Note au lecteur de ce fichier digital:
Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde: Journal des voyages et des voyageurs" (2ème semestre 1905).
Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant aux différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur les Nouvelles Hébrides.
Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces articles sont originaires.
La liste des illustrations étant très longue, elle a été déplacée et placée en fin de fichier.
LE TOUR DU MONDE
PARIS
IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
20, rue du Dragon, 20
NOUVELLE SÉRIE—11e ANNÉE 2e SEMESTRE
LE TOUR DU MONDE
JOURNAL
DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS
Le Tour du Monde
a été fondé par Édouard Charton
en 1860
PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
1905
Droits de traduction et de reproduction réservés.
TABLE DES MATIÈRES
L'ÉTÉ AU KACHMIR
Par Mme F. MICHEL
I. De Paris à Srinagar. — Un guide pratique. — De Bombay à Lahore. — Premiers préparatifs. — En tonga de Rawal-Pindi à Srinagar. — Les Kachmiris et les maîtres du Kachmir. — Retour à la vie nomade. 1
II. La «Vallée heureuse» en dounga. — Bateliers et batelières. — De Baramoula à Srinagar. — La capitale du Kachmir. — Un peu d'économie politique. — En amont de Srinagar. 13
III. Sous la tente. — Les petites vallées du Sud-Est. — Histoires de voleurs et contes de fées. — Les ruines de Martand. — De Brahmanes en Moullas. 25
IV. Le pèlerinage d'Amarnath. — La vallée du Lidar. — Les pèlerins de l'Inde. — Vers les cimes. — La grotte sacrée. — En dholi. — Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37
V. Le pèlerinage de l'Haramouk. — Alpinisme funèbre et hydrothérapie religieuse. — Les temples de Vangâth. — Frissons d'automne. — Les adieux à Srinagar. 49
SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE
Par le docteur LAMY
Médecin-major des troupes coloniales.
I. Voyage dans la brousse. — En file indienne. — Motéso. — La route dans un ruisseau. — Denguéra. — Kodioso. — Villes et villages abandonnés. — Où est donc Bettié? — Arrivée à Dioubasso. 61
II. Dans le territoire de Mopé. — Coutumes du pays. — La mort d'un prince héritier. — L'épreuve du poison. — De Mopé à Bettié. — Bénie, roi de Bettié, et sa capitale. — Retour à Petit-Alépé. 73
III. Rapports et résultats de la mission. — Valeur économique de la côte d'Ivoire. — Richesse de la flore. — Supériorité de la faune. 85
IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam. — Deuils nombreux. — Retour en France. 90
L'ÎLE D'ELBE
Par M. PAUL GRUYER
I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. — Deux mots d'histoire. — Débarquement à Porto-Ferraio. — Une ville d'opéra. — La «teste di Napoleone» et le Palais impérial. — La bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. — Offre à Napoléon III, après Sedan. — La bibliothèque de l'Empereur. — Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du poète. — Un enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des limbes. — Les différentes routes de l'île. 97
II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. — Soir tempétueux et morne tristesse. — L'ascension du Monte Giove. — Un village dans les nuées. — L'Ermitage de la Madone et la «Sedia di Napoleone». — Le vieux gardien de l'infini. «Bastia, Signor!». Vision sublime. — La côte orientale de l'île. Capoliveri et Porto-Longone. — La gorge de Monserrat. — Rio 1 Marina et le monde du fer. 109
III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe. — Installation aux Mulini. — L'Empereur à la gorge de Monserrat. — San Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et le miroir de la Vérité. — L'Empereur transporte ses pénates sur le Monte Giove. — Elbe perdue pour la France. — L'ancien Musée de San Martino. Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le lit de Madame Mère. — Où il faut chercher à Elbe les vraies reliques impériales. «Apollon gardant ses troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de la signorina Squarci. — L'église de l'archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. — Le vieil aveugle de Porto-Ferraio. 121
D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
Par M. VICTOR CHAPOT
membre de l'École française d'Athènes.
I. — Alexandrette et la montée de Beïlan. — Antioche et l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. — La route d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. — Premier aperçu d'Alep. 133
II. — Ma caravane. — Village d'Yazides. — Nisib. — Première rencontre avec l'Euphrate. — Biredjik. — Souvenirs des Hétéens. — Excursion à Resapha. — Comment atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter? — Enfin à Orfa! 145
III. — Séjour à Orfa. — Samosate. — Vallée accidentée de l'Euphrate. — Roum-Kaleh et Aïntab. — Court repos à Alep. — Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. — Huit jours trappiste! — Conclusion pessimiste. 157
LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
Par M. RAYMOND BEL
À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou Australie? Le condominium anglo-français de 1887. — L'œuvre de M. Higginson. — Situation actuelle des îles. — L'influence anglo-australienne. — Les ressources des Nouvelles-Hébrides. — Leur avenir. [169]
LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
Par M. ALBERT THOMAS
I. — Moscou. — Une déception. — Le Kreml, acropole sacrée. — Les églises, les palais: deux époques. 182
II. — Moscou, la ville et les faubourgs. — La bourgeoisie moscovite. — Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le Kreml et la ville. 193
III. — La foire de Nijni: marchandises et marchands. — L'œuvre du commerce. — Sur la Volga. — À bord du Sviatoslav. — Une visite à Kazan. — La «sainte mère Volga». 205
IV. — De Samara à Tomsk. — La vie du train. — Les passagers et l'équipage: les soirées. — Dans le steppe: l'effort des hommes. — Les émigrants. 217
V. — Tomsk. — La mêlée des races. — Anciens et nouveaux fonctionnaires. — L'Université de Tomsk. — Le rôle de l'État dans l'œuvre de colonisation. 229
VI. — Heures de retour. — Dans l'Oural. — La Grande-Russie. — Conclusion. 241
LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
Par M. GERSPACH
La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. — Un peu d'histoire et de géographie. — La cathédrale de Saint-Laurent. — L'église Sainte-Marie-des-Anges. — Lugano, la ville des fresques. — L'œuvre du Luini. — Procédés employés pour le transfert des fresques. 253
SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
Par M. ÉMILE DESCHAMPS
I. — Woo-Sung. — Au débarcadère. — La Concession française. — La Cité chinoise. — Retour à notre concession. — La police municipale et la prison. — La cangue et le bambou. — Les exécutions. — Le corps de volontaires. — Émeutes. — Les conseils municipaux. 265
II. — L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï. — Pharmacie chinoise. — Le camp de Kou-ka-za. — La fumerie d'opium. — Le charnier des enfants trouvés. — Le fournisseur des ombres. — La concession internationale. — Jardin chinois. — Le Bund. — La pagode de Long-hoa. — Fou-tchéou-road. — Statistique. 277
L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
Par M. BARGY
Le problème de la civilisation des nègres. — L'Institut Hampton, en Virginie. — La vie de Booker T. Washington. — L'école professionnelle de Tuskegee, en Alabama. — Conciliateurs et agitateurs. — Le vote des nègres et la casuistique de la Constitution. 289
À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
Par le Major PERCY MOLESWORTH SYKES
Consul général de S. M. Britannique au Khorassan.
I. — Arrivée à Astrabad. — Ancienne importance de la ville. — Le pays des Turkomans: à travers le steppe et les Collines Noires. — Le Khorassan. — Mechhed: sa mosquée; son commerce. — Le désert de Lout. — Sur la route de Kirman. 301
II. — La province de Kirman. — Géographie: la flore, la faune; l'administration, l'armée. — Histoire: invasions et dévastations. — La ville de Kirman, capitale de la province. — Une saison sur le plateau de Sardou. 313
III. — En Baloutchistan. — Le Makran: la côte du golfe Arabique. — Histoire et géographie du Makran. — Le Sarhad. 325
IV. — Délimitation à la frontière perso-baloutche. — De Kirman à la ville-frontière de Kouak. — La Commission de délimitation. — Question de préséance. — L'œuvre de la Commission. — De Kouak à Kélat. 337
V. — Le Seistan: son histoire. — Le delta du Helmand. — Comparaison du Seistan et de l'Égypte. — Excursions dans le Helmand. — Retour par Yezd à Kirman. 349
AUX RUINES D'ANGKOR
Par M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES
De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang. — À la rame sur le Grand-Lac. — Les charrettes cambodgiennes. — Siem-Réap. — Le temple d'Angkor. — Angkor-Tom — Décadence de la civilisation khmer. — Rencontre du second roi du Cambodge. — Oudong-la-Superbe, capitale du père de Norodom. — Le palais de Norodom à Pnôm-penh. — Pourquoi la France ne devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361
EN ROUMANIE
Par M. Th. HEBBELYNCK
I. — De Budapest à Petrozeny. — Un mot d'histoire. — La vallée du Jiul. — Les Boyards et les Tziganes. — Le marché de Targu Jiul. — Le monastère de Tismana. 373
II. — Le monastère d'Horezu. — Excursion à Bistritza. — Romnicu et le défilé de la Tour-Rouge. — De Curtea de Arges à Campolung. — Défilé de Dimboviciora. 385
III. — Bucarest, aspect de la ville. — Les mines de sel de Slanic. — Les sources de pétrole de Doftana. — Sinaïa, promenade dans la forêt. — Busteni et le domaine de la Couronne. 397
CROQUIS HOLLANDAIS
Par M. Lud. GEORGES HAMÖN
Photographies de l'auteur.
I. — Une ville hollandaise. — Middelburg. — Les nuages. — Les boerin. — La maison. — L'éclusier. — Le marché. — Le village hollandais. — Zoutelande. — Les bons aubergistes. — Une soirée locale. — Les sabots des petits enfants. — La kermesse. — La piété du Hollandais. 410
II. — Rencontre sur la route. — Le beau cavalier. — Un déjeuner décevant. — Le père Kick. 421
III. — La terre hollandaise. — L'eau. — Les moulins. — La culture. — Les polders. — Les digues. — Origine de la Hollande. — Une nuit à Veere. — Wemeldingen. — Les cinq jeunes filles. — Flirt muet. — Le pochard. — La vie sur l'eau. 423
IV. — Le pêcheur hollandais. — Volendam. — La lessive. — Les marmots. — Les canards. — La pêche au hareng. — Le fils du pêcheur. — Une île singulière: Marken. — Au milieu des eaux. — Les maisons. — Les mœurs. — Les jeunes filles. — Perspective. — La tourbe et les tourbières. — Produit national. — Les tourbières hautes et basses. — Houille locale. 433
ABYDOS
dans les temps anciens et dans les temps modernes
Par M. E. AMELINEAU
Légende d'Osiris. — Histoire d'Abydos à travers les dynasties, à l'époque chrétienne. — Ses monuments et leur spoliation. — Ses habitants actuels et leurs mœurs. 445
VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
Par M. JULES BROCHEREL
I. — De Tachkent à Prjevalsk. — La ville de Tachkent. — En tarentass. — Tchimkent. — Aoulié-Ata. — Tokmak. — Les gorges de Bouam. — Le lac Issik-Koul. — Prjevalsk. — Un chef kirghize. 457
II. — La vallée de Tomghent. — Un aoul kirghize. — La traversée du col de Tomghent. — Chevaux alpinistes. — Une vallée déserte. — Le Kizil-tao. — Le Saridjass. — Troupeaux de chevaux. — La vallée de Kachkateur. — En vue du Khan-Tengri. 469
III. — Sur le col de Tuz. — Rencontre d'antilopes. — La vallée d'Inghiltchik. — Le «tchiou mouz». — Un chef kirghize. — Les gorges d'Attiaïlo. — L'aoul d'Oustchiar. — Arrêtés par les rochers. 481
IV. — Vers l'aiguille d'Oustchiar. — L'aoul de Kaënde. — En vue du Khan-Tengri. — Le glacier de Kaënde. — Bloqués par la neige. — Nous songeons au retour. — Dans la vallée de l'Irtach. — Chez le kaltchè. — Cuisine de Kirghize. — Fin des travaux topographiques. — Un enterrement kirghize. 493
V. — L'heure du retour. — La vallée d'Irtach. — Nous retrouvons la douane. — Arrivée à Prjevalsk. — La dispersion. 505
VI. — Les Khirghizes. — L'origine de la race. — Kazaks et Khirghizes. — Le classement des Bourouts. — Le costume khirghize. — La yourte. — Mœurs et coutumes khirghizes. — Mariages khirghizes. — Conclusion. 507
L'ARCHIPEL DES FEROÉ
Par Mlle ANNA SEE
Première escale: Trangisvaag. — Thorshavn, capitale de l'Archipel; le port, la ville. — Un peu d'histoire. — La vie végétative des Feroïens. — La pêche aux dauphins. — La pêche aux baleines. — Excursions diverses à travers l'Archipel. 517
PONDICHÉRY
chef-lieu de l'Inde française
Par M. G. VERSCHUUR
Accès difficile de Pondichéry par mer. — Ville blanche et ville indienne. — Le palais du Gouvernement. — Les hôtels de nos colonies. — Enclaves anglaises. — La population; les enfants. — Architecture et religion. — Commerce. — L'avenir de Pondichéry. — Le marché. — Les écoles. — La fièvre de la politique. 529
UNE PEUPLADE MALGACHE
LES TANALA DE L'IKONGO
Par M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ
I. — Géographie et histoire de l'Ikongo. — Les Tanala. — Organisation sociale. Tribu, clan, famille. — Les lois. 541
II. — Religion et superstitions. — Culte des morts. — Devins et sorciers. — Le Sikidy. — La science. — Astrologie. — L'écriture. — L'art. — Le vêtement et la parure. — L'habitation. — La danse. — La musique. — La poésie. 553
LA RÉGION DU BOU HEDMA
(sud tunisien)
Par M. Ch. MAUMENÉ
Le chemin de fer Sfax-Gafsa. — Maharess. — Lella Mazouna. — La forêt de gommiers. — La source des Trois Palmiers. — Le Bou Hedma. — Un groupe mégalithique. — Renseignements indigènes. — L'oued Hadedj et ses sources chaudes. — La plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. — Bir Saad. — Manoubia. — Khrangat Touninn. — Sakket. — Sened. — Ogla Zagoufta. — La plaine et le village de Mech. — Sidi Abd el-Aziz. 565
DE TOLÈDE À GRENADE
Par Mme JANE DIEULAFOY
I. — L'aspect de la Castille. — Les troupeaux en transhumance. — La Mesta. — Le Tage et ses poètes. — La Cuesta del Carmel. — Le Cristo de la Luz. — La machine hydraulique de Jualino Turriano. — Le Zocodover. — Vieux palais et anciennes synagogues. — Les Juifs de Tolède. — Un souvenir de l'inondation du Tage. 577
II. — Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. — Les pupilles de l'évêque Siliceo. — Santo Tomé et l'œuvre du Greco. — La mosquée de Tolède et la reine Constance. — Juan Guaz, premier architecte de la Cathédrale. — Ses transformations et adjonctions. — Souvenirs de las Navas. — Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique est son exécutrice testamentaire. — Ximénès. — Le rite mozarabe. — Alvaro de Luda. — Le porte-bannière d'Isabelle à la bataille de Toro. 589
III. — Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les chroniques. — San Juan de los Reyes. — L'hôpital de Santa Cruz. — Les Sœurs de Saint-Vincent de Paul. — Les portraits fameux de l'Université. — L'ange et la peste. — Sainte-Léocadie. — El Cristo de la Vega. — Le soleil couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601
IV. — Les «cigarrales». — Le pont San Martino et son architecte. — Dévouement conjugal. — L'inscription de l'Hôtel de Ville. — Cordoue, l'Athènes de l'Occident. — Sa mosquée. — Ses fils les plus illustres. — Gonzalve de Cordoue. — Les comptes du Gran Capitan. — Juan de Mena. — Doña Maria de Parèdes. — L'industrie des cuirs repoussés et dorés. 613
TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.—15e LIV. No 15.—15 Avril 1905.
INDIGÈNES HÉBRIDAIS DE L'ÎLE DE SPIRITU-SANTO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
Par M. RAYMOND BEL.
À qui les Nouvelles-Hébrides; France, Angleterre ou Australie? Le condominium anglo-français de 1887. — L'œuvre de M. Higginson. — Situation actuelle des îles. — L'influence anglo-australienne. — Les ressources des Nouvelles-Hébrides. — Leur avenir.
LE PETIT PERSONNEL D'UN COLON DE MALLICOLO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
L'archipel mélanésien des Nouvelles-Hébrides est situé à 400 kilomètres au nord-est de la Nouvelle-Calédonie, dont il constitue une dépendance naturelle, non pas seulement par sa proximité, mais aussi par sa liaison au système orographique calédonien. Les éruptions violentes des volcans néo-hébridais de Tanna, d'Ambrym, de Lopévi, provoquent en Calédonie des tremblements de terre; la grande île et l'archipel ont la même constitution géologique, roches volcaniques et coraux.
Il semblerait donc que cet archipel dût être depuis longtemps français! Il n'en est rien; les Nouvelles-Hébrides ne sont à personne, même pas aux Canaques qui y vivent. Un condominium franco-anglais s'étend sur elles. Et nous devons nous hâter de dire que si la situation actuelle, de ces îles ne nous paraît pas satisfaisante, c'est malheureusement nous, et nous seuls, qui l'avons créée.
Depuis la prise de possession de la Calédonie par la France, l'Angleterre n'avait pas tenté d'étendre son influence officielle sur l'archipel des Nouvelles-Hébrides qu'elle considérait, sans d'ailleurs jamais le mentionner par parole ou par écrit, comme une dépendance naturelle de notre grande colonie. Elle avait, d'autre part, le champ libre du côté des Fidji, des Cook, des Tonga et des Samoa, sur lesquels nous avions des titres moins évidents et dont nous nous désintéressions ouvertement. Tel était l'état des choses, lorsqu'en 1878, à la suite d'articles violents de la presse australienne, le Gouvernement français, craignant sans doute une annexion prochaine par l'Angleterre, interrogea le Gouvernement de la Reine sur ses intentions au sujet de cet archipel. Rien ne pouvait être plus fâcheux qu'une semblable demande qui était un aveu de notre doute sur la dépendance évidente, et acquise de fait, des Nouvelles-Hébrides, vis-à-vis de la Nouvelle-Calédonie.
Mais ce qui fut plus grave et ce qui nous lie aujourd'hui, ce fut l'assurance que nous donnâmes alors officiellement de maintenir l'indépendance de cet archipel. Certaine lettre du marquis d'Harcourt, notre ambassadeur à Londres, datée du 15 janvier 1878, est, à cet égard, absolument explicite.
Certes, la puissance de la France n'est pas gravement intéressée par l'annexion ou l'abandon d'un archipel mélanésien; combien de Français savent-ils que cet archipel existe? La Calédonie est connue par son bagne, Tahiti par le délicieux roman de la Petite Rarahu, les Hébrides n'ont pas encore une notoriété comparable! Leur abandon serait cependant fâcheux au point de vue de notre influence.
Une réflexion qui vient tout naturellement à l'esprit est celle-ci: «Pourquoi n'avons-nous pas arboré notre pavillon sur les Nouvelles-Hébrides, lors de la prise de possession de la Calédonie, en 1854?» Il est difficile d'y répondre avec quelque certitude de vérité. La raison la plus vraisemblable est que le Gouvernement de l'empereur n'y songea même pas; les instructions expédiées au contre-amiral Febvrier des Pointes, en mai 1854, ne faisaient mention que de la Grande-Terre; il s'agissait de devancer l'Angleterre; puis vint la guerre de Crimée, et l'attention se détourna de l'océan Pacifique.
En 1883, en face de l'agitation croissante des partisans de la plus grande Australie qui pressaient la couronne d'Angleterre de ranger sous sa bannière tous les archipels du Pacifique, la France lui demanda une reconnaissance plus solennelle des engagements réciproques de 1878. La réponse fut affirmative et catégorique.
En 1885, reprise des négociations. Cette fois, c'est l'Angleterre qui nous demanda une concession sans offrir de compensation. Le 18 mars, l'ambassadeur d'Angleterre à Paris remettait à M. de Freycinet une note dans laquelle il exprimait le désir qu'un accord intervint entre les deux Gouvernements, pour que la Nouvelle-Calédonie ne fût pas choisie comme lieu de relégation, en vertu de la loi sur les récidivistes.—«Certainement, répondit M. de Freycinet, mais contre l'engagement de l'Angleterre de nous laisser toute liberté d'action aux Nouvelles-Hébrides.» La réponse négative de l'Angleterre se fit longtemps attendre, elle ne fut transmise que le 7 juillet 1886, un mois juste après l'occupation par nos troupes des îles Vaté et Mallicolo, occupation dont il faut parler en détail.
LE QUAI DE FRANCEVILLE OU PORT-VILA, DANS L'ÎLE VATÉ.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Depuis 1882 jusqu'au milieu de l'année 1886, des colons de toutes nationalités, et parmi eux nombre de Français, furent gravement blessés, quelques-uns même assassinés dans l'archipel. L'opinion publique en France, mise au courant avec quelque fracas par les personnes particulièrement intéressées à ce que l'annexion se fit, exigea du Gouvernement une répression énergique de ces meurtres et une protection efficace de nos nationaux établis aux Nouvelles-Hébrides. Cédant à cette pression, le Gouvernement donna l'autorisation au gouverneur de la Nouvelle-Calédonie de faire occuper militairement les points les plus menacés par les indigènes. En conséquence, le 1er juin 1886, l'aviso transport la Dives, puis le 4 juin, le transport le Magellan débarquaient (moitié à Port-Havannach dans l'île Vaté, moitié à Port-Sandwich dans l'île Mallicolo) deux cents hommes d'infanterie de marine et trente artilleurs avec tout ce qui était nécessaire pour un séjour de longue durée. Officiellement, il s'agissait de châtier quelques tribus criminelles, et nullement d'annexer un territoire. Et cela fut, à plusieurs reprises, certifié par la voie diplomatique au cabinet de Saint-James, dès que celui-ci éleva des protestations.
Devant un déploiement semblable de forces, devant le choix des ports de débarquement, en face de mesures disproportionnées avec le préjudice à réparer et l'effet à produire, il est bien permis de dire que le Gouvernement prêtait la main—à la légère—aux desseins d'annexion chers soit à telle ou telle société calédonienne, soit à l'administration pénitentiaire encombrée de ses pensionnaires; et il convient d'ajouter que cette action, qui eût été logique avant 1878, qui l'eût été en 1884, au moment où l'Angleterre et l'Allemagne se partageaient le Pacifique sans nous consulter, était, en juin 1886, une faute grave, puisque nous n'avions pas encore, reçu la réponse de l'Angleterre à l'offre que M. de Freycinet avait faite, un an plus tôt, d'abroger la convention de 1878-1883.
UNE CASE DE L'ÎLE DE SPIRITU-SANTO ET SES HABITANTS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Cependant les deux Gouvernements convinrent, d'un commun accord, de garantir à l'avenir la colonisation internationale, dans un pays sans maîtres et sans lois, où ni la sécurité des personnes, ni la sécurité des propriétés n'étaient garanties. Après plusieurs mois de pourparlers, les deux nations signèrent, le 16 novembre 1887, la convention qui est encore en vigueur. Cette convention détermina l'existence permanente d'une Commission navale mixte d'officiers de marine appartenant aux divisions navales française et anglaise du Pacifique, chargée de maintenir l'ordre et de protéger les personnes et les biens aux Nouvelles-Hébrides contre les incursions des indigènes. Elle stipulait le retrait de nos troupes dans un délai minimum de quatre mois, mais nous permettait d'annexer définitivement les îles Sous-le-Vent de Tahiti. En définitive, nous sortions sans trop de meurtrissure d'un imbroglio que nous avions créé avec quelque légèreté.
L'antagonisme des deux nationalités n'en subsistait pas moins dans l'archipel. Les termes de la convention de 1887 réduisaient absolument les pouvoirs de la Commission mixte à une action de protection de la vie et des propriétés des colons contre les attaques des indigènes néo-hébridais. Que devenaient ces colons au regard de l'état-civil, du droit privé? À diverses reprises, les colons de toutes nationalités fixés à Port-Vila, dans l'île Vaté, avaient pétitionné pour demander l'annexion de l'archipel à la France; après la signature de la convention de 1887, voyant leur situation civile rester aussi précaire que par le passé, ils résolurent, à la presque unanimité, de s'organiser eux-mêmes. Le 9 août 1889, la commune de Franceville était proclamée; un colon influent, M. Chevillard, était élu maire; un drapeau était choisi et notification de ces événements était faite aux autorités calédoniennes, fidjiennes et australiennes.
Grand émoi dans les sphères gouvernementales et officielles! Le cas était embarrassant, non seulement au point de vue diplomatique, mais au point de vue juridique, d'autant plus que divers points importants prêtaient à discussion.
L'archipel était, en somme, effectivement sous le protectorat mixte anglo-français; il n'était donc pas réellement libre; l'Angleterre avait tenté de placer à Port-Vila même un certain M. de Romily, comme consul, alors que ces fonctions étaient incompatibles et avec l'esprit de la convention de 1887 et avec l'absence totale de tout gouvernement régulier aux Hébrides; nous demandions le retrait de ce personnage avec insistance; par conséquent si nous reconnaissions la validité des pouvoirs de M. Chevillard, un gouvernement se trouvait exister et notre demande n'avait plus de fondements. Le cas était embarrassant!
On le résolut par l'inertie; et la commune de Franceville, après une existence éphémère, s'éteignit sans bruit. Cette tentative d'émancipation porta cependant des fruits; elle avait montré le besoin pressant de rattacher ces colons par trop abandonnés à une juridiction capable de leur donner l'existence civile, la possibilité de valider leurs titres de propriété, de se marier, de légitimer leurs enfants, de tester, etc., et après bien des atermoiements regrettables à tous égards,—attendu que l'Angleterre avait, depuis 1881, conféré au gouverneur des Fidji la haute juridiction sur ses nationaux établis dans les archipels du Pacifique,—le Gouvernement français fit voter, le 31 juillet 1900, une loi nommant le gouverneur de la Calédonie, commissaire général de la République dans le Pacifique.
Actuellement, nous avons un résident à Port-Vila ou Franceville—car le nom demeure—qui remplit, à l'entière satisfaction des colons, les fonctions de maire, en ce qui concerne les colons français, à côté d'un résident anglais revêtu des mêmes prérogatives, vis-à-vis de ses nationaux; c'est une organisation bien rudimentaire et qui laisse la porte ouverte à bien des difficultés, mais c'est néanmoins un immense progrès sur le passé et un bienfait pour cette intéressante population.
L'accord franco-anglais du 8 avril 1904 a laissé pendante la question de l'annexion des Nouvelles-Hébrides; il prévoit cependant la législation qui permettra aux colons français et anglais de faire constater et enregistrer leurs droits de propriété foncière.
Dès 1875, les gens éclairés, que préoccupait l'avenir de notre grande île calédonienne et de notre influence dans le Pacifique oriental, pressaient le Gouvernement de la République de prendre possession des Nouvelles-Hébrides. Ils faisaient valoir des arguments qui ont gardé toute leur force: la superficie de nos possessions serait doublée et leur valeur considérablement augmentée par cette acquisition d'un sol éminemment propre à la culture, venant s'ajouter au sol minier de la Calédonie; dans plusieurs de ces îles il existait des établissements européens s'approvisionnant à Nouméa et y expédiant le coprah, le coton, le maïs, des fruits, des bois précieux, de l'écaille... et des travailleurs néo-hébridais, dont le nombre, en 1875, était de 3 500, rien qu'en Calédonie; il était à craindre que ce commerce actif et gros de promesses pour l'avenir ne prit, peu à peu, le chemin de l'Australie et des Fidji, par le fait de l'extension croissante du tonnage anglais dans les mers du Sud; enfin que cet archipel ne devint anglais, et que la Calédonie, enserrée de toutes parts par les colonies anglaises, ne fût fatalement vouée à ne commercer qu'avec l'étranger. Mais la raison, qui était à cette époque la plus pressante, était celle du recrutement des travailleurs pour l'exploitation des mines de nickel.
LE PORT DE FRANCEVILLE OU PORT-VILA, DANS L'ÎLE VATÉ, PRÉSENTE UNE RADE MAGNIFIQUE. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
On peut dire, en toute vérité, que le développement de l'influence française est l'œuvre de M. Higginson, qui occupait une situation considérable en Nouvelle-Calédonie. M. Higginson est mort à Paris en 1904. Homme d'un caractère énergique et aventureux, d'une intelligence vive et audacieuse, doué de ce tempérament d'action qui conduit aux grandes entreprises, aux grandes fortunes et permet d'affronter les revers sans découragement, il fut le roi du nickel, il fut peut-être l'homme le plus influent de la Calédonie.
De bonne heure, dès 1870, il rêva les Hébrides françaises, de les conquérir à la France, non sans doute à la manière d'un soldat qui, une fois le pavillon planté et l'ordre assuré, se retire, mais à la manière d'un négociant qui suppute les avantages et les bénéfices de l'œuvre qu'il médite. À la tête d'une importante maison commerciale, il employa son influence et son crédit à favoriser l'immigration aux Hébrides et à solliciter du Gouvernement l'annexion pure et simple. Avant 1878, c'était possible, aisé même au moment où l'Angleterre s'établissait aux Fidji; après, il fallut songer à un moyen détourné, à une pénétration pacifique. Dans ce but, M. Higginson, recourant à la fois à l'initiative privée et au Gouvernement, fonda la Compagnie calédonienne des Nouvelles-Hébrides, en 1882, pour acheter la plus grande surface de terre possible, établir des centres de culture et enfin réunir l'archipel à la Calédonie par un service de navire à vapeur et de goélettes à voiles, qui recueilleraient les produits des colons et des «coprah-makers». La Compagnie actuelle se dit possesseur de 800 000 hectares, sur lesquels elle est tenue de remettre en toute propriété 20 000 hectares au Gouvernement, en reconnaissance de la subvention versée, lorsque celui-ci le désirera, pour y établir soit des colons libres, soit des condamnés libérés.
C'EST À PORT-VILA OU FRANCEVILLE, DANS L'ÎLE VATÉ, QUE LA FRANCE A UN RÉSIDENT.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
La meilleure et la seule façon de témoigner son droit de propriété est de faire œuvre de propriétaire, c'est-à-dire d'opérer des travaux: débroussement, culture, construction d'habitations et de magasins, c'est ce que fit la Compagnie dans quatre îles, aux points le plus avantageusement situés en vue du développement futur de l'archipel, à Port-Vila, île Vaté; à Port-Sandwich, île Mallicolo; au canal du Segond, île de Spiritu-Santo; enfin à Vanua Lava des Banks. Elle créa dans les trois premiers ports, les seuls susceptibles d'un réel avenir commercial, de vastes établissements de culture où réellement un effort considérable fut fait: plantation de caféiers, de cocotiers, de vanilliers, de cacaoyers, de maïs, etc.; usine de séchage et de décorticage à Port-Vila, maisons d'habitation confortables avec magasins de vente de produits alimentaires et de pacotille, de traite, etc. En outre, elle établit de nombreux coprah-makers un peu partout, et fit les premières avances aux colons qui désiraient s'établir, soit comme fermiers de la Société, soit comme colons libres, se mit en rapport avec la Société de Colonisation de Paris, qui envoya des colons en 1887, établit des missionnaires maristes, eut des goélettes pour recruter les travailleurs et ramasser le coprah des stations éparses; enfin un navire à vapeur, avec Nouméa comme port d'attache, relia mensuellement l'archipel à la Nouvelle-Calédonie. La Compagnie remplissait donc fidèlement son programme, et aujourd'hui, lorsqu'on parcourt ces propriétés momentanément inexploitées, laissées à la garde d'un homme,—la Compagnie actuellement propriétaire est en liquidation,—on ne peut nier qu'il n'y ait eu un effort considérable de fait, et qu'il n'y ait, sous la brousse envahissante, une énorme richesse en réserve, prête à produire pour celui qui l'exploitera judicieusement.
La Société calédonienne fit cependant de mauvaises affaires; mais étant donné le but patriotique avoué que ses membres se proposaient, les capitaux déjà engagés, l'avenir probable de ces terres fertiles, le Gouvernement aida à la création de la Société française des Nouvelles-Hébrides par une subvention annuelle de 360 000 francs à verser jusqu'en 1908, Société nouvelle qui absorba, en 1894, la première à bout de souffle et la remplaça.
Cette Société nouvelle est à son tour en liquidation; elle n'a vécu que sept ans, pendant lesquels elle a fait quelques efforts dont il faut lui tenir compte: établissement de nouveaux centres de culture, entreprise d'une exploitation de soufre au volcan de Vanua Lava, construction d'un hôpital et d'un orphelinat à Franceville, tenus par les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, augmentation du nombre des missions catholiques...; enfin elle a agi de tout son pouvoir auprès du Gouvernement pour la promulgation du décret, qui confère au gouverneur de la Nouvelle-Calédonie le titre et les fonctions de commissaire général de la République Française dans le Pacifique, avec pouvoir de nommer lui-même des résidents délégués.
Voilà donc deux Sociétés largement, très largement subventionnées, qui périclitent successivement. Les partisans de l'abandon de l'archipel auraient-ils raison, et cet archipel ne serait-il pour la France qu'un rocher de Sisyphe; les îles sont-elles stériles ou d'un climat trop malsain pour les blancs; la population indigène est-elle réfractaire au travail, ou trop peu dense pour fournir les bras nécessaires à la culture; en un mot la ruine successive de deux Sociétés françaises est-elle la preuve de l'impossibilité de coloniser ces îles ou la preuve de la mauvaise administration des Sociétés?
Pour quiconque a parcouru l'archipel, visité les centres habités de Vaté, de Ringdove, de Port-Sandwich, du canal du Segond, de Tanna, la réponse n'est pas douteuse: l'échec est avant tout dû à un défaut d'administration. Nous regrettons que le cadre de cette étude ne nous permette pas d'en tenter la démonstration, et nous disons simplement que le point faible de l'œuvre est que, dirigée en façade vers une exploitation agricole, elle semble, par derrière, avoir les allures d'une simple opération financière.
Quoi qu'il en soit, voici quelle était la situation des intérêts français, en 1888, d'après une statistique de l'époque. La Société occupait cinq grandes fermes, formant un total de 250 hectares de cultures diverses: maïs, cocotiers, tabac, café, légumes et fruits; elle produisait 15 tonnes de café avec 60 000 caféiers et vendait son café 1 fr. 75 le kilog.
La Société de Colonisation avait envoyé à l'île Vaté 25 familles, formant 59 personnes, dont 8 moururent en peu de temps; 16 familles, représentant 32 personnes, avaient repris la route du retour; il restait 9 familles, comptant 19 personnes, cultivant environ 20 hectares. Enfin 30 colons, anciens ou nouveaux, n'appartenant à aucune société, français, américains, suédois, métis de toute provenance, en particulier des Antilles et de la Réunion, cultivaient 440 hectares de bonnes terres et prospéraient. Ce qu'il faut, disaient ceux-ci, pour réussir, c'est un peu d'argent, savoir le métier de cultivateur et avoir surtout beaucoup de courage au début.
Quelle est la situation actuelle?
Un recensement opéré, en 1899, dans tout l'archipel, a accusé les chiffres suivants: 180 Français, 110 Anglais, et 40 individus de nationalités diverses, partisans de l'annexion à la France. Sur le chiffre de 110,—représentant l'élément australien plutôt qu'anglais,—une moitié au moins est composée des pasteurs méthodistes, wesleyens et de leurs familles, irréductibles à l'annexion française.
DIEUX INDIGÈNES OU TABOUS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Depuis 1900, la Société des Nouvelles-Hébrides, étant en liquidation, n'entretient plus que quelques gardiens. Il y a quelques mois, un recensement a accusé 250 individus français ou protégés par la France, et 150 se réclamant de l'Angleterre. À Port-Vila, île Vaté,—qui restera la capitale de l'archipel,—habitent 30 familles absolument françaises, attachées à la terre, et dont les revenus nets sont très beaux en ce moment où l'écoulement des récoltes sur Sydney et Nouméa est assuré, ces revenus sont au minimum de 10 000 francs; plusieurs atteignent jusqu'à 80 000 francs, et atteindraient 100 000 francs, n'était la difficulté de se procurer une main-d'œuvre suffisante; les revenus sont en moyenne supérieurs à 25 000 francs. Les Français de l'île Vaté sont groupés en communes, ayant un syndic à la tête de chacune d'elles, syndic nommé par le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et relevant directement du résident délégué, dont la demeure est à Port-Vila même. Ce résident a toutes les prérogatives d'un maire et en remplit les fonctions ainsi que celles de juge de paix, tient les registres de l'état civil, inflige les amendes dont le produit est employé à des travaux d'utilité publique; les communes ont pris des noms français: Port-Vila c'est Franceville, Mêlé c'est Faureville, à l'opposé il y a Courbetville, etc.
LES INDIGÈNES HÉBRIDAIS DE L'ÎLE MALLICOLO ONT UN COSTUME ET UNE PHYSIONOMIE MOINS SAUVAGES QUE CEUX DE L'ÎLE PENTECÔTE. D'APRÈS DES PHOTOGRAPHIES.
Une route de 20 kilomètres est carrossable de Courbetville à Faureville; elle a été construite par ces colons; dans les autres îles, où le nombre des colons est assez considérable, il y a également un syndic pris parmi eux, remplissant les fonctions de maire.
Pour le voyageur qui débarque à Port-Vila, il n'y a aucune hésitation: il est sur terre française, dans une colonie naissante, mais bien vivante.
Après une longue période incertaine, précaire même, la petite colonie française de Port-Vila respire et recueille enfin les fruits de son travail et de son énergie. Ces braves gens peuvent enfin, comme tout bon Français, se marier, baptiser leurs enfants, les envoyer à l'école, se faire soigner, transmettre leurs propriétés, et se faire enterrer, tout comme en France. Aussi, à l'heure actuelle, répondent-ils tous à qui les questionne: «Êtes-vous heureux?—Mais certainement. À l'anarchie qui existait et aux vexations que beaucoup ont eu à supporter de la Compagnie des Nouvelles-Hébrides, a succédé, depuis 1900 que le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie a pu nous donner une organisation civile et un résident, une sécurité précieuse, l'ordre indispensable au développement des affaires; nous n'avons d'autre impôt que les quelques amendes légères que nous inflige le syndic pour des contraventions à des arrêtés que nous avons dictés nous-mêmes; tout pousse ici à merveille; grâce enfin à la concurrence que les acheteurs d'Australie font aux acheteurs de Nouméa et, en particulier, à la Compagnie des Nouvelles-Hébrides, grâce aux trois paquebots qui, chaque mois, mouillent à Vila, deux australiens et un français (celui de la Compagnie des Nouvelles-Hébrides), grâce aussi au dégrèvement des droits de douane dont bénéficient nos expéditions à leur entrée en France, nous pouvons maintenir nos prix de vente et gagner largement notre vie. Aussi désirons-nous que les choses restent en l'état; certes, nous désirons l'annexion de tout notre cœur, mais nous ne sommes pas pressés, et nous ne craignons plus l'envahissement australien, maintenant que nous sommes groupés et rattachés officiellement à la mère patrie.»
À l'appui de cette opinion, je vais donner, pêle-mêle, les quelques détails suivants: la fête du 14 juillet se célèbre, chaque année, avec banquet, jeux variés, courses de chevaux; Franceville possède une boulangerie, de nombreuses épiceries ou stores, une auberge très confortable pour une dizaine de voyageurs, un hôpital, une chapelle, une école pour les filles, une autre pour les garçons, un quai d'accostage, des feux d'éclairage de la passe qui conduit au port, trois goélettes et de nombreux canots; on peut réunir deux voitures convenables, 40 chevaux sellés et harnachés; la volaille et les légumes abondent chez chaque colon, on tue un bœuf une fois par semaine, etc.
PIROGUES DE L'ÎLE VAO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
En décembre 1902, il y eut à Franceville même, en l'honneur de M. Picanon, gouverneur de la Calédonie, en tournée d'inspection dans l'archipel, un banquet de 120 couverts où étaient présents 20 dames françaises, 25 enfants, les 5 sœurs de Saint-Joseph de Cluny, 3 Pères missionnaires Maristes, et pour le quelles quelques Australiens de Port-Vila, le résident anglais, commodore Rawson à leur tête, s'empressèrent d'accepter l'invitation; on y but les meilleurs crus de France et du champagne de première marque.
La conclusion se tire d'elle-même. L'heure n'est pas de brusquer un dénouement de la question de l'annexion; il y a dans l'île Vaté une bonne graine qui a germé et qui, étendant peu à peu ses rameaux, nous donnera cet archipel, envers et contre les Australiens, à condition que la métropole veille avec sollicitude sur ces enfants de France, qui, eux, ne l'oublient pas!
Mais nous n'avons vu encore qu'une face de l'histoire de la colonisation des Nouvelles-Hébrides; il nous reste à chercher l'importance des intérêts anglais dans l'archipel, et à souligner l'œuvre antagoniste des Anglais, ou plus exactement des Australiens.
INDIGÈNES EMPLOYÉS AU SERVICE D'UN BATEAU.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Cette œuvre a presque uniquement pour artisans les missionnaires presbytériens. Les premiers se fixèrent dans l'archipel en 1839, non sans difficulté, puisque deux des leurs, William et Harris, furent tués à Erromango, comme ils débarquaient. En 1880, ils avaient des établissements florissants dans les îles du sud: Tanna, Anatum, Erromango, et dans la grande île du nord, Spiritu-Santo,—et nous avons déjà dit qu'en 1899 les familles de ces missionnaires comptaient environ 50 personnes.
Ces missionnaires virent naturellement, d'un très mauvais œil, l'intérêt que témoignèrent, à partir de 1875, les Calédoniens à des projets d'annexion des Nouvelles-Hébrides, puisque jusque-là ils exploitaient à eux seuls cet immense archipel et en tiraient, tant pour eux-mêmes que pour leur Société, des bénéfices importants. On ne saurait en vérité leur faire un crime de l'opposition acharnée qu'ils firent à nos projets.
Mais ces missions presbytériennes, qui étaient les seuls adversaires que nous ayons eus au début, ne tardèrent pas à nous en susciter de nouveaux.
En 1884, se fonda une Compagnie australienne Néo-Hébridaise, au capital de 10 000 livres sterling, en actions de 100 livres chacune, avec intérêt garanti par l'État de la Nouvelle-Galles du Sud; cette Société arma un navire à vapeur qui visita régulièrement les îles, important des marchandises anglaises et chargeant comme fret de retour toutes les productions du sol.
La banque Burns, Philipp and Co de Sydney s'intéressa à cette Société et a entrepris, depuis quelques années, le transport de colons australiens qu'elle installe sur des terrains dont elle se dit propriétaire. Cette Société australienne n'a pas l'envergure de notre Société française Néo-Hébridaise, mais elle ne tarderait pas à accaparer le commerce total de l'archipel, si l'autre n'était promptement relevée après sa liquidation actuelle.
Aujourd'hui, en dehors des missionnaires presbytériens ou épiscopaux, il n'y a pas à proprement parler de colons anglais aux Hébrides; il n'y a que des coprah-makers isolés et les représentants de la Compagnie de navigation Burns, Philipp and Co. Mais cette Compagnie assure un service très régulier entre Sydney et l'archipel, et lorsque le vapeur de la Société française cesse momentanément son service, elle accapare tous les frets. Outre ce service direct, deux autres navires anglais desservent Port-Vila à des dates régulières, l'un qui relie Sydney aux Fidji, avec relâche à Nouméa, et l'autre qui relie Sydney aux îles Salomon et à la Guinée.
Enfin, comme moyen de propagande, nous devons mentionner l'hôpital anglais, élevé à la pointe nord de l'île Ambrym, et dans lequel colons et indigènes reçoivent tous les soins qu'ils désirent.
Voici donc la situation exacte aujourd'hui. Dans un archipel où plus des deux tiers du sol est français, où sur le nombre des blancs, les deux tiers sont Français, cultivateurs et producteurs, ou l'autre tiers est composé d'Anglais (missionnaires, agents et débitants de conserves), presque tout le commerce maritime, le seul pouvant exister dans un archipel, se fait sous pavillon anglais.—Ce n'est pas nouveau, dira-t-on! Non, certainement, hélas!—Il est néanmoins bien évident que si l'on met en balance, en vue d'une annexion, les intérêts français et anglais, les premiers l'emportent de beaucoup sur les seconds. Et cela est si vrai que l'on a de tout temps exagéré l'opposition des Australiens à notre main-mise sur ces îles.
Les missionnaires n'ont ému l'opinion qu'à Melbourne, où ils exploitent, comme certains politiciens de l'État de Victoria, la crainte, justifiée d'ailleurs, de voir notre bagne calédonien envahir les Nouvelles-Hébrides; cette crainte est très vive dans tous les États. Mais, dira-t-on, cette crainte n'a cependant pas empêché les colonies australiennes de repousser par un vote donné à cinq voix contre sept la demande faite en 1885 par M. de Freycinet. Parfaitement, mais d'abord M. de Freycinet ne parlait que des relégués et non de supprimer totalement le transport des condamnés de toutes les catégories: le bagne demeurait donc, et les évasions sont fréquentes; de plus, il eût fallu donner, dès la lettre, l'assurance que le recrutement des indigènes pour le Queensland et Fidji continuerait à être autorisé.
UN SOUS-BOIS DANS L'ÎLE DE SPIRITU-SANTO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Nous connaissons maintenant, dans toute sa généralité, la question franco-anglaise des Nouvelles-Hébrides; il nous reste à parler du pays lui-même, de ses productions et de ses habitants.
Les Nouvelles-Hébrides, situées entre le 15e et le 20e parallèle sud, ont la flore tropicale; le soleil et les pluies abondantes donnent au sol cette puissance de production prodigieuse et spéciale à ces contrées.
Ces îles sont éternellement recouvertes d'un manteau de verdure, aux tons doux et chauds jusqu'au faîte le plus élevé des montagnes; seuls les sommets des volcans en activité à Tanna et à Ambrym, à Vanua Lava, empanachés de fumée, émergent de ces blocs sous leur linceul de cendres grises. La terre, inculte depuis des siècles, n'est qu'un humus léger, noirâtre, un terreau d'une extrême fertilité, fait de l'accumulation incessante des herbes et des arbres morts. Les essences indigènes sont le palmier-ivoire, le cocotier, le bourdo, le tamanou, le banian, le bois de fer, le bois de rose, le bois de sandal—ce dernier à peu près épuisé—le pandanus, le palétuvier, le maïoré, le bananier; puis les fougères, dont on connaît plus de cinquante variétés, les hibiscus, les dracenas, les liserons, etc. On y a introduit l'oranger, le citronnier, le caféier, le cacaoyer, puis les légumineuses, les graminées et en particulier le maïs, les solanées, etc, qui viennent avec le même succès que le taro, l'igname, l'arrow-root et la canne à sucre.
La faune est pauvre, en dehors des petits oiseaux multicolores, hirondelles et martins-pêcheurs; le seul gibier est le pigeon, dont il y a plusieurs espèces, depuis le pigeon sauvage à plumage vert jusqu'au notou, pigeon de grosse taille, que l'on ne trouve qu'en Calédonie et aux Hébrides; enfin quelques canards, plusieurs courlis sur le bord du rivage; le gibier à poil n'est représenté que par le porc domestique retourné à l'état sauvage dans la brousse.
UN BANQUET DE FRANÇAIS À PORT-VILA (FRANCEVILLE).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
LA COLONIE FRANÇAISE DE PORT-VILA (FRANCEVILLE).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
La température oscille, suivant l'époque, de 20 à 35 degrés; la saison sèche, en même temps saison fraîche, va d'avril en octobre, c'est l'hiver; la saison des pluies, ou saison chaude, va d'octobre à avril, c'est l'été, pendant lesquels les seuls mois pénibles sont janvier et février. Comme dans tous les pays tropicaux, la fièvre paludéenne y est endémique, mais, particularité heureuse et toute spéciale, elle n'y revêt jamais un caractère grave, et on ne cite pas qu'elle ait occasionné de décès.
Les colons y sont d'autant plus sujets que leurs habitations sont plus encaissées dans la brousse; mais au bout de deux années, le tribut d'acclimatement est payé. L'insalubrité de ces îles a été exagérée: la prospérité de la colonie française de l'île Vaté est là pour le certifier.
La grande production naturelle des îles est le coprah ou noix desséchée du coco, dont les usines de San Francisco, Sydney, Londres et Hambourg retirent l'huile nécessaire à la savonnerie et à tous autres emplois industriels.
La tonne de coprah coûte au producteur, colon ou coprah-maker, de 60 à 100 francs et il la vend 200 francs sur place, elle est achetée par les usines de 250 à 300 francs. Le colon estime que chaque cocotier produit, pendant vingt-cinq à trente ans, 2 francs par an, et aux Hébrides, où le terrain ne manque pas, certaines propriétés possèdent de cinquante à cent mille cocotiers en rapport.
Le coprah-maker, lui, est un enfant perdu au milieu des indigènes; établi pour le compte d'un colon ou d'une société sur le bord d'une plage accessible aux embarcations des navires de commerce, il amasse toutes les noix de coco que les indigènes lui livrent contre du tabac, de la cotonnade, articles divers de pacotille. C'est une situation peu enviable que la sienne; d'ailleurs, ces coprah-makers sont peu recommandables, ayant souvent un passé brumeux, et il faut dire en vérité que toute difficulté qui surgit est le fait d'un coprah-maker, si elle n'est le fait d'un capitaine recruteur.
On estime qu'il s'exporte 4 000 tonnes de coprah par an de l'archipel. Après le coprah vient le café, et les producteurs français tentent, depuis deux ans, de lancer la marque «la roussette» pour faire connaître leurs cafés; sur place, le kilo est vendu 1 fr. 50, il revient au colon à environ 1 franc; puis vient le maïs dont on fait trois récoltes et quelquefois quatre par an; en comptant 20 francs le prix des 100 kilos, un hectare rapporte aisément 2 000 francs par an; enfin le cacaoyer et la vanille—à l'essai—paraissent devoir rivaliser comme rendement avec les premières cultures. Mais ces productions sont celles qui peuvent attendre longtemps en magasin l'arrivée d'un navire ou l'occasion favorable d'un navire démuni de fret, ou la hausse des cours sur les grands marchés; lorsque ces îles seront plus fréquentées et mieux desservies, on pourra exploiter le bananier, l'oranger, le citronnier; exporter les bananes et toutes sortes de légumes.
On estime à 70 000 le nombre des indigènes de l'archipel, mais c'est une estimation sans fondement sérieux, car si le pourtour des îles est connu, on n'a jamais pénétré dans le centre des îles, et on ignore absolument quelle peut être la densité de la population des «bush men», des hommes de la brousse, vrais sauvages, toujours en guerre avec les «seamen», ou hommes du bord de la mer, qui représentent l'élément civilisé. Mais quelle civilisation!
La base de la société néo-hébridaise est la famille, mais avec la polygamie et la servitude complète de la femme; l'homme n'a d'autre occupation que la guerre, et comme malheureusement elle est perpétuelle, c'est bien plus ce fléau que tous les autres que l'on invoque, qui fait tomber si rapidement le chiffre de cette population. Il n'est pas rare de voir la femme occupée à la plantation des ignames, pendant que l'homme fait le guet. L'anarchie est complète dans chacune de ces îles; chaque village est indépendant, comme chaque famille l'est également; pas de chefs ni petits ni grands, c'est l'état le plus primitif que l'on puisse concevoir. Sans doute dans l'avenir cette race se haussera-t-elle quelque peu par le contact permanent des Européens, mais jusqu'ici les efforts des missionnaires ont été tout à fait superficiels, et dès qu'un indigène revient dans son village, après un long temps passé soit dans une mission, soit chez un colon, il s'empresse de retourner à sa barbarie. Les actes d'anthropophagie n'ont pas complètement disparu encore sur la côte, ce dont on peut induire qu'ils sont fréquents chez les «bushmen» de l'intérieur; ce n'est pas la faim qui les provoque, mais presque toujours la superstition et la tradition qui veulent qu'un ennemi abattu soit mangé. À la fin de 1902, un père missionnaire, à Mallicolo, ayant appris qu'un village s'apprêtait à manger le cadavre d'un ennemi, se rendit immédiatement sur les lieux, mais ne trouva qu'une jambe non encore passée au feu et il dut l'acheter pour que les indigènes le laissassent l'emporter et l'enterrer.
Et maintenant la Société française des Nouvelles-Hébrides renaîtra-t-elle une seconde fois de ses cendres? Nous l'espérons et le désirons ardemment, car malgré les reproches qu'on a à lui faire, c'est à elle que la France est en définitive redevable de sa situation prépondérante aux Hébrides.
Depuis l'année 1900, une Commission étudie sur quelles bases nouvelles l'État pourrait s'appuyer pour réédifier la Société, car il n'y a pas seulement qu'une question de subvention, il y a aussi à établir le mode le meilleur de contrôle, de surveillance, de direction même de l'État vis-à-vis d'une Société à laquelle sont confiés des intérêts patriotiques, qui a une mission quasi-officielle et qui, à deux reprises, a sombré là où elle pouvait, où elle devait réussir. Mais que la Commission se hâte, qu'elle n'oublie pas dans une trop longue étude de cabinet que la devise de l'Australien est «go ahead!» et qu'il y est fidèle.
Pour clore cette étude sur les Nouvelles-Hébrides, je citerai ces paroles que me disait, il y a quelques mois, un colon de Franceville, en me montrant une troupe d'enfants: «Qu'on nous laisse faire et cette graine se multipliera; nous préparons ici un nouveau Canada, une nouvelle Louisiane; à la mère patrie de nous protéger de son drapeau!»
Raymond Bel.
LA RIVIÈRE DE LUGANVILLE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Droits de traduction et de reproduction réservés.
TABLE DES GRAVURES ET CARTES
L'ÉTÉ AU KACHMIR
Par Mme F. MICHEL
En «rickshaw» sur la route du mont Abou. (D'après une photographie.) 1
L'éléphant du touriste à Djaïpour. 1
Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou. (D'après une photographie.) 2
Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi. (Dessin de Massias, d'après une photographie.) 3
Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du Djhilam. (D'après une photographie.) 4
«Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais de Rampour. (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 5
Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri. (D'après une photographie.) 6
Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Maharadja à Srinagar. (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.) 7
L'entrée du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de Srinagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 7
Ruines du temple de Brankoutri. (D'après une photographie.) 8
Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 9
Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 10
La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 11
Nos tentes à Lahore. (D'après une photographie.) 12
«Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 13
Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13
Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un vieux platane. (D'après une photographie.) 14
Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 15
Campement près de Palhallan: tentes et doungas. (D'après une photographie.) 16
Troisième pont de Srinagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond, le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 17
Le temple inondé de Pandrethan. (D'après une photographie.) 18
Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 19
Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan. (D'après une photographie.) 20
Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 21
Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 22
Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un musulman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 23
Temple hindou moderne à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 24
Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou. (D'après une photographie.) 25
Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée, à Houtamourou, près de Bhavan. 25
Temple ruiné, à Khotair. (D'après une photographie.) 26
Naga ou source sacrée de Kothair. (D'après une photographie.) 27
Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source. (D'après une photographie.) 28
Temple rustique de Voutanar. (D'après une photographie.) 29
Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte. (D'après une photographie.) 30
Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé. (D'après une photographie.) 31
Sacrifice bhramanique, à Bhavan. (D'après une photographie.) 31
Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au déblaiement. (D'après une photographie.) 32
Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple. (D'après des photographies.) 33
Place du campement sous les platanes, à Bhavan. (D'après une photographie.) 34
La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 35
Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar. (D'après une photographie.) 36
Maisons de bois, à Palgam. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 37
Palanquin et porteurs. 37
Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche miraculeuse. (D'après une photographie.) 38
Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 39
Vallée d'Amarnath: vue prise de la grotte. (D'après une photographie.) 40
Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du Mahagounas. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 41
Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et Zodji-Pal. (D'après une photographie.) 42
Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
Grotte d'Amarnath. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'après une photographie.) 44
Campement de Goudjars à Astan-Marg. (D'après une photographie.) 45
Le bain des pèlerins à Amarnath. (D'après une photographie.) 46
Pèlerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrière, des brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir. (D'après une photographie.) 47
Mosquée de village au Kachmir. (D'après une photographie.) 48
Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 49
Mendiant musulman. (D'après une photographie.) 49
Le Brahma Sar et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk. (D'après une photographie.) 50
Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 51
Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins. (D'après une photographie.) 52
Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur «hangri» (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 53
Temples ruinés à Vangath. (D'après une photographie.) 54
«Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal. (En haut, photographie par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 55
La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar. (D'après une photographie.) 56
Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 57
Le canal de Mar à Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 58
La mosquée de Shah Hamadan à Srinagar (rive droite). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 59
Spécimens de l'art du Kachmir. (D'après une photographie.) 60
SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE
Par le docteur LAMY
Médecin-major des troupes coloniales.
La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force pour la mise à l'eau d'une pirogue. (D'après une photographie.) 61
Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur. (D'après une photographie.) 61
«Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de Petit-Alépé». (D'après une photographie.) 62
À Motéso: soins maternels. (D'après une photographie.) 63
Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée. (D'après une photographie.) 64
Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile de palme. (D'après une photographie.) 65
Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne. (D'après une photographie.) 66
Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé. (D'après une photographie.) 67
La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'après une photographie.) 68
Indigènes coupant un acajou. (D'après une photographie.) 69
La côte d'Ivoire. — Le pays Attié. 70
Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les indigènes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lavée, d'après une photographie.) 71
La rue principale de Grand-Alépé. (D'après une photographie.) 72
Les Trois Graces de Mopé (pays Attié). (D'après une photographie.) 73
Femme du pays Attié portant son enfant en groupe. (D'après une photographie.) 73
Une clairière près de Mopé. (D'après une photographie.) 74
La garnison de Mopé se porte à notre rencontre. (D'après une photographie.) 75
Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de cendres de peaux de bananes. (D'après une photographie.) 76
Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé. (D'après une photographie.) 77
Toilette et embaumement du défunt. (D'après une photographie.) 78
Jeune femme et jeune fille de Mopé. (D'après une photographie.) 79
Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué. (D'après une photographie.) 80
Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes et de ses hauts dignitaires. (D'après une photographie.) 81
Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso. (D'après une photographie.) 82
La vallée du Comoé à Malamalasso. (D'après une photographie.) 83
Tam-tam de guerre à Mopé. (D'après une photographie.) 84
Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant. (D'après une photographie.) 85
Allou, le boy du docteur Lamy. (D'après une photographie.) 85
La forêt tropicale à la côte d'Ivoire. (D'après une photographie.) 86
Le débitage des arbres. (D'après une photographie.) 87
Les lianes sur la rive du Comoé. (D'après une photographie.) 88
Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et farniente Attié. (D'après une photographie.) 89