le marché. — Les écoles. — La fièvre de la politique. 529
UNE PEUPLADE MALGACHE
LES TANALA DE L'IKONGO
Par M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ
I. — Géographie et histoire de l'Ikongo. — Les Tanala. — Organisation sociale. Tribu, clan, famille. — Les lois. 541
II. — Religion et superstitions. — Culte des morts. — Devins et sorciers. — Le Sikidy. — La science. — Astrologie. — L'écriture. — L'art. — Le vêtement et la parure. — L'habitation. — La danse. — La musique. — La poésie. 553
LA RÉGION DU BOU HEDMA
(sud tunisien)
Par M. Ch. MAUMENÉ
Le chemin de fer Sfax-Gafsa. — Maharess. — Lella Mazouna. — La forêt de gommiers. — La source des Trois Palmiers. — Le Bou Hedma. — Un groupe mégalithique. — Renseignements indigènes. — L'oued Hadedj et ses sources chaudes. — La plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. — Bir Saad. — Manoubia. — Khrangat Touninn. — Sakket. — Sened. — Ogla Zagoufta. — La plaine et le village de Mech. — Sidi Abd el-Aziz. 565
DE TOLÈDE À GRENADE
Par Mme JANE DIEULAFOY
I. — L'aspect de la Castille. — Les troupeaux en transhumance. — La Mesta. — Le Tage et ses poètes. — La Cuesta del Carmel. — Le Cristo de la Luz. — La machine hydraulique de Jualino Turriano. — Le Zocodover. — Vieux palais et anciennes synagogues. — Les Juifs de Tolède. — Un souvenir de l'inondation du Tage. 577
II. — Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. — Les pupilles de l'évêque Siliceo. — Santo Tomé et l'œuvre du Greco. — La mosquée de Tolède et la reine Constance. — Juan Guaz, premier architecte de la Cathédrale. — Ses transformations et adjonctions. — Souvenirs de las Navas. — Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique est son exécutrice testamentaire. — Ximénès. — Le rite mozarabe. — Alvaro de Luda. — Le porte-bannière d'Isabelle à la bataille de Toro. 589
III. — Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les chroniques. — San Juan de los Reyes. — L'hôpital de Santa Cruz. — Les Sœurs de Saint-Vincent de Paul. — Les portraits fameux de l'Université. — L'ange et la peste. — Sainte-Léocadie. — El Cristo de la Vega. — Le soleil couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601
IV. — Les «cigarrales». — Le pont San Martino et son architecte. — Dévouement conjugal. — L'inscription de l'Hôtel de Ville. — Cordoue, l'Athènes de l'Occident. — Sa mosquée. — Ses fils les plus illustres. — Gonzalve de Cordoue. — Les comptes du Gran Capitan. — Juan de Mena. — Doña Maria de Parèdes. — L'industrie des cuirs repoussés et dorés. 613
TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.—44e LIV. No 44.—4 Novembre 1905.
«L'ESPOIR DES FEROÉ» SE RENDANT À L'ÉCOLE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
L'ARCHIPEL DES FEROÉ
Par Mlle ANNA SÉE.
Première escale: Trangisvaag. — Thorshavn, capitale de l'Archipel; le port, la ville. — Un peu d'histoire. — La vie végétative des Feroïens. — La pêche aux dauphins. — La pêche aux baleines. — Excursions diverses à travers l'Archipel.
LES ENFANTS TRANSPORTENT LA TOURBE DANS DES HOTTES EN BOIS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Par un pâle soleil qui ressemble plutôt à la lune, ou mieux encore à un hublot couvert de buée, le navire sur lequel je m'étais embarquée en Écosse arrive aux Feroé. Ce sont d'abord des îlots isolés, des falaises de basalte minées par le heurt des vagues qui s'empanachent en se choquant contre les écueils et les brisants. Des corniches en zéolithe dessinent des ornements déchiquetés comme des franges. Au gré des vents, les brouillards se massent à la manière d'un store qu'on remonterait, puis s'étalent, se diluent, s'aplatissent pour se saucissonner et se dérouler de nouveau.
Trangisvaag, capitale de l'île Sunderoe, est la première escale. Que c'est étrange et pittoresque! Des roulottes sans roues, des cabines de bains, de petites arches de Noé en bois noir, jaune ou brun. Portes et fenêtres sont encadrées de lattes blanches; le toit est en tourbe gazonnée dont les mottes reposent sur une triple couche d'écorce de bouleau. Quelques toits en zinc ondulé détonnent dans ce paysage primitif. Jusqu'à présent, il n'y en a guère encore que sur les hangars où l'on sale les poissons; mais on peut prévoir le jour où tous les Feroïens se laisseront séduire par ces banales feuilles métalliques qui déflorent un peu déjà tous les pays, des pôles aux tropiques.
Presque tous les toits sont maintenus par des chaînes ou des cordes terminées par des blocs de basalte, car le vent est terrible ici; il ricochette contre les rochers, et ses chocs en retour sont d'une violence à produire des catastrophes; il renverse les hommes, fait rouler les pierres, démolit les constructions, provoque les naufrages.
Dans des prés où foisonnent les boutons-d'or et des violettes sans parfum, tout le long des sentiers à peine frayés, sèchent des morues et des quartiers de dauphins. Ils forment des guirlandes sur les murs, des chapelets aux parois des maisonnettes, et y restent pendant des mois ou des années, jusqu'à ce que le froid, le vent et la poussière les aient rendus assez coriaces pour que les Feroïens les jugent comestibles.
Un peu curieusement et indiscrètement, je suis entrée dans une maison dont une pièce sombre occupait le rez-de-chaussée, l'unique étage. Une femme, un enfant et un chat gris regardaient une marmite où bouillaient des tranches de dauphin et des pommes de terre. Seul, le chat a légèrement tourné la tête pour voir qui était là.
Cette indifférence est très caractéristique; l'apathie, la non-curiosité des Feroïens va presque jusqu'à l'abrutissement. Ils ne pensent à rien, tout en étant absorbés comme des gens qui réfléchiraient profondément....
Quittant le fjord au fond duquel est blotti Trangisvaag, le vapeur circule entre les îles basaltiques où les zéolithes scintillent comme des paillettes d'acide borique. Plusieurs îles sont de ces abris d'oiseaux, dits fuglebjerg, où nichent par centaines de mille, par millions, tous les oiseaux qu'il est prohibé de tuer, les luntes, les puffins ou seepapagei si grotesques avec leur énorme bec rouge, les pétrels, les cormorans, les mauves, les mouettes, les canards eiders. Sur les crêtes gazonnées des falaises broutent et gambadent des poneys sauvages et des moutons.
Puis, un de ces couloirs d'eau s'évase pour former la baie de Thorshavn dont les courants et les tourbillons rendent l'accès difficile, mais qui est un abri excellent pour les bateaux qui y jettent l'ancre.
Les brouillards qui sévissaient depuis les Shetland, ont augmenté d'intensité. Un canot, une yawl indigène est venue vers nous, gouvernée par un vieillard à très longue barbe blanche. Sa barque une fois remplie de passagers pressés d'atterrir, il s'est éloigné, s'effaçant lentement dans les brumes, et se dirigeant vers la petite ville de rêve qu'on discernait vaguement là-bas, dans l'horizon moite et tout proche.
À l'aube, lorsque les vapeurs se furent un peu dissipées, Thorshavn apparut, construite en amphithéâtre au fond du petit golfe. La capitale de l'île de Stromœ et de tout l'Archipel est à peine plus grande que le chef-lieu de Sunderoe. Quelques centaines de pêcheurs habitent des chalets en planches goudronnées et vernies, semblables à ceux de Trangisvaag.
Le gros bourg de Thorshavn (1 600 habitants) est le siège du Gouvernement. Le palais du Gouverneur domine le village. Il est en pierre, avec un toit d'ardoises. Sur une éminence, presque hors ville, le Consulat anglais laisse flotter le pavillon britannique devant une maison construite à la mode du pays, en sapin enduit de goudron de Finlande et de vernis.
L'Angleterre est le seul pays qui ait un consul de carrière pour réglementer les conflits de ses nationaux avec les indigènes. Les autres nations n'ont à Thorshavn que des agents consulaires. Celui de la France, M. Lutzen, est un négociant fort aimable et complaisant, qui parle bien l'anglais, mais ne sait pas un mot de français. Heureusement que M. Montaigu de Villiers, le consul anglais, est là pour parler français à ceux de nos compatriotes qui n'entendraient pas l'anglais. M. Lutzen vous reçoit dans sa boutique encombrée de marchandises d'importation danoise ou anglaise et de produits indigènes: tapis, vadmel (la flanelle du pays), bas, gants ou fichus tricotés, mocassins et sacs en peau de phoque ou de mouton.
THORSHAVN APPARUT, CONSTRUITE EN AMPHITHÉÂTRE, AU FOND D'UN PETIT GOLFE.
Tout près de là, le port, combien rudimentaire et sordide! Ce n'est qu'une petite anse, qu'aucune construction n'autorise à appeler port. Les têtes décapitées des morues pourrissent par terre, en tas. Sous un hangar, il y a des amas d'une laitance jaune-rose qui servira à amorcer d'autres pêches. Le toit de métal de la sécherie de poissons est couvert de petites morues ouvertes et vidées: des triangles blanchâtres avec une bande transversale grise, et qui exhalent une odeur désagréable.
LES FERMIERS DE KIRKESOE EN HABITS DE FÊTE (page 528).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Tout, ici, rappelle les âges antérieurs tels que les évoquent les vieilles sagas. À peu d'exceptions près, les Feroïens, comme jadis, n'ont pas de nom patronymique. Ils n'ont qu'un prénom, et celui de leur père leur tient lieu de nom de famille; ils s'appellent, par exemple: Hanssen, Jenssen ou Arnoldsen (fils de Hans, de Jens, d'Arnold). Les prénoms les plus usités sont: Olaf, Jakob, Peter, Ole, Bille, Nils, Andreas, Jens, Isak, Harald; et pour les filles: Nicline, Elsa, Conradine, Karen, Thurid, Olufa, Sigrid, Olewine, Gudrid, Gudrun, Maren, Astrid, Borgil. Cela seul suffit pour vous dépayser.
De quelle vie âpre et monotone, misérable et presque sauvage vivent les insulaires! Pas d'autre bétail que des moutons dont des corbeaux innombrables disputent aux hommes les agneaux; car il n'y a pas de bergeries, les animaux vivant dehors, en liberté.
Il en est de même des poneys, qu'on n'a jamais pu monter. Peut-être n'a-t-on pas essayé de les dresser: en Islande, les petits chevaux de même race sont très apprivoisés et se laissent parfaitement seller. Aux Feroé, c'est tout au plus s'ils servent au transport de la tourbe et des poissons secs dont on remplit des caisses en bois ficelées sur des bâts grossiers. La plupart du temps, le poney feroïen est un animal ni utile ni nuisible, qui galope dans les landes sans que personne se soucie de lui.
Ce sont les moutons qui ont valu aux îles leur nom de Feroé. Dans la langue scandinave du XIIe siècle, fœr voulait dire brebis, et ey île. D'après d'autres étymologistes, le nom des Feroé signifierait: îles lointaines.
Le docteur Bourel-Roncière dit que les Feroé sont connues depuis une vingtaine de siècles au moins. En tout cas, Pline parle d'elles, et les appelle Electrides ou l'Ultime Thulé. Il faut avouer toutefois que sur cette époque primitive les documents sont plutôt rares.
Au Moyen Âge, les pirates normands y faisaient escale, et ce furent probablement eux qui y acclimatèrent les moutons, dont ils laissèrent des troupeaux pour leur ravitaillement.
La postérité de ces hardis pirates a bien dégénéré. Le Feroïen moderne, uniquement préoccupé du souci de sa vie matérielle et obstinément réfractaire au progrès, s'entête dans sa routine séculaire. Ce que faisaient ses pères était bien fait; point n'est besoin d'inventions nouvelles qui sont peut-être meilleures, peut-être pires. Ainsi, le marin feroïen s'embarque sur des yawls ou de petits voiliers d'une forme gracieuse et surannée, il se sert des mêmes engins de pêche que ses ancêtres: lignes, hameçons, filets, pendant que les trawlers de Grimsby, de Hull, d'Aberdeen emploient des chaluts perfectionnés qui commettent d'irréparables dégâts, car, tout en ramassant profusément les harengs et les morues, ils arrachent les herbes marines, anéantissant de la sorte les millions d'œufs qu'y dépose chaque femelle.
Les indigènes voient d'un mauvais œil ces étrangers qui viennent s'enrichir à leurs dépens. Et ils traitent volontiers de voleurs et de brigands les habiles pêcheurs qu'ils voient s'éloigner au bout de peu de semaines avec un butin qui peut être évalué de 300 à 1 000 livres.
Pour obvier au danger de dépopulation des mers feroïennes, le Gouvernement danois avait édicté des lois prohibant aux chalutiers de pêcher à moins de 3 milles des côtes, sous peine de détention des engins de pêche, du poisson capturé, et d'une amende de 20 à 400 couronnes (une couronne vaut 1 fr. 40). La loi du 8 juillet 1902 a porté l'amende de 200 jusqu'à 2 000 couronnes; à 4 000 couronnes et à la confiscation du chalutier, s'il y a récidive.
La vie des Feroïens est âpre et sévère; mais ils ne sont pas très à plaindre, car, ne soupçonnant pas d'autre existence que celle qu'ils mènent, ils ne peuvent pas faire les comparaisons qui leur révéleraient combien misérable est leur sort.
Les vieux se souviennent comme d'un affreux cauchemar de leurs misères passées, et de l'existence lamentable que supportèrent leurs grands-parents. Les Feroïens furent opprimés pendant une partie de leur histoire; les vainqueurs les tyrannisaient et les exploitaient: interdiction, sous peine d'emprisonnement et d'amendes disproportionnées, de vendre, d'acheter ou d'échanger quoi que ce soit, hors des magasins royaux.
LES PONEYS FEROÏENS ET LEURS CAISSES À TRANSPORTER LA TOURBE (page [519]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
La misère était grande. Les marchands royaux imposaient des tarifs arbitraires, donnant des prix dérisoires des produits locaux, évaluant par contre à des sommes exorbitantes leurs propres marchandises. Comme il s'agissait d'objets de première nécessité, les Feroïens étaient obligés de subir les conditions qu'exigeaient ces rapaces; et, tout en trimant comme des forcenés, ils vivaient mal. D'abord, s'insurgeant contre les lois draconiennes qu'édictaient leurs tyrans, ils bravèrent leurs maîtres; les exactions de ceux-ci légitimèrent les fraudes et les révoltes; mais, durement furent réprimées toutes velléités d'indépendance. Les Feroïens s'étant fait apporter clandestinement par les matelots des marchandises, les cachèrent sous les toits, les marches de l'escalier, ou dans l'épaisseur des murs. Ces subterfuges ayant été découverts, on châtia les malins comme s'ils avaient commis des crimes. Et, découragés, les vaincus se laissèrent dépouiller.
Depuis 1874 seulement, le commerce est libre. Le roi Christian de Danemark a abrogé toutes les ordonnances vexatoires. Aujourd'hui, la métropole est maternelle aux Feroïens. Elle les administre sagement, tout en respectant leurs libertés. Elle leur envoie un amtmand (gouverneur ou préfet), un sorenskriver, des baillis. Les médecins, les pharmaciens sont des fonctionnaires danois. Et Copenhague contribuera probablement à l'installation du télégraphe Marconi, installation dont les Anglais veulent prendre l'initiative.
Mais les Feroïens sont restés déprimés et meurtris de trop de coups si longtemps supportés. Les longues persécutions acharnées leur ont donné une empreinte indélébile de résignation abrutie, et ce je ne sais quoi d'effarouché, de «chien battu», qu'ont les créatures qui, de génération en génération, vécurent en supportant de si dures privations, et furent traquées sans merci.
LES DÉNICHEURS D'OISEAUX SE SUSPENDENT À DES CORDES ARMÉES D'UN CRAMPON (page [524]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Ils ont de mornes habitudes, sans désir d'amélioration ni de changement. La situation actuelle ne représente-t-elle pas d'ailleurs à ces esprits peu exigeants le nec plus ultra? Leur imagination ne leur peint rien.
Le Feroïen vit strictement, sans but ni intérêt:
«Il respire
Pour respirer, sans plus, et ne songer à rien.»
Travailler pour gagner au jour le jour de quoi manger et boire, avoir un toit et des vêtements chauds, du feu et de la lumière, voilà tout; la vie n'a rien d'autre à lui offrir. Le superflu ne lui est pas nécessaire, l'indispensable lui suffit.
Avec une telle conception de la vie, le Feroïen végète plutôt qu'il ne vit. Il ne se passionne pour rien, et rien ne l'intrigue. Il ignore l'étonnement, «une des formes les plus délicates du plaisir».
Dans les pays peu fréquentés par les voyageurs, les rares étrangers excitent généralement la curiosité des naturels. Tout au moins, les enfants les harcèlent, les suivent, les examinent avidement. Aux Feroé, loin de vous regarder comme une bête curieuse, il semble qu'ils ne s'aperçoivent même pas de votre présence. Doux et timorés, inoffensifs, insignifiants et timides presque jusqu'à la sauvagerie, ils font entendre, lorsqu'ils passent devant vous, une sorte de grognement. Vous vous demandez quelle malédiction ils peuvent bien murmurer, de ce ton hostile et bourru, avec cet air de pester contre vous, et presque de vous menacer. Et l'on est d'autant plus perplexe qu'ils s'expriment dans leur langue, qui dérive du scandinave, et qui est incompréhensible pour ceux qui ne l'ont pas spécialement étudiée. Et puis, l'on finit par apprendre qu'ils veulent être aimables, et qu'ils disent simplement bonjour.
Le manque de communications avec le reste du monde ne contribue pas peu à les maintenir dans leur marasme séculaire. Hors quelques petits vapeurs norvégiens qui apportent le bois de construction et le charbon, le service des transports est accaparé par les navires postaux danois, dont les tarifs sont trop élevés. Il est à présumer que les Anglais organiseront une concurrence qui obligera la Compagnie danoise à modifier ses prix: pour un baril de pétrole expédié d'Écosse aux Feroé, on paie 5 shillings (6 fr. 25). Les métaux, le sel, les farines, le thé, le café, la margarine, le fromage, les conserves, les allumettes sont taxés à l'avenant.
Heureusement encore qu'il n'y a pas de douane, sauf pour les alcools qui sont lourdement grevés, la métropole cherchant à enrayer ainsi l'intoxication par les eaux-de-vie et les liqueurs fortes.
Aux Feroé, personne n'est riche, mais personne non plus ne meurt de faim. L'argent, du reste, y est presque inconnu. Chaque habitant a droit à un lopin de terre sur lequel il bâtit lui-même sa demeure, vers l'âge où il pense au mariage, entre 20 et 25 ans. Outre la tourbe et les blocs de basalte qu'ils trouvent sur place, ils emploient du bois et quelques pièces de métal qu'ils échangent contre de la laine, du poisson, des oiseaux. Chacun a aussi un champ, un lot de la lande et une portion de tourbière.
Comme ils ne comprennent pas encore la convention monétaire, et qu'ils se méfient du métal autant que du papier, tout leur sert d'étalon: l'aune de vadmel est évaluée un certain nombre de poissons, une certaine quantité de plumes ou d'œufs. Les corbeaux servaient aussi d'étalon monétaire: à cause des grands ravages qu'ils faisaient parmi les agneaux et les oiseaux utiles, on allouait des primes à ceux qui les détruisaient, et le bec de corbeau représentait une valeur marchande. On m'a raconté que, pendant longtemps, l'entrée de la salle de danse se payait de cette étrange monnaie. Et le Dr Labonne écrit que «chaque pêcheur, avant l'importation du fusil, était tenu d'apporter à la Cour de Justice, le jour de saint Olaüs, deux becs de corbeau, sous peine de payer une amende dite roven fine (amende du corbeau)».
Peu de distractions. Le dimanche, d'où le rigorisme protestant bannit toute activité, est évidemment le jour où ils s'ennuient le plus; ils s'en vont, les bras ballants, arpentant les venelles qui séparent les maisons et les jardinets chétifs. Ou bien, assis au bord de l'eau, ils regardent dans le vague, sous l'œil protecteur d'un policeman ventripotent.
Cependant, la jeunesse cherche à se distraire. Dans les yawls à 10, 16, 20 rameurs, on excursionne dans les alentours. Le soir, on se réunit pour danser dans une salle qui appartient à M. Restorf, le boulanger-pâtissier-confiseur.
DES ÎLOTS ISOLÉS, DES FALAISES DE BASALTE RUINÉES PAR LE HEURT DES VAGUES (page [517]).—D'APRÈS DES PHOTOGRAPHIES.
Les femmes, qui sont de taille moyenne et plutôt trapues, portent une robe en vadmel, sorte de flanelle tissée avec la laine qu'elles-mêmes ont cardée et filée. Elles se coiffent d'un fichu tricoté ou d'un chapeau de paille dont la calotte est simplement entourée d'un ruban vert ou brun clair. Les hommes ont une veste à boutons de métal, une culotte en vadmel, des sandales en peau de phoque ou de mouton; leur coiffure, à mille raies bleues et rouges, est d'une forme mal définie: chacun la plie ou la roule à son gré, en fait un colback ou un bonnet de police, un bonnet de coton ou une casquette de cocher de diligence, un bonnet phrygien ou napolitain. Toute la population, qui est blonde, avec un visage très coloré, est entassée dans la sombre petite salle de bal. Ils dansent, ou plutôt ils tournent. Pas d'orchestre, pas même un crincrin ou un accordéon: hommes et femmes se tenant par la main dansent des rondes en chantant les sagas traditionnelles qui célèbrent les héros et les dieux, les Wikings ou enfants des anses, le Walhalla où les Valkyries servent aux Ases l'hydromel et la chair inépuisable du sanglier Skrimmer. Quand l'air est triste, ils vont lentement; ils courent, se tirant les uns les autres, quand la musique est joyeuse et accompagne un poème d'amour ou un chant de victoire. Ils s'ébattent lourdement, s'amusent avec une gravité comique. On dirait plutôt des êtres qui accomplissent un devoir fastidieux, que des jeunes gens qui se divertissent.
En deux occasions seulement, les Feroïens se montrent admirables de vitalité, de vaillance et d'énergie. Il est vrai qu'il s'agit d'assurer leur subsistance de l'année.
ON POUSSE VERS LA PLAGE LES CADAVRES DES DAUPHINS, QUI ONT ENVIRON 6 MÈTRES DE LONG (page [525]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Leurs instincts ataviques se réveillent lorsqu'il s'agit d'aller aux Fuglebjerg, ou îles d'oiseaux.
Pour escalader les rochers escarpés, les dénicheurs d'oiseaux emploient des cordes terminées par des crampons ou des nœuds coulants, qu'ils jettent de terrasse en terrasse; ils vont aux grottes profondes où s'abritent les oiseaux, pour récolter les œufs et le duvet qui remplissent les nids. C'est un métier dangereux: le moindre risque qu'on y court est de s'y rompre bras et jambes.
Mais c'est surtout à l'époque des grands massacres de dauphins, que les Feroïens s'en donnent à cœur-joie; leur exubérance passagère contraste violemment avec leur indolence naturelle. La chasse aux dauphins exige peut-être moins de souplesse et d'agilité, mais plus de violence, et tout autant de sang-froid que le dénichage des oiseaux.
Généralement, entre juin et septembre, apparaissent dans les eaux feroïennes les bandes de dauphins ou cachalots que guettent en permanence des hommes postés en vigies sur les rochers les plus élevés.
Voguant contre le vent, ainsi que l'a remarqué Lacépède, les dauphins vont par bandes de deux, trois, quatre cents, sous la conduite des vieux mâles les plus expérimentés.
Des bûchers faits avec des mottes de tourbe, de vieilles arêtes de poissons et les plumes huileuses du pétrel des tempêtes, sont allumés au faîte des rochers, et signalent aux habitants des îles la présence des bandes de dauphins dans les eaux feroïennes.
Tous les insulaires, depuis longtemps, vivaient dans l'attente de cette grande joie et de cette bonne affaire. Chacun, aussitôt, cherche vivement son paquetage toujours prêt en vue de l'événement tant désiré, chacun procède fiévreusement aux préparatifs de combat. On s'agite, on se bouscule, on fait tapage: une fois n'est pas coutume, et ils ont de longs mois de silence à rattraper. Dans la hâte des départs trop précipités, ils perdent du temps; et, tout en se démenant, ils poussent le cri de: «Grinde! Grinde! (Dauphin!)» que répètent tous les échos d'alentour.
LES FEMMES FEROÏENNES PRÉPARENT LA LAINE....—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Très vite, ils sont prêts. Ils sont bien obligés de se hâter, car si, au bout d'un quart d'heure environ, ils ne sont pas en mesure d'aller à la poursuite des dauphins, ils risquent d'en perdre la trace. Donc, peu de minutes après que les feux allumés de toutes parts ont donné l'alerte, les chasseurs ont endossé leurs vêtements de toile huilée, préparé leurs armes: harpons, couteaux, pieux et crocs, et quelques provisions.
Femmes, enfants et vieillards assistent au départ. Les enfants témoignent par des cris, de leur agitation. Les femmes, hâtivement, glissent dans les besaces en peau de phoque une bouteille d'eau-de-vie, quelques tranches de poisson ou de mouton cru. Tandis que les grands-pères, comme «ces vieillards d'Homère, que leur faiblesse écartait des combats», regardent, avec le regret mélancolique du passé, ceux qui vont prendre part à la fête à laquelle jamais plus ils ne participeront.
Les hommes détachent les amarres retenant au rivage leurs yawls, qui arborent à la proue et à la poupe un long couteau. Vigoureusement, les rameurs nagent, tout en chantant à tue-tête des chants liturgiques. Ils vont, suivant la yawl dont le maître aperçut le premier les dauphins, et les signala aux habitants de l'Archipel. Cette embarcation, qui en guise de drapeau porte au sommet du mât un vieux vêtement, une loque quelconque, avance elle-même dans une direction mystérieuse que lui indiquent une agitation inusitée de la mer, et des bruits de bêtes puissantes qui respirent et reniflent bruyamment.
Les dauphins filent vertigineusement, dans l'épouvante des êtres inconnus qui les poursuivent et qui, les traquant de près, aiguillent vers le cul-de-sac d'un fjord, la troupe admirablement disciplinée des cétacés.
Lorsqu'ils sont entrés dans le piège, on les laisse prendre leurs ébats, folâtrer joyeusement, avec le soulagement d'avoir échappé au danger inconnu. Les barques qui les serraient de près, semblent avoir renoncé à les persécuter; mais, en toute hâte, elles se rangent pour fermer le chenal: ce n'est plus un fjord ouvert sur le large, mais un lac, un champ clos où sera circonscrit le combat, ou plutôt le massacre, car, fatalement, tous les dauphins sont voués à la mort.
ON SALE LES MORUES.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
En voyant les maisons du village, les grèves de sable gris, les grands mammifères aquatiques font volte-face, avançant toujours rapidement, en une série de gambades et de plongeons. Mais, soudain, ils rencontrent l'obstacle. Et, tandis que, désorientés, ils s'apprêtent à faire de nouveau demi-tour sur les épaules, le patron de la barque directrice donne le premier coup de harpon.
Les dauphins s'effarent. Les lobes puissants de leurs nageoires s'agitent frénétiquement, faisant bouillonner l'eau, et chavirer les barques.
Les chants ont cessé, on n'entend plus que le cri de: «Stick! Stick!» (Frappe!) poussé par les hommes qui, sans relâche, frappent avec leurs harpons, leurs pieux, leurs couteaux. Dans l'enivrement de la lutte, ils ne sentent pas la fatigue, ils tuent sans relâche, oubliant de dormir, de manger, se grisant de meurtre et d'alcool, et de leur cri féroce de: «Stick! Stick!»
Seul, l'enthousiasme du peuple espagnol aux courses de taureaux, peut donner une idée de l'excitation des Feroïens pendant le massacre des légions de dauphins, massacre qui se prolonge parfois pendant deux et trois jours.
Les dauphins vont mourir. Leur peau huileuse est empourprée par tout le sang qui coule de leurs horribles blessures. Leurs convulsions d'agonie agitent l'eau du fjord, de grands remous. Leurs nageoires, avec une force décuplée par la rage et la douleur, se crispent encore avec de grands soubresauts, et renversent plus d'une yawl. Mais les Feroïens, généralement doux et serviables, ne s'aperçoivent pas de la détresse de leurs camarades. L'appel de ceux qui vont se noyer et dont un coup de nageoire peut briser les reins, est dominé par l'assourdissante clameur des: «Stick! Stick!» indéfiniment répétés. Ce cri, qui se mêle aux clameurs suprêmes des pauvres monstres moribonds, restera l'obsédant souvenir de ces journées tragiques et passionnantes.
Alors, on pousse vers la plage les cadavres, qui ont environ 6 mètres de long. Sous la présidence du Gouverneur et des maires, les sysselmands, on les numérote en découpant des chiffres sur leurs dos luisants. On dépèce ensuite les charognes, et l'on procède à la distribution des viandes: on en donne aux prêtres, aux vieillards, aux veuves et aux orphelins. Après que chaque Feroïen a reçu sa part, on vend ce qui reste moyennant 4 öre (5 centimes) la livre. Le produit de la vente des peaux, de l'huile et du lard appartient aux combattants.
Les habitants du fjord emportent des hottées de viandes flasques et pâteuses; chacun en a sa charge, même les petits enfants qui sont accourus avec un seau ou un baquet qu'ils remorquent tant bien que mal.
Les yawls s'emplissent aussi de chairs grenat que les hommes découpent, déchirent et piétinent. Tandis qu'un nuage de corbeaux et d'oiseaux de mer tourbillonne, s'abaisse de plus en plus vers la terre, chacun guignant, en piaillant, sa part de la curée. Les yawls, bientôt, se dispersent vers leurs fjords respectifs. Ce n'est plus la course folle des chasseurs poursuivant leur proie: les barques s'éloignent lentement, tout appesanties par le butin. Et puis, c'est la réaction de tant d'heures d'ivresse: les hommes nagent avec indolence, s'apercevant enfin de la fatigue. Pour s'entraîner, ils entonnent de nouveau des chants liturgiques, dont le rythme monotone ne suffit pas à les électriser.
Le calme et le silence règnent dans le fjord du combat. Seulement, à plusieurs kilomètres à la ronde, l'eau est rouge, le sable des plages noirci par tout le sang répandu, le ciel obscurci par les bandes d'oiseaux criards qui emportent lambeau par lambeau les reliefs de la fête sanglante.
Parfois, notamment à Soervog, on accule les dauphins sur la grève, et la tuerie a lieu, non sur mer, mais sur le rivage. C'est plutôt une boucherie qu'un combat, et c'est moins dangereux pour les hommes, car, sur terre, le dauphin est tout à fait sans défense, et reste presque inerte sous les coups qu'on lui assène.
Moins tumultueuse, moins passionnante, et aussi moins pittoresque est la chasse aux baleines, que font ici les sept petits bateaux à vapeur norvégiens, dont les équipages réunis se montent à cent quarante hommes. Ils arrivent au printemps, passent ici tout l'été, et rentrent en Scandinavie vers l'automne, quand les jours deviennent trop courts.
Le matelot guetteur, posté dans la hune, dénonce la baleine qu'il prévoit à l'horizon. Tous les hommes aussitôt sont à leur poste, et, le moment venu, un petit canon lance le dard pesant et triangulaire, le long fer découpé en dent de scie du harpon, en visant de préférence les masses de chairs molles qui encadrent les évents.
Trois cent neuf baleines furent ainsi capturées en 1902, trois cent neuf baleines qui ne fournirent pas moins de 16 200 hectolitres d'huile.
FEROÏEN EN COSTUME DE TRAVAIL.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Les stations de baleines sont établies dans ces profondes échancrures de la côte que sont les fjords. C'est là qu'on découpe et qu'on désosse les monstrueux cétacés. Les dépeceurs, en bottes armées de crampons de fer, pour ne pas trop glisser sur le grand corps humide et glabre, taillent des marches dans la chair et le lard, puis ils tailladent le cuir, en enlèvent des lanières, en commençant par les yeux.
Les baleines sont d'un rapport excellent. Outre la peau, la graisse, l'huile et les fanons qu'on envoie à Christiania et à Stavanger, on utilise encore la viande pour nourrir le bétail feroïen qui, en hiver, ne trouve rien à manger sous le manteau de neige de la terre. Les os et les déchets sont vendus comme engrais.
Les stations de baleines exhalent des miasmes délétères qui empestent tous les alentours. Les matières en putréfaction contaminent l'air, souillent les eaux du fjord; le flux et le reflux mettent en circulation tous les germes morbides: toutes les bêtes sont empoisonnées, pas un poisson ne vit dans les golfes où sont installées les stations de baleines, les oiseaux de mer sont décimés. Sans compter que tous les mangeurs de charognes, corbeaux et corneilles, attirés par l'odeur des charniers, se multiplient dans les alentours des baleineries, au détriment des quelques oiseaux ichthyophages qui ont survécu à l'infection.
Les autorités feroïennes n'en ont cure: on protège jalousement les oiseaux contre les chasseurs, on cherche à défendre les poissons contre les ravages des chalutiers; mais on laisse les Norvégiens vaquer à leur industrie malsaine, et établir leurs baleineries qui amoindrissent les deux grandes sources de richesse nationale. La taxe de 50 couronnes qu'on paie par baleine de 36 pieds de longueur au moins, ne compense pas ces trop grands dégâts.
J'ai fait plus d'une excursion intéressante à travers l'Archipel, sur une yawl dont la construction a peu varié depuis l'époque des Wikings. Une douzaine d'hommes en vadmel brunâtre tirent sur les avirons minces et légers, sous le vent de la voile latine. On circule entre les îles aux formes absurdes, baleines bossues à mâchoires de caïmans, ou rhinocéros juchés sur des hippopotames. Des promontoires font l'effet de bêtes agressives qui vous guettent du fond de la mer, tandis que de l'eau émergent leurs dos volumineux, aux couleurs obscures et rugueuses de robes de pachydermes.
LES FEMMES PORTENT UNE ROBE EN FLANELLE TISSÉE AVEC LA LAINE QU'ELLES ONT CARDÉE ET FILÉE (page [522]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Dans les interstices des rochers s'épanouissent des plantes grasses et des touffes de perce-pierres. De grandes rides pierreuses sillonnent la peluche râpée qu'est l'herbe. Partout, des entailles, des brèches et des grottes semblent bâiller ou s'écarquiller en un grand éclat de rire.
Parfois, des hameaux, tous pareils à Trangisvaag et à Thorshavn: sur les collines sans ombrages, tout au fond des fjords, quelques maisons peintes, aux couvertures de gazon; une petite église blanche comme du sucre, et des hangars où l'on sèche et sale le poisson.
Des chevaux ébouriffés qui ont un pelage orangé, et des moutons d'une agilité de chamois cessent un moment de brouter pour regarder passer le bateau. Les moutons perdent en ce moment leur laine; leur cou se dégarnit d'abord, et, de loin, on se demande quelles sont ces bêtes au corps touffu, avec un cou chauve de vautour ou de coq de combat.
Vers Soervog, les rochers sont plus colorés et comme barbouillés de soufre et de sang. Des cascades coulent aux pentes rongées des falaises.
Dans le fond de la baie, il y a une station de baleines où l'on remorque les corps des grands cétacés tués dans ces parages.
Le jour où j'arrivai à Soervog, on venait justement d'y dépouiller les squelettes démesurés de plusieurs baleines. Par le sentier qui longe la mer et qui conduit de la station au village tout proche, des hommes avancent, en file indienne. Ils sont vêtus du vadmel national, et coiffés du bonnet du pays, à mille raies bleues et rouges; contre les reins, planté verticalement dans une ceinture en cuir de cachalot, le couteau à dauphin, dans une gaine en peau de mouton. Une courroie, appuyée sur le front, soutient une caisse en bois, portée sur le dos, en guise de hotte; les pêcheuses des environs d'Édimbourg portent leurs paniers de poisson de cette manière, qui exige une force de bête de somme.
Ils vont, rapportant chez eux du lard de baleine, l'échiné pliée, les bras courbés en anse de chaque côté de la tête, les mains croisées sur l'occiput, vigoureux et lents comme ces animaux qui, tout en dormant, cheminent et effectuent des besognes machinales....
Un soir, en revenant d'Arge, qui est un ancien village de lépreux, j'ai visité le cimetière tout fleuri de camomilles, de barbeaux et de primeroses. On y voit quelques-uns de ces monuments comme les aiment les petits bourgeois des grandes villes. Mais la plupart des tombes sont de simples tertres de gazon, à moins que, en guise de dalle, la famille du mort n'ait fait mettre un baquet ovale peint en blanc et rempli d'herbe et de fleurs.
Un autre jour, pour aller à Kirkebœ, j'ai traversé pendant trois ou quatre heures des pâturages malingres, sans rencontrer d'autres êtres humains qu'une femme bien vieille et bien misérable qui est le courrier-commissionnaire de Thorshavn à Kirkebœ. Ayant aperçu de loin les silhouettes des gens travaillant aux tourbières, je me suis approchée d'eux.
En guise de bêche, ils ont un instrument très incommode, trop frêle, une sorte de rame ou de «bat» de cricket bordé d'un fer tranchant. Des fumées s'échappent des meules qui sèchent. Les grands enfants aident leurs parents, les petits regardent. Il y a un bébé qui s'appelle Inge, qu'on a coiffé ridiculement d'une toque de marmiton et qui fait des efforts surhumains pour transporter un carré de tourbe jusqu'à une caisse qui lui semble inaccessiblement haute.
Au delà des tourbières et des tristes herbages, je foule des tapis de haute mousse et de bruyères passées. Pas un frémissement d'insecte, pas un frôlement de lézard ou de couleuvre, pas d'autres animaux que de grandes pies à bec rouge: c'est le calme et le silence des déserts maudits.
J'arrive enfin à Kirkebœ qui se compose des ruines d'une église gothique, d'une chapelle blanche à l'extérieur et bleue à l'intérieur, et d'une ferme.
Cette ferme qui fut, paraît-il, au XIIIe siècle, la demeure de l'évêque Hilaire—celui qui avait entrepris de faire édifier ici la basilique du pays,—est peu banale. La grille d'entrée et les clôtures sont faites de têtes de dauphins, de mandibules et de vertèbres de baleines.
La maison est construite avec des arbres superposés horizontalement. Les portes sont sculptées grossièrement, les meubles sont barbares, peints naïvement, mais assez prétentieusement, à l'instar des enluminures de missels: chevaliers et dames devisant sous des arbres dorés, près de buissons bleus ou violets. La cuisine est très noire, avec des poutres presque carbonisées. Le tuyau de la cheminée se dresse au milieu de la pièce, comme une colonne. Des bancs sont adossés au mur. Et, dans l'obscurité, les ustensiles de ménage, aux formes hétéroclites et surannées, achèvent de donner à cette honnête cuisine de fermier, un faux air d'antre de sorcier.
Les maîtres de la maison me reçoivent le plus aimablement du monde. Et, après m'avoir fait visiter leur petit domaine, ils me présentent leurs enfants, puis me font apporter du lait. Le fermier n'a pas le type blond et coloré de ses compatriotes, il est brun comme un gitane. Sa femme, une Islandaise, est bien jolie, avec son teint clair, ses lumineuses prunelles bleues, sa charmante physionomie ingénue. Ils vivent fort à l'aise, dans la plus belle ferme du pays, au milieu des reliques léguées par leurs ancêtres.
Kirkebœ est le seul coin des Feroé où l'on puisse évoquer le passé. Aussi bien, leur architecture n'est pas de celles qui peuvent défier les siècles. Seul, le lent travail des vagues témoigne du grand âge de ces terres qui furent, dit-on, la première étape de Christophe Colomb, errant par les mers, à la recherche des Grandes-Indes.
Anna Sée.
DÉJÀ MÉLANCOLIQUE!...—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Droits de traduction et de reproductions réservés.
TABLE DES GRAVURES ET CARTES
L'ÉTÉ AU KACHMIR
Par Mme F. MICHEL
En «rickshaw» sur la route du mont Abou. (D'après une photographie.) 1
L'éléphant du touriste à Djaïpour. 1
Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou. (D'après une photographie.) 2
Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi. (Dessin de Massias, d'après une photographie.) 3
Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du Djhilam. (D'après une photographie.) 4
«Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais de Rampour. (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 5
Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri. (D'après une photographie.) 6
Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Maharadja à Srinagar. (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.) 7
L'entrée du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de Srinagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 7
Ruines du temple de Brankoutri. (D'après une photographie.) 8
Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 9
Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 10
La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 11
Nos tentes à Lahore. (D'après une photographie.) 12
«Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 13
Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13
Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un vieux platane. (D'après une photographie.) 14
Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 15
Campement près de Palhallan: tentes et doungas. (D'après une photographie.) 16
Troisième pont de Srinagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond, le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 17
Le temple inondé de Pandrethan. (D'après une photographie.) 18
Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 19
Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan. (D'après une photographie.) 20
Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 21
Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 22
Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un musulman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 23
Temple hindou moderne à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 24
Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou. (D'après une photographie.) 25
Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée, à Houtamourou, près de Bhavan. 25
Temple ruiné, à Khotair. (D'après une photographie.) 26
Naga ou source sacrée de Kothair. (D'après une photographie.) 27
Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source. (D'après une photographie.) 28
Temple rustique de Voutanar. (D'après une photographie.) 29
Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte. (D'après une photographie.) 30
Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé. (D'après une photographie.) 31
Sacrifice bhramanique, à Bhavan. (D'après une photographie.) 31
Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au déblaiement. (D'après une photographie.) 32
Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple. (D'après des photographies.) 33
Place du campement sous les platanes, à Bhavan. (D'après une photographie.) 34
La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 35
Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar. (D'après une photographie.) 36
Maisons de bois, à Palgam. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 37
Palanquin et porteurs. 37
Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche miraculeuse. (D'après une photographie.) 38
Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 39
Vallée d'Amarnath: vue prise de la grotte. (D'après une photographie.) 40
Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du Mahagounas. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 41
Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et Zodji-Pal. (D'après une photographie.) 42
Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
Grotte d'Amarnath. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'après une photographie.) 44
Campement de Goudjars à Astan-Marg. (D'après une photographie.) 45
Le bain des pèlerins à Amarnath. (D'après une photographie.) 46
Pèlerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrière, des brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir. (D'après une photographie.) 47
Mosquée de village au Kachmir. (D'après une photographie.) 48
Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 49
Mendiant musulman. (D'après une photographie.) 49
Le Brahma Sar et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk. (D'après une photographie.) 50
Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 51
Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins. (D'après une photographie.) 52
Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur «hangri» (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 53
Temples ruinés à Vangath. (D'après une photographie.) 54
«Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal. (En haut, photographie par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 55
La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar. (D'après une photographie.) 56
Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 57
Le canal de Mar à Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 58
La mosquée de Shah Hamadan à Srinagar (rive droite). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 59
Spécimens de l'art du Kachmir. (D'après une photographie.) 60
SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
Par le docteur LAMY
Médecin-major des troupes coloniales.
La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force pour la mise à l'eau d'une pirogue. (D'après une photographie.) 61
Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur. (D'après une photographie.) 61
«Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de Petit-Alépé». (D'après une photographie.) 62
À Motéso: soins maternels. (D'après une photographie.) 63
Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée. (D'après une photographie.) 64
Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile de palme. (D'après une photographie.) 65
Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne. (D'après une photographie.) 66
Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé. (D'après une photographie.) 67
La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'après une photographie.) 68