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LE TOUR DU MONDE
PARIS
IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
20, rue du Dragon, 20
NOUVELLE SÉRIE — 11e ANNÉE 2e SEMESTRE
LE TOUR DU MONDE
JOURNAL
DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS
Le Tour du Monde
a été fondé par Édouard Charton
en 1860
PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
1905
Droits de traduction et de reproduction réservés.
TABLE DES MATIÈRES
L'ÉTÉ AU KACHMIR
Par Mme F. MICHEL
I. De Paris à Srinagar. — Un guide pratique. — De Bombay à Lahore. — Premiers préparatifs. — En tonga de Rawal-Pindi à Srinagar. — Les Kachmiris et les maîtres du Kachmir. — Retour à la vie nomade. 1
II. La «Vallée heureuse» en dounga. — Bateliers et batelières. — De Baramoula à Srinagar. — La capitale du Kachmir. — Un peu d'économie politique. — En amont de Srinagar. 13
III. Sous la tente. — Les petites vallées du Sud-Est. — Histoires de voleurs et contes de fées. — Les ruines de Martand. — De Brahmanes en Moullas. 25
IV. Le pèlerinage d'Amarnath. — La vallée du Lidar. — Les pèlerins de l'Inde. — Vers les cimes. — La grotte sacrée. — En dholi. — Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37
V. Le pèlerinage de l'Haramouk. — Alpinisme funèbre et hydrothérapie religieuse. — Les temples de Vangâth. — Frissons d'automne. — Les adieux à Srinagar. 49
SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
Par le docteur LAMY
Médecin-major des troupes coloniales.
I. Voyage dans la brousse. — En file indienne. — Motéso. — La route dans un ruisseau. — Denguéra. — Kodioso. — Villes et villages abandonnés. — Où est donc Bettié? — Arrivée à Dioubasso. 61
II. Dans le territoire de Mopé. — Coutumes du pays. — La mort d'un prince héritier. — L'épreuve du poison. — De Mopé à Bettié. — Bénie, roi de Bettié, et sa capitale. — Retour à Petit-Alépé. 73
III. Rapports et résultats de la mission. — Valeur économique de la côte d'Ivoire. — Richesse de la flore. — Supériorité de la faune. 85
IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam. — Deuils nombreux. — Retour en France. 90
L'ÎLE D'ELBE
Par M. PAUL GRUYER
I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. — Deux mots d'histoire. — Débarquement à Porto-Ferraio. — Une ville d'opéra. — La «teste di Napoleone» et le Palais impérial. — La bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. — Offre à Napoléon III, après Sedan. — La bibliothèque de l'Empereur. — Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du poète. — Un enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des limbes. — Les différentes routes de l'île. 97
II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. — Soir tempétueux et morne tristesse. — L'ascension du Monte Giove. — Un village dans les nuées. — L'Ermitage de la Madone et la «Sedia di Napoleone». — Le vieux gardien de l'infini. «Bastia, Signor!». Vision sublime. — La côte orientale de l'île. Capoliveri et Porto-Longone. — La gorge de Monserrat. — Rio 1 Marina et le monde du fer. 109
III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe. — Installation aux Mulini. — L'Empereur à la gorge de Monserrat. — San Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et le miroir de la Vérité. — L'Empereur transporte ses pénates sur le Monte Giove. — Elbe perdue pour la France. — L'ancien Musée de San Martino. Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le lit de Madame Mère. — Où il faut chercher à Elbe les vraies reliques impériales. «Apollon gardant ses troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de la signorina Squarci. — L'église de l'archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. — Le vieil aveugle de Porto-Ferraio. 121
D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
Par M. VICTOR CHAPOT
membre de l'École française d'Athènes.
I. — Alexandrette et la montée de Beïlan. — Antioche et l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. — La route d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. — Premier aperçu d'Alep. 133
II. — Ma caravane. — Village d'Yazides. — Nisib. — Première rencontre avec l'Euphrate. — Biredjik. — Souvenirs des Hétéens. — Excursion à Resapha. — Comment atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter? — Enfin à Orfa! 145
III. — Séjour à Orfa. — Samosate. — Vallée accidentée de l'Euphrate. — Roum-Kaleh et Aïntab. — Court repos à Alep. — Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. — Huit jours trappiste! — Conclusion pessimiste. 157
LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
Par M. RAYMOND BEL
À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou Australie? Le condominium anglo-français de 1887. — L'œuvre de M. Higginson. — Situation actuelle des îles. — L'influence anglo-australienne. — Les ressources des Nouvelles-Hébrides. — Leur avenir. 169
LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
Par M. ALBERT THOMAS
I. — Moscou. — Une déception. — Le Kreml, acropole sacrée. — Les églises, les palais: deux époques. 182
II. — Moscou, la ville et les faubourgs. — La bourgeoisie moscovite. — Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le Kreml et la ville. 193
III. — La foire de Nijni: marchandises et marchands. — L'œuvre du commerce. — Sur la Volga. — À bord du Sviatoslav. — Une visite à Kazan. — La «sainte mère Volga». 205
IV. — De Samara à Tomsk. — La vie du train. — Les passagers et l'équipage: les soirées. — Dans le steppe: l'effort des hommes. — Les émigrants. 217
V. — Tomsk. — La mêlée des races. — Anciens et nouveaux fonctionnaires. — L'Université de Tomsk. — Le rôle de l'État dans l'œuvre de colonisation. 229
VI. — Heures de retour. — Dans l'Oural. — La Grande-Russie. — Conclusion. 241
LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
Par M. GERSPACH
La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. — Un peu d'histoire et de géographie. — La cathédrale de Saint-Laurent. — L'église Sainte-Marie-des-Anges. — Lugano, la ville des fresques. — L'œuvre du Luini. — Procédés employés pour le transfert des fresques. 253
SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
Par M. ÉMILE DESCHAMPS
I. — Woo-Sung. — Au débarcadère. — La Concession française. — La Cité chinoise. — Retour à notre concession. — La police municipale et la prison. — La cangue et le bambou. — Les exécutions. — Le corps de volontaires. — Émeutes. — Les conseils municipaux. 265
II. — L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï. — Pharmacie chinoise. — Le camp de Kou-ka-za. — La fumerie d'opium. — Le charnier des enfants trouvés. — Le fournisseur des ombres. — La concession internationale. — Jardin chinois. — Le Bund. — La pagode de Long-hoa. — Fou-tchéou-road. — Statistique. 277
L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
Par M. BARGY
Le problème de la civilisation des nègres. — L'Institut Hampton, en Virginie. — La vie de Booker T. Washington. — L'école professionnelle de Tuskegee, en Alabama. — Conciliateurs et agitateurs. — Le vote des nègres et la casuistique de la Constitution. 289
À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
Par le Major PERCY MOLESWORTH SYKES
Consul général de S. M. Britannique au Khorassan.
I. — Arrivée à Astrabad. — Ancienne importance de la ville. — Le pays des Turkomans: à travers le steppe et les Collines Noires. — Le Khorassan. — Mechhed: sa mosquée; son commerce. — Le désert de Lout. — Sur la route de Kirman. 301
II. — La province de Kirman. — Géographie: la flore, la faune; l'administration, l'armée. — Histoire: invasions et dévastations. — La ville de Kirman, capitale de la province. — Une saison sur le plateau de Sardou. 313
III. — En Baloutchistan. — Le Makran: la côte du golfe Arabique. — Histoire et géographie du Makran. — Le Sarhad. 325
IV. — Délimitation à la frontière perso-baloutche. — De Kirman à la ville-frontière de Kouak. — La Commission de délimitation. — Question de préséance. — L'œuvre de la Commission. — De Kouak à Kélat. 337
V. — Le Seistan: son histoire. — Le delta du Helmand. — Comparaison du Seistan et de l'Égypte. — Excursions dans le Helmand. — Retour par Yezd à Kirman. 349
AUX RUINES D'ANGKOR
Par M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES
De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang. — À la rame sur le Grand-Lac. — Les charrettes cambodgiennes. — Siem-Réap. — Le temple d'Angkor. — Angkor-Tom — Décadence de la civilisation khmer. — Rencontre du second roi du Cambodge. — Oudong-la-Superbe, capitale du père de Norodom. — Le palais de Norodom à Pnôm-penh. — Pourquoi la France ne devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361
EN ROUMANIE
Par M. Th. HEBBELYNCK
I. — De Budapest à Petrozeny. — Un mot d'histoire. — La vallée du Jiul. — Les Boyards et les Tziganes. — Le marché de Targu Jiul. — Le monastère de Tismana. 373
II. — Le monastère d'Horezu. — Excursion à Bistritza. — Romnicu et le défilé de la Tour-Rouge. — De Curtea de Arges à Campolung. — Défilé de Dimboviciora. 385
III. — Bucarest, aspect de la ville. — Les mines de sel de Slanic. — Les sources de pétrole de Doftana. — Sinaïa, promenade dans la forêt. — Busteni et le domaine de la Couronne. 397
CROQUIS HOLLANDAIS
Par M. Lud. GEORGES HAMÖN
Photographies de l'auteur.
I. — Une ville hollandaise. — Middelburg. — Les nuages. — Les boerin. — La maison. — L'éclusier. — Le marché. — Le village hollandais. — Zoutelande. — Les bons aubergistes. — Une soirée locale. — Les sabots des petits enfants. — La kermesse. — La piété du Hollandais. 410
II. — Rencontre sur la route. — Le beau cavalier. — Un déjeuner décevant. — Le père Kick. 421
III. — La terre hollandaise. — L'eau. — Les moulins. — La culture. — Les polders. — Les digues. — Origine de la Hollande. — Une nuit à Veere. — Wemeldingen. — Les cinq jeunes filles. — Flirt muet. — Le pochard. — La vie sur l'eau. 423
IV. — Le pêcheur hollandais. — Volendam. — La lessive. — Les marmots. — Les canards. — La pêche au hareng. — Le fils du pêcheur. — Une île singulière: Marken. — Au milieu des eaux. — Les maisons. — Les mœurs. — Les jeunes filles. — Perspective. — La tourbe et les tourbières. — Produit national. — Les tourbières hautes et basses. — Houille locale. 433
ABYDOS
dans les temps anciens et dans les temps modernes
Par M. E. AMELINEAU
Légende d'Osiris. — Histoire d'Abydos à travers les dynasties, à l'époque chrétienne. — Ses monuments et leur spoliation. — Ses habitants actuels et leurs mœurs. 445
VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
Par M. JULES BROCHEREL
I. — De Tachkent à Prjevalsk. — La ville de Tachkent. — En tarentass. — Tchimkent. — Aoulié-Ata. — Tokmak. — Les gorges de Bouam. — Le lac Issik-Koul. — Prjevalsk. — Un chef kirghize. 457
II. — La vallée de Tomghent. — Un aoul kirghize. — La traversée du col de Tomghent. — Chevaux alpinistes. — Une vallée déserte. — Le Kizil-tao. — Le Saridjass. — Troupeaux de chevaux. — La vallée de Kachkateur. — En vue du Khan-Tengri. 469
III. — Sur le col de Tuz. — Rencontre d'antilopes. — La vallée d'Inghiltchik. — Le «tchiou mouz». — Un chef kirghize. — Les gorges d'Attiaïlo. — L'aoul d'Oustchiar. — Arrêtés par les rochers. 481
IV. — Vers l'aiguille d'Oustchiar. — L'aoul de Kaënde. — En vue du Khan-Tengri. — Le glacier de Kaënde. — Bloqués par la neige. — Nous songeons au retour. — Dans la vallée de l'Irtach. — Chez le kaltchè. — Cuisine de Kirghize. — Fin des travaux topographiques. — Un enterrement kirghize. 493
V. — L'heure du retour. — La vallée d'Irtach. — Nous retrouvons la douane. — Arrivée à Prjevalsk. — La dispersion. 505
VI. — Les Khirghizes. — L'origine de la race. — Kazaks et Khirghizes. — Le classement des Bourouts. — Le costume khirghize. — La yourte. — Mœurs et coutumes khirghizes. — Mariages khirghizes. — Conclusion. 507
L'ARCHIPEL DES FEROÉ
Par Mlle ANNA SEE
Première escale: Trangisvaag. — Thorshavn, capitale de l'Archipel; le port, la ville. — Un peu d'histoire. — La vie végétative des Feroïens. — La pêche aux dauphins. — La pêche aux baleines. — Excursions diverses à travers l'Archipel. 517
PONDICHÉRY
chef-lieu de l'Inde française
Par M. G. VERSCHUUR
Accès difficile de Pondichéry par mer. — Ville blanche et ville indienne. — Le palais du Gouvernement. — Les hôtels de nos colonies. — Enclaves anglaises. — La population; les enfants. — Architecture et religion. — Commerce. — L'avenir de Pondichéry. — Le marché. — Les écoles. — La fièvre de la politique. [529]
UNE PEUPLADE MALGACHE
LES TANALA DE L'IKONGO
Par M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ
I. — Géographie et histoire de l'Ikongo. — Les Tanala. — Organisation sociale. Tribu, clan, famille. — Les lois. 541
II. — Religion et superstitions. — Culte des morts. — Devins et sorciers. — Le Sikidy. — La science. — Astrologie. — L'écriture. — L'art. — Le vêtement et la parure. — L'habitation. — La danse. — La musique. — La poésie. 553
LA RÉGION DU BOU HEDMA
(sud tunisien)
Par M. Ch. MAUMENÉ
Le chemin de fer Sfax-Gafsa. — Maharess. — Lella Mazouna. — La forêt de gommiers. — La source des Trois Palmiers. — Le Bou Hedma. — Un groupe mégalithique. — Renseignements indigènes. — L'oued Hadedj et ses sources chaudes. — La plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. — Bir Saad. — Manoubia. — Khrangat Touninn. — Sakket. — Sened. — Ogla Zagoufta. — La plaine et le village de Mech. — Sidi Abd el-Aziz. 565
DE TOLÈDE À GRENADE
Par Mme JANE DIEULAFOY
I. — L'aspect de la Castille. — Les troupeaux en transhumance. — La Mesta. — Le Tage et ses poètes. — La Cuesta del Carmel. — Le Cristo de la Luz. — La machine hydraulique de Jualino Turriano. — Le Zocodover. — Vieux palais et anciennes synagogues. — Les Juifs de Tolède. — Un souvenir de l'inondation du Tage. 577
II. — Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. — Les pupilles de l'évêque Siliceo. — Santo Tomé et l'œuvre du Greco. — La mosquée de Tolède et la reine Constance. — Juan Guaz, premier architecte de la Cathédrale. — Ses transformations et adjonctions. — Souvenirs de las Navas. — Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique est son exécutrice testamentaire. — Ximénès. — Le rite mozarabe. — Alvaro de Luda. — Le porte-bannière d'Isabelle à la bataille de Toro. 589
III. — Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les chroniques. — San Juan de los Reyes. — L'hôpital de Santa Cruz. — Les Sœurs de Saint-Vincent de Paul. — Les portraits fameux de l'Université. — L'ange et la peste. — Sainte-Léocadie. — El Cristo de la Vega. — Le soleil couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601
IV. — Les «cigarrales». — Le pont San Martino et son architecte. — Dévouement conjugal. — L'inscription de l'Hôtel de Ville. — Cordoue, l'Athènes de l'Occident. — Sa mosquée. — Ses fils les plus illustres. — Gonzalve de Cordoue. — Les comptes du Gran Capitan. — Juan de Mena. — Doña Maria de Parèdes. — L'industrie des cuirs repoussés et dorés. 613
TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.—45e LIV. No 45.—11 Novembre 1905.
GROUPE DE BRAHMANES ÉLECTEURS FRANÇAIS (page [538]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
PONDICHÉRY, CHEF-LIEU DE L'INDE FRANÇAISE
Par M. C. VERSCHUUR.
Accès difficile de Pondichéry par mer. — Ville blanche et ville indienne. — Le palais du Gouvernement. — Les hôtels de nos colonies. — Enclaves anglaises. — La population; les enfants. — Architecture et religion. — Commerce. — L'avenir de Pondichéry. — Le marché. — Les écoles. — La fièvre de la politique.
MUSICIEN INDIEN DE PONDICHÉRY.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
De tout ce que la France a su garder de son ancien empire des Indes, constituant à l'heure qu'il est une des plus puissantes colonies de la couronne britannique, une simple bandelette de terre représente aujourd'hui la partie la plus importante. C'est sur ce sol d'alluvion que se dresse la ville de Pondichéry, chef-lieu des possessions françaises, pour lesquelles le grand Dupleix avait rêvé de tout autres horizons.
Le modeste territoire de Pondichéry n'occupe qu'une superficie de 29 145 hectares. Les dépendances de ce que collectivement l'on appelle l'Inde française, sont au nombre de quatre: Chandernagor, Karikal, Mahé et Yanaon. Elles sont disséminées sur différents points de la vaste péninsule, les trois dernières à peu de distance du territoire de Pondichéry, la première dans les environs immédiats de Calcutta.
Le Gouverneur des Établissements français dans l'Inde réside à Pondichéry, mais ses fonctions l'obligent à de fréquents déplacements dans les différentes dépendances, dont l'administration est confiée à des administrateurs, qui lui sont subordonnés. Il va sans dire que les fonctionnaires subalternes ne manquent pas, qu'il y a un Conseil local, comme un Conseil général, que la colonie possède un sénateur et un député à Paris, et que sur le territoire même la politique forme l'axe de tout mouvement comme le souci de chaque jour. Nous en reparlerons de cette funeste politique, de ce chancre rongeur dont assurément aucune colonie française ne souffre au même degré que ce pauvre Pondichéry.
Mettons pied à terre d'abord, ce qui n'est pas toujours très facile quand on vient par voie de mer, comme c'est mon cas. La rade étant souvent fort houleuse, le débarquement peut y être tellement difficile, que la communication avec la terre devient impossible. Il est arrivé souvent qu'à la suite du mauvais état de la mer, le paquebot qui touche à Pondichéry, sur son parcours de Colombo à Calcutta, et retour, n'a pu communiquer avec la terre et s'est vu forcé de continuer sa route avec ses passagers et sa cargaison. Le cas s'est produit trois fois de suite il y a peu d'années. La communication avec la plage se fait par des bateaux à fond plat, sans membrures, appelés chelingues. On accoste à l'extrémité d'un débarcadère, long de 252 mètres, qui s'avance tout droit dans la mer: si la mer est bien houleuse, il faut l'adresse de l'acrobate pour tenir son équilibre, en saisissant la corde qui permet d'atteindre l'échelle. Pour échapper à ces obstacles, le touriste préfère généralement se rendre à Pondichéry par chemin de fer, la colonie étant reliée depuis 1879 à toute l'Inde anglaise, et communiquant par des embranchements avec les territoires dépendant de la France.
Pondichéry est un port franc. Les denrées et marchandises de toutes provenances y sont admises par mer et en sortent par la même voie, en franchise de tous droits de douane, sans distinction de pavillon. Seuls le sel et l'opium, dont la production et le commerce sont interdits par des traités, sont exceptés de cette disposition. Faut-il rappeler son histoire? Pottoutchéri ou Poultchéri, le «nouveau village», que les gens de haute caste appellent Poudou-nagar ou «Château Neuf» a été acheté en 1693 au roi Vidjayanagar par le fameux commandant Martin pour remplacer Saint-Thomas dont les Hollandais venaient de s'emparer. Le petit village de parias s'accrut rapidement et devint le centre d'un mouvement commercial considérable en dépit des vicissitudes de son histoire politique.
Pris par les Hollandais en 1693, tout à son début, il nous fut rendu en 1699. Puis il fut assiégé quatre fois par les Anglais: l'amiral Boscawen, en 1748, fut repoussé par Dupleix; en 1760-61, Lally-Tolendal capitula par famine après une héroïque résistance, et le traité de Paris nous rendit la ville en 1763.
LES ENFANTS ONT UNE BONNE PETITE FIGURE ET UN COSTUME PEU COMPLIQUÉ (page [532]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
En 1778, les Anglais s'en emparèrent de nouveau, et la restituèrent au traité de Versailles, en 1785, pour la reprendre une troisième fois en 1793 et nous la rendre définitivement en 1816-17, avec interdiction d'élever aucun ouvrage fortifié sur le territoire, et d'y entretenir d'autre force armée que la police.
La ville est divisée en deux parties: la ville blanche et la ville indienne, que sépare un canal. La première, située à l'est et sur le bord de la mer, est régulièrement bâtie; ses rues sont spacieuses et bien percées, comme également du reste la seconde, éparpillée sur un espace plus étendu.
Je connaissais Pondichéry pour y avoir séjourné une semaine dans un voyage antérieur, et c'est avec un véritable plaisir qu'après être arrivé au bout de ce long débarcadère en planches mal assujetties, je remets le pied sur la terre ferme, dont l'aspect n'a pas changé depuis ma visite précédente. Je revois la statue assez imposante du grand Dupleix, qui s'élève tout près de la plage, et après avoir fait quelques centaines de mètres je gagne le palais du Gouvernement, dont l'occupant actuel, que j'ai l'honneur de connaître, m'a offert l'hospitalité. Je m'y retrouve en pays connu, car la belle chambre qu'on m'a préparée est celle que j'ai déjà occupée quelques années auparavant.
Le palais du Gouvernement à Pondichéry est une fort jolie résidence, et le Gouverneur, M. Lemaire, ainsi que son aimable épouse, s'y plaisent bien mieux que dans la triste bâtisse qu'ils occupaient il y a deux ans à la Martinique, où j'eus l'avantage de leur faire visite. La situation et la distribution de l'édifice sont admirablement comprises; le long balcon qui s'allonge devant la grande salle de réception offre un coup d'œil ravissant sur un grand champ carré, que borde à l'horizon une ligne de constructions coquettes et régulières; et quand, le soir on s'y allonge commodément, on savoure avec délices ce parfum enivrant des terres tropicales, baignées dans une température que la disparition du soleil a rendue délicieuse et fortifiante.
Le climat de cette partie de l'Inde est généralement salubre. Dans les temps ordinaires, la température moyenne est de 30 degrés pendant le jour, et de 26 pendant la nuit. Pendant les mois de décembre et de janvier, elle descend de 3 à 5 degrés dans la journée, tandis que de mai à septembre le thermomètre indique de 32 à 40: c'est la période des vents d'ouest très brûlants, qui surchauffent la température d'une façon pénible. La saison sèche dure depuis le commencement de janvier jusque vers le 15 octobre; le reste de l'année est appelé l'hivernage. Généralement parlant, les pluies sont rares dans cette partie de l'Inde; elles ne tombent avec quelque fréquence qu'en novembre et en décembre.
LA VISITE DU MARCHÉ EST TOUJOURS UNE DISTRACTION UTILE POUR LE VOYAGEUR (page [536]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Si l'on rencontrait à Pondichéry un hôtel propre et bien aménagé, offrant avec une bonne cuisine le confort moderne, je n'hésite pas à affirmer que ce serait une résidence très attrayante pendant les mois de notre hiver d'Europe, quand tant de personnes se demandent dans quel coin du monde on jouit d'un séjour charmant, à côté d'une température clémente. Malheureusement, ce détail matériel fait défaut; les deux hôtels qu'on y trouve sont au-dessous de la moyenne, et sans l'hospitalité d'un parent ou ami on ne se déciderait pas facilement à y faire un certain séjour.
Le manque de bons hôtels dans les colonies est l'empêchement incontestable du développement du tourisme. Les Anglais l'ont bien compris: prenons pour exemple les îles de la chaîne des Antilles ainsi que toute l'Asie. À la Trinidad, à la Jamaïque, à Ceylan, dans toute l'Inde, il y a des hôtels splendides, tout aussi confortables que partout en Europe; et qu'est-ce que nous voyons, à la Martinique, à la Guadeloupe, à Nouméa, à Bourbon?—Rien que de modestes auberges! Il en résulte qu'aucun touriste, non invité par un ami, ne s'y arrête plus longtemps qu'il ne le faut. La pauvre ville de Saint-Pierre faisait en quelque sorte exception à la règle; on y trouvait deux hôtels assez propres et bien tenus, mais l'éruption du Mont-Pelé les a fermés pour toujours.
En me promenant, tant dans la ville même que dans les environs de Pondichéry, je me crois dans une coquette ville de province ou dans une campagne charmante. Les constructions sont gracieuses, respirent une certaine aisance, et offrent un cachet de propreté qui manque dans plusieurs autres colonies. Le Gouverneur a eu l'obligeance de mettre à ma disposition un pousse-pousse, que j'utilise souvent dans la matinée, ainsi qu'une victoria qui me permet de parcourir de plus grandes distances. Le soir, avant dîner, le Gouverneur et Mme Lemaire me font la gracieuseté de me mener en voiture dans différentes directions.
Ce qu'il y a de curieux dans ces promenades, c'est que je roule tantôt sur territoire français, tantôt sur territoire anglais, faisant ce chasse-croisé plusieurs fois dans un rien de temps. Le territoire de Pondichéry a été divisé de la manière la plus bizarre par le traité de 1816, lequel, après plusieurs occupations successives anglaises, rendit la colonie définitivement à la France. Partout, même aux portes de la ville, des enclaves de sol britannique sont découpés dans le district français, de façon à donner aux Anglais les positions élevées propres à l'établissement de batteries. Ici, la route appartient à l'Angleterre, tandis que les fossés sont sous la juridiction française; plus loin, un étang dépend de Madras, tandis que les terres irriguées ressortissent à Pondichéry. Il existe même quelque part un espace dont le propriétaire est inconnu. Les Anglais sont d'habiles politiques: lors de la conclusion du traité de 1816, non contents d'imposer au Gouvernement français l'obligation de n'élever nulle part le moindre ouvrage de fortifications, et de n'entretenir aucune force armée, en dehors de la police, ils ont trouvé moyen de déchiqueter le terrain, par endroits, de telle façon qu'il reste des espaces complètement indivis.
Ce qui me paraît incompréhensible, c'est qu'après dîner la ville soit plongée dans la solitude la plus complète. On s'étend sur son balcon, ou dans son jardinet, mais on ne sort pas, et l'on semble dédaigner d'aller respirer, sur la jetée ou le long de la plage, l'air pur et vivifiant de la mer. Il m'est arrivé deux fois d'aller me promener le soir, et de me livrer à de longues méditations sur un banc de la jetée, mais je n'ai rencontré aucun Européen. Seul, un indigène m'a abordé, dans un langage que je ne comprenais pas,—probablement pour me demander l'aumône.
INDIENNE EN COSTUME DE FÊTE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Une dame que je rencontrai le lendemain, et à qui je manifestais mon étonnement sur ce singulier isolement, ne comprenait pas que je pusse trouver un charme à cette quiétude tropicale, et à ce manque de distractions. C'était une vie d'enfer, pour elle; il lui manquait son Paris! J'ai appris plus tard, que son mari, fonctionnaire, sollicitait un congé, sa femme ne pouvant pas supporter le climat! Du reste, on pourrait écrire un volume bien curieux sur la question des congés dans les colonies, ainsi que sur les motifs divers que les intéressés mettent en œuvre pour les obtenir.
La population de Pondichéry est douce, soumise et polie: quelle différence frappante avec le nègre désagréable que j'ai si souvent étudié dans les Antilles et ailleurs! Elle est sympathique même quand on la voit, soit au travail dans les champs, soit se livrant à son petit commerce, trottinant paisiblement, et ne faisant aucun bruit. Les enfants grouillent par terre, jonchent les routes, se confondent avec les poules, et remplissent les buissons comme les lapins en Australie. Je ne puis m'empêcher de les comparer à des bijoux, quand je pense aux enfants européens qui m'ont empoisonné l'existence depuis trois mois sur deux bateaux des Messageries Maritimes. Ces enfants indiens, comme la progéniture malaise, chinoise et japonaise, sont gentils et mignons, ne crient jamais, et, qu'il y en ait cinq ou cinquante dans votre voisinage immédiat, vous ne vous apercevez guère de leur présence. Je les regarde avec plaisir, ces petits êtres inoffensifs, nus comme des vers, et qui ne portent pour tout vêtement qu'une cordelette autour des reins, supportant au milieu du corps un médaillon, en forme de feuille de vigne, le plus souvent en métal, cuivre, argent ou or, suivant la fortune des parents. Combien de fois ne leur ai-je pas jeté des sous et des bonbons, en me réjouissant de leurs mines épanouies!
Il y a de quoi faire de curieuses études de mœurs, dans ces pays d'outre-mer où les religions et les habitudes diffèrent tant des nôtres. Plusieurs fois, le soir avant dîner, nous croisons en voiture des enterrements dont la mise en scène provoque d'amusantes surprises. Un jour nous passons devant le cortège d'une femme indigène, de religion catholique. Elle repose en grande toilette, couverte de fleurs et de bijoux, coiffée avec soin, sur un lit de parade, porté par la famille. De cercueil il n'en est pas question. On la déposera tout simplement dans le sein de la terre, et on la couvrira de sable. Une autre fois, nous assistons au passage d'un convoi musulman, accompagné de chants et de musique.
GROUPE DE BRAHMANES FRANÇAIS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Le nombre des Indiens convertis à la religion chrétienne, n'est encore que fort restreint. La grande majorité des indigènes a conservé le culte du brahmanisme, qui comporte des fêtes bruyantes, des processions avec tam-tams et autres instruments de musique produisant un vacarme infernal. Le lendemain de mon arrivée, il y a une grande fête chez un brahmane de distinction, où le Gouverneur est invité. Au moment où notre voiture s'arrête devant l'habitation du jubilaire, la Marseillaise se fait entendre, et nous sommes conduits aux fauteuils qui nous ont été réservés. On nous pose sur les genoux un bouquet gigantesque, qui peut bien avoir un mètre de circonférence, et l'on nous entoure le cou d'une guirlande de fleurs, qui nous chatouille d'une belle façon. La couleur locale, rehaussée par les acclamations frénétiques de la foule, est typique, mais le parfum de l'assistance laisse à désirer, d'autant plus que presque à l'unanimité, elle est toute nue, sauf la bandelette ou le petit cordon de rigueur. Les glaces et les boissons à base de glace circulent à profusion, la chaleur dans cette enceinte limitée devient étouffante; il est temps que nous regagnions notre voiture et l'air libre.
Il faudrait du temps et beaucoup de patience, pour arriver à connaître la différence d'habitudes, de lois et de conventions qui règlent les castes diverses de la religion brahmane, et les divisent en classes exclusives et fermées. L'un ne fera jamais ceci, l'autre jamais cela; un métier exercé par telle caste ne peut être exercé par une caste différente. Les fonctions de chacune sont tellement déterminées, que cela devient absolument absurde à nos yeux; et il me semble qu'il faut, même à ces gens, un apprentissage bien compliqué, pour ne pas s'exposer à une infraction aux multiples règlements de leur culte.
L'art de l'architecture et de la sculpture a été poussé à un rare degré de perfection, dans les édifices consacrés aux religions hindoue et brahmane, que tant d'auteurs ont décrits; il importe néanmoins de constater que ceux de l'Inde dépassent par le côté artistique de leur architecture, et la richesse de leur ornementation, plusieurs temples que nous avons pu visiter dans d'autres pays d'Asie. Certes, on ne trouve pas à Pondichéry les temples splendides qui décorent Tanjore, Trichinopoly et Madura; mais cela n'empêche pas que ceux de Villenour et d'autres localités des environs méritent une visite minutieuse.
Je me suis rendu plusieurs fois à celui de Villenour, qui se trouve à quelques kilomètres de la Résidence. Un char immense, abrité sous un grand hangar, et servant périodiquement aux processions du culte, atteste l'habileté de ces indigènes, et la finesse de leur main-d'œuvre. Ce char, construit entièrement en bois, représente toute une histoire bouddhique, burinée au moyen d'instruments perfectionnés dans des blocs carrés de la même dimension et s'adaptant les uns aux autres avec une symétrie irréprochable. Le poids doit en être immense, car aux jours de grandes fêtes il faut de 1200 à 1500 hommes pour traîner le colosse.
L'habileté de ces indigènes ne s'est pas perdue, comme on serait tenté de le supposer en constatant que tous ces temples de l'Inde remontent à l'antiquité, et que de nos jours on n'assiste à aucune nouvelle construction aussi grandiose. J'en ai eu la preuve un jour quand le Gouverneur me conduisit dans une localité, proche de Villenour, devant un char presque entièrement terminé et construit avec le même talent que ceux des temps passés.
Le véritable chef-d'œuvre que nous avons devant les yeux, est taillé dans du bois très dur et représente, avec une finesse remarquable, une procession bouddhique, dont la signification, bien entendu, nous échappe, mais qui nous comble d'admiration. Un employé indigène nous explique qu'il faudra au moins 500 hommes pour le traîner. Il nous montre la corde dont on aura à se servir: elle a l'épaisseur d'un énorme serpent. Il n'y a pas que nous qui soyons en extase devant ce beau travail: une fourmilière d'enfants nous entourent, remplis de recueillement. Je suppose que M. Piot serait heureux de visiter un pays où sa doctrine a trouvé tant d'adeptes.
LA PAGODE DE VILLENOUR, À QUELQUES KILOMÈTRES DE PONDICHÉRY.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Ce que Pondichéry et les terres qui en dépendent, produisent comme cultures, est de peu d'importance. L'exportation totale n'est que de 27 à 28 millions de francs; les tissus de coton figurent dans ce chiffre pour une somme de près de 9 millions, et les arachides pour 15. Suivant l'annuaire de 1904, 48 vapeurs de différentes nationalités ont chargé 581 562 sacs d'arachides, au poids de 75 kilos le sac. L'arachide s'exporte, aussi, comprimée en tourteau. L'année dernière, l'exportation de cet article s'est élevée à un total de 4376 tonnes, représentant une valeur de près de quatre cent mille francs. Viennent ensuite les tissus de coton, qui figurent sur la dernière statistique pour la somme de près de neuf millions; les riz, pour deux millions et un quart, et les peaux, pour un million et demi de francs. Les autres articles d'exportation n'atteignent qu'un chiffre insignifiant. On exporte en petite quantité de la vanille, des noix de coco et quelques fruits. La culture des arachides a pris un grand développement ces derniers temps, et pourrait être encore considérablement augmentée. Ce commerce est désormais une question capitale pour l'Inde française, Pondichéry étant devenu pour ces graines oléagineuses un vaste entrepôt que n'alimente pas seulement la production locale immédiate; déjà les produits des possessions anglaises environnantes commencent à y affluer, en décuplant l'activité du transit.
Les cultivateurs du sud de l'Inde, principalement de la province de Tanjore et des environs de Trichinopoly, se servent le plus souvent de Pondichéry pour leurs expéditions, comme étant le meilleur mouillage de la côte, moins exposé que Madras au passage des cyclones. Le dernier dont on garde la mémoire, est celui de 1863: 7 navires, mouillés à peu de distance de la plage, furent engloutis dans le désastre.
INTÉRIEUR DE LA PAGODE DE VILLENOUR.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Quant à la vanille, on n'en a commencé la culture que depuis une douzaine d'années; on en voit des champs d'une certaine étendue dans le Jardin colonial, où le sous-directeur veut bien me donner les renseignements qui m'intéressent. Au commencement on a eu à lutter contre une grande incurie. Les indigènes, occupés à la culture de cette gousse précieuse, doivent être surveillés tout le temps: au début, des masses de vanille pourrissaient dans des caisses, comme du foin. Le Gouverneur actuel y a mis bon ordre, ce dont les résultats acquis donnent suffisamment la preuve. La gousse de Pondichéry est plus mince que celle du Mexique ou de la Réunion, mais comme parfum elle ne leur est pas inférieure, à mon avis. On la vend sur place 10 roupies, soit 17 francs le kilo. Il y a des producteurs peu scrupuleux à Pondichéry: certains d'entre eux ont envoyé leur récolte, bien soignée et emballée, à Bourbon, pour être de là-bas réexpédiée en Europe comme vanille provenant de cette île.
La population totale des Établissements français dans l'Inde, s'élevait, au 31 décembre 1903, à 273 748 habitants, sur lesquels il n'y avait que 1408 Européens: 492 hommes, 546 femmes et 370 enfants. Cette population européenne change constamment, cela va sans dire, son séjour dans la colonie étant généralement de très courte durée, surtout en ce qui touche les fonctionnaires et leurs familles dont le chasse-croisé à travers tous les océans est suffisamment connu. Le nombre d'Européens ou de créoles qui y ont fait souche et se plaisent dans la carrière qu'ils ont choisie ou dans le commerce qu'ils se sont créé, n'est que fort restreint. On ne change pas les préjugés d'une nation, pas plus que les théories qui ont cours dans la mère-patrie. Une colonie est un lieu d'exil, de bannissement, et doit avoir forcément un climat malsain. Et combien de gens, condamnés à vivre dans le pays qui les a vus naître, souvent en lutte avec les besoins les plus tyranniques de la vie, se créeraient une existence bien plus libre et bien plus large, si, doués de zèle et de persévérance, ils se décidaient à secouer le joug de la routine casanière, et à entreprendre une culture, un commerce dans des pays d'une fertilité incontestable, où tant de bras font encore défaut! Pour le grand commerce, les banques, les entreprises industrielles, un champ immense resterait à exploiter.
LA FONTAINE AUX BAYADERES.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Nous n'avons qu'à parcourir une distance de 160 kilomètres en chemin de fer, pour atteindre Madras, situé sur cette même côte de Coromandel, et nous débarquons dans une grande ville commerçante dont l'activité se déploie sous toutes les formes, et qui offre toutes les ressources d'une cité prospère d'Europe. Bombay, Calcutta, comme tant d'autres villes d'Extrême-Orient, sont des centres populeux et florissants, qui ne le cèdent en rien aux grandes villes de notre vieux monde, et ceux qui s'y sont établis dans le commerce, la banque ou l'industrie ne se plaignent pas de ce soi-disant exil. En quinze ou dix-huit jours, du reste, le train et le paquebot les reconduisent au sol natal: c'est une petite vacance que s'offrent facilement les habitants dont les moyens permettent cet insignifiant déplacement.
En étudiant l'existence de l'indigène, au point de vue de ses besoins et de son développement intellectuel, on ne peut s'empêcher d'admettre qu'il se trouve bien plus heureux que maint Européen ou créole, vivant dans ce que nous sommes convenus d'appeler l'aisance. Nous le trouvons d'habitude gai, content, ne se plaignant que rarement, vivant de la façon la plus primitive, logé dans un gourbi ou dans une paillotte avec sa famille le plus souvent nombreuse, couvert d'une bandelette d'étoffe qui lui a coûté quelques sous, se nourrissant de la manière la plus frugale avec les produits que fréquemment il cultive lui-même, sans souci du lendemain. Cet homme-là, au point de vue philosophique, n'est-il pas bien plus heureux que la plupart d'entre nous?
PLUSIEURS RUES DE PONDICHÉRY SONT LARGES ET BIEN BÂTIES.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Une de mes grandes distractions aux colonies consiste dans la visite du marché, ce kaléidoscope vivant, qui offre toujours un champ d'observations différent d'après le milieu dans lequel on se trouve. Les marchés de l'Inde ne présentent pas ce tableau répugnant et puant qui distingue les marchés des pays nègres. Les gens y sont moins sales, et font moins de bruit que les noirs des Antilles ou de l'Amérique du Sud, et s'harmonisent dans un cadre moins carnavalesque que ces derniers, attifés de leurs fichus bariolés. Le rouge est la couleur préférée, on pourrait presque dire unique, tant des hommes que des femmes, que le pagne leur couvre une partie du corps, ou qu'une simple bandelette soit appliquée suivant les lois de la convenance.
Voilà encore un milieu où les enfants ne manquent pas, mais les parents n'ont pas à s'en préoccuper, car cette progéniture abondante fait bon ménage avec les poules de la route, et ne se perd pas dans le brouhaha de la foule. Ce que je souhaite ardemment pour la population indigène de Pondichéry et même de toute l'Inde, c'est qu'on y interdise l'introduction des automobiles qui ne tarderaient pas à en faire une énorme bouillie. Au moment de mon passage dans la colonie, un fabricant d'automobiles de Paris s'était adressé à un fonctionnaire de Pondichéry, pour obtenir des renseignements sur la possibilité de l'introduction de cet instrument meurtrier. L'indigène a la déplorable habitude de marcher toujours au milieu du chemin, et même quand on est dans une voiture ordinaire il faut des cris répétés pour le faire bifurquer d'un côté ou de l'autre; quant aux enfants, ils courent un risque perpétuel d'être mis en miettes. Nulle part au monde les cochers n'ont une tâche plus lourde en conduisant leurs chevaux. Qu'adviendrait-il, si un jour on tolérait l'introduction de ce véhicule, lequel, s'il faisait le bonheur de quelques privilégiés, serait une faux meurtrière qui en peu de temps décimerait la population! L'Européen, tout en pouvant se garer et défendre son existence, pousserait des cris séditieux à la vue du monstre, étant donné la nature du sol. Le sol du sud de l'Inde se désagrège dans une poudre rouge qui s'élève en nuage au moindre souffle du vent; si déjà dans nos pays d'Europe la poussière soulevée par ce moyen de locomotion provoque des récriminations assez justifiées, à Pondichéry on pousserait de véritables cris de paon. Combien de fois m'est-il arrivé, au retour d'une promenade de deux heures, de constater que mon costume colonial blanc avait pris une nuance de couleur safran!
M. Delale, le chef de l'Instruction publique, a l'obligeance de me servir de cicérone dans la visite que je m'étais proposé de faire des principales écoles de la ville. La question de l'instruction dans les colonies, donnée à la population indigène, m'a toujours vivement intéressé, en provoquant chez moi de curieuses comparaisons. Il y a des colonies où elle mérite les plus sincères éloges, et d'autres où elle est franchement déplorable, où elle se réduit à néant. À Pondichéry, où il existe plusieurs écoles, j'en ai visité cinq; l'instruction est confiée à un chef fort intelligent, qui marche en accord parfait avec le gouverneur. Ce qui m'y a le plus frappé, c'est le côté pratique, adopté par les instituteurs pour faire pénétrer dans les jeunes cerveaux les choses qu'il s'agit de leur apprendre, de renoncer à ce système stupide de faire répéter machinalement aux enfants des phrases qu'ils ne saisissent pas, mais d'ouvrir la soupape de leur intelligence, par des explications qu'ils sont à même de comprendre, et que, de ce fait, ils n'oublient pas. Dans ces différentes écoles, je passe par toutes les classes, et je demande la permission de questionner à mon gré les enfants que le hasard ou mon intuition me fait choisir, me méfiant toujours du choix du professeur, quand il s'agit de montrer l'école à un visiteur. Je me plais à constater, à l'honneur de M. Delale, que la visite de ces établissements à Pondichéry m'a laissé de très bons souvenirs, et qu'il serait à désirer que dans certaines autres colonies on suivît sa bonne méthode, ainsi que la surveillance assidue qu'il exerce sur le département qui lui est confié.
Dans la dernière école que je visite, destinée uniquement aux jeunes filles, on me fait assister aux différents travaux de couture, exécutés d'une façon qui mérite tous les éloges. Je suis surpris de la facilité avec laquelle ces fillettes répondent en bon français aux questions que je leur adresse. Dans l'Inde anglaise il m'était arrivé dans deux écoles de constater que les enfants né pouvaient guère s'exprimer que dans leur langue natale, entremêlée de quelques rares mots anglais, estropiés de façon à les rendre incompréhensibles.
Ah! s'il était possible d'apprendre à tous ces enfants en bas âge qu'il existe une étude qui dérange le cerveau et qui trouble le repos de la vie, ce serait un bienfait pour la colonie. Je fais allusion à la politique qui dévaste ce pauvre pays, qui en arrête le progrès et qui divise d'une façon déplorable toute la population européenne.
Sur une population de près de 274 000 habitants, l'Inde française compte environ 63 000 électeurs, lesquels sont répartis en deux listes. Chaque liste élit la moitié des conseillers municipaux ou généraux. Pour l'élection du député, les suffrages des deux listes s'additionnent tout simplement. La première liste contient les Européens et descendants d'Européens, y compris des métis qui n'ont pas un centième de sang blanc dans les veines, ainsi que certains indigènes qui, ayant renoncé à leur statut personnel depuis quinze ans, ont obtenu un diplôme universitaire, ou occupé pendant un certain temps une fonction administrative, judiciaire ou élective. Cette liste comprend également ceux qui ont obtenu une décoration française. Le nombre total de la première liste est de 602, dont 452 pour Pondichéry et les autres pour Chandernagor, Karikal, Mahé et Yanaon.
La deuxième liste comprend tous les électeurs de race indigène, ne remplissant pas les conditions ci-dessus mentionnés, et ne pouvant conséquemment être inscrits sur la première. Leur nombre s'élève à 62 900.
ÉTANG DE LA PAGODE DE VILLENOUR.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Les électeurs de la première liste, relativement peu nombreux, ont l'habitude de se faire payer leur vote et de le vendre au plus offrant. Pour plus de sûreté, les agents électoraux ont souvent enfermé plusieurs jours à l'avance, dans des maisons spéciales, les électeurs sur lesquels il était difficile de compter. On leur donnait largement la nourriture, pour les mener au scrutin en voiture. D'après ce qu'on m'a affirmé, on est même allé jusqu'à leur enlever tout vêtement après leur séquestration dans lesdites maisons, afin de rendre toute évasion impossible.
La grosse masse des électeurs de la deuxième liste se compose de malheureux Indiens, dépourvus de toute instruction, que les propriétaires ou autres électeurs influents mènent à l'urne comme des troupeaux de moutons. Cependant, malgré leur misère, ces électeurs-là, d'après ce que quelques Européens bien renseignés m'ont affirmé, ne se font pas acheter. Ils se laissent conduire, tout confiants dans leurs maîtres, à qui ils reconnaissent un rôle de tutelle tout indiqué par leur situation. Il paraît même qu'il y a en eux un vague instinct qui leur fait espérer que l'exercice même inintelligent de leur droit de vote pourra devenir un jour un moyen d'émancipation. Beaucoup de ces malheureux entreverraient un avenir meilleur pour leurs enfants, grâce à l'instruction que ceux-ci auront acquise. Voilà le souci qui les pousserait à leur en faire donner.
BRAHMANES FRANÇAIS ATTENDANT LA CLIENTÈLE DANS UN BAZAR.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Jusqu'à ces dernières années, la plupart des descendants d'Européens formaient une sorte de parti à la remorque d'une demi-douzaine de chefs, tous inféodés à la Mission. Ce parti était d'ailleurs complètement imbu des superstitions de la religion catholique dans l'Inde. La Mission avait alors la haute main sur l'administration de la colonie, et les fonctionnaires devaient se résigner à être ses humbles serviteurs.
Cette bande, composée de paresseux dont toute l'ambition consistait à revendiquer le droit de vivre aux dépens de la caisse publique, à titre de descendants d'anciens colonisateurs ou fonctionnaires, était alors très heureuse. Tout était organisé pour que chacun pût se procurer soit une sinécure quelconque, soit un ou plusieurs secours ou pensions, servis par le budget de la colonie. Mais ce soi-disant parti a disparu en 1899 au point de vue politique, autrement dit n'a plus eu de représentants au Conseil général, l'élection de ceux qu'il avait fait élire ayant été annulée par le Conseil d'État, en raison des manœuvres frauduleuses auxquelles cette élection avait donné lieu.
J'aime mieux ne pas m'arrêter sur les côtés pénibles de la politique en cette terre où elle porte et a surtout porté jadis les fruits les moins savoureux.... Aussi bien il n'y a pas qu'aux Indes où les pratiques électorales soient répréhensibles et pernicieuses. On sait en France, telles et telles villes, où les électeurs semblent s'inspirer ce qui se passe autour des urnes du chef-lieu de nos possessions indiennes....
Le côté burlesque de la situation consiste dans la répercussion des opinions politiques sur les relations que les Européens établis à Pondichéry peuvent avoir entre eux. J'en rapporte des souvenirs curieux, que je ne résiste pas au désir de citer:
Un fonctionnaire, nouvellement débarqué dans la colonie, fait une visite à M. A...; mais, tombant malade le lendemain, ne peut en faire une à M. B.... Il est considéré tout de suite par ce dernier comme appartenant à un clan qui lui est hostile, et mis au rancart; on se méfie de lui. Un autre fonctionnaire, ayant été vu le même jour causant avec deux habitants d'une politique opposée, est jugé par les deux comme un personnage problématique, qu'on fera bien d'éviter.
Du côté des dames, la jalousie se base sur les arguments les plus futiles, les prétextes les plus saugrenus, complétés par des commérages dont on n'a pas d'idée. Une dame de Pondichéry m'a raconté qu'elle était considérée comme ne pouvant tenir son rang, attendu que, au lieu de se payer un pousse-pousse (coût: 20 centimes), elle était allée faire à pied, une course distante de 100 mètres. Il paraît qu'une femme qui se respecte ne peut marcher, dans ce pays-là!
Un déplacement à Karikal et à Mahé, relativement peu éloignées de Pondichéry, n'a pu me sourire. Par contre, m'étant trouvé à Calcutta quelque temps avant de me rendre dans le sud de l'Inde, j'ai voulu faire une excursion à Chandernagor, distante d'une heure seulement en chemin de fer de la capitale des possessions anglaises. Chandernagor, bâtie sur la rive droite de l'Hougly, au fond d'une baie pittoresque, rappelle les plus beaux temps de la domination française dans l'Inde. Elle a vu, pendant toute la première moitié du XVIIIe siècle, les navires ancrés par centaines devant ses quais; c'était là que se faisait tout le commerce du Bengale. Elle a vu sa prospérité disparaître par la création et le grand développement de Calcutta. Mais c'est encore une ville assez imposante et coquette, aux rues spacieuses et bien alignées, aux maisons élégantes. Plusieurs ruines de palais et de temples attestent son ancienne splendeur. Le territoire n'en est pas bien grand, ne mesurant que 6 kilomètres dans sa plus grande longueur, sur 2 kilomètres de largeur, et n'offrant qu'une superficie de 1000 hectares. Le climat, à raison des étangs et des bois qui entourent la ville, est plus frais que celui des pays environnants, mais la température y est beaucoup plus variable et bien plus fraîche qu'à Pondichéry, quoiqu'on mai elle atteigne très fréquemment une chaleur de 40 à 45 degrés.
Il n'existe pour ainsi dire pas de culture à Chandernagor, le territoire étant tellement restreint qu'aucune tentative sérieuse ne pourrait y être faite, mais la politique a pu s'y infiltrer comme à Pondichéry, et est le sujet principal de toutes les conversations.
J'y passai deux journées charmantes, chez l'aimable administrateur M. Bertrand, et sa gracieuse femme, et me plus aux promenades délicieuses qu'offre le bord de la rivière à l'air pur et vivifiant.
On peut discuter la solidité de la domination anglaise dans l'Inde. Les Anglais, vraisemblablement, n'y ont pas pris racine; suivant une expression populaire: «L'Anglais et l'Hindou s'associent comme l'huile et l'eau», c'est-à-dire qu'ils ne s'associent pas du tout. Les Hindous reprochent aux Anglais de dévorer leur substance «comme les chenilles épuisent la sève des arbres». Les Anglais, d'ailleurs, ne se font point illusion sur les sentiments qu'ils inspirent aux Hindous: «Les plus intelligents des indigènes, écrit un voyageur anglais, reconnaissent les bienfaits de notre gouvernement; mais la masse aime mieux être mal gouvernée par les chefs, que même bien par nous».
Il semble que l'influence française ait pénétré plus intimement les trop peu nombreuses populations que nous ont laissées les anciens traités. Je ne peux résister à la tentation de citer quelques lignes consacrées par Pierre Loti aux paysans des environs de Mahé (et qui pourraient s'appliquer à tous les Hindous peuplant les territoires français), parce qu'elles traduisent admirablement les sentiments de l'indigène à notre égard: «Ils disent bonjour en français, comme les paysans de chez nous, ayant l'air fier d'être restés des nôtres; on voit qu'ils ont envie de s'arrêter et de causer; ceux qui savent un peu notre langue sourient et engagent la conservation, disant: «Nos matelots, ... nos soldats». Oui, on est bien en France, ici. Alors, je me rappelle, une fois, au tribunal de Saïgon, un de ces Indiens, accusé de je ne sais plus quel méfait, répondant à un magistrat corse qui le traite de sauvage: «Nous étions Français deux cents ans avant vous[1]».
G. Verschuur.
LA STATUE DE DUPLEIX À PONDICHÉRY (page [530]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Droits de traduction et de reproduction réservés.
TABLE DES GRAVURES ET CARTES
L'ÉTÉ AU KACHMIR
Par Mme F. MICHEL
En «rickshaw» sur la route du mont Abou. (D'après une photographie.) 1
L'éléphant du touriste à Djaïpour. 1
Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou. (D'après une photographie.) 2
Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi. (Dessin de Massias, d'après une photographie.) 3
Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du Djhilam. (D'après une photographie.) 4
«Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais de Rampour. (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 5
Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri. (D'après une photographie.) 6
Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Maharadja à Srinagar. (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.) 7
L'entrée du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de Srinagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 7
Ruines du temple de Brankoutri. (D'après une photographie.) 8
Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 9
Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 10
La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 11
Nos tentes à Lahore. (D'après une photographie.) 12
«Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 13
Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13
Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un vieux platane. (D'après une photographie.) 14
Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 15
Campement près de Palhallan: tentes et doungas. (D'après une photographie.) 16
Troisième pont de Srinagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond, le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 17
Le temple inondé de Pandrethan. (D'après une photographie.) 18
Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 19
Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan. (D'après une photographie.) 20
Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 21
Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 22
Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un musulman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 23
Temple hindou moderne à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 24
Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou. (D'après une photographie.) 25
Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée, à Houtamourou, près de Bhavan. 25
Temple ruiné, à Khotair. (D'après une photographie.) 26
Naga ou source sacrée de Kothair. (D'après une photographie.) 27
Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source. (D'après une photographie.) 28
Temple rustique de Voutanar. (D'après une photographie.) 29
Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte. (D'après une photographie.) 30
Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé. (D'après une photographie.) 31
Sacrifice bhramanique, à Bhavan. (D'après une photographie.) 31
Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au déblaiement. (D'après une photographie.) 32
Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple. (D'après des photographies.) 33
Place du campement sous les platanes, à Bhavan. (D'après une photographie.) 34
La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 35
Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar. (D'après une photographie.) 36
Maisons de bois, à Palgam. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 37
Palanquin et porteurs. 37
Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche miraculeuse. (D'après une photographie.) 38
Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 39
Vallée d'Amarnath: vue prise de la grotte. (D'après une photographie.) 40
Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du Mahagounas. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 41
Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et Zodji-Pal. (D'après une photographie.) 42
Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
Grotte d'Amarnath. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'après une photographie.) 44
Campement de Goudjars à Astan-Marg. (D'après une photographie.) 45
Le bain des pèlerins à Amarnath. (D'après une photographie.) 46
Pèlerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrière, des brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir. (D'après une photographie.) 47
Mosquée de village au Kachmir. (D'après une photographie.) 48
Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 49
Mendiant musulman. (D'après une photographie.) 49
Le Brahma Sar et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk. (D'après une photographie.) 50
Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 51
Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins. (D'après une photographie.) 52
Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur «hangri» (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 53
Temples ruinés à Vangath. (D'après une photographie.) 54
«Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal. (En haut, photographie par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 55
La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar. (D'après une photographie.) 56
Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 57
Le canal de Mar à Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 58
La mosquée de Shah Hamadan à Srinagar (rive droite). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 59
Spécimens de l'art du Kachmir. (D'après une photographie.) 60
SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
Par le docteur LAMY
Médecin-major des troupes coloniales.
La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force pour la mise à l'eau d'une pirogue. (D'après une photographie.) 61
Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur. (D'après une photographie.) 61
«Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de Petit-Alépé». (D'après une photographie.) 62
À Motéso: soins maternels. (D'après une photographie.) 63
Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée. (D'après une photographie.) 64
Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile de palme. (D'après une photographie.) 65
Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne. (D'après une photographie.) 66
Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé. (D'après une photographie.) 67
La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'après une photographie.) 68
Indigènes coupant un acajou. (D'après une photographie.) 69
La côte d'Ivoire. — Le pays Attié. 70
Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les indigènes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lavée, d'après une photographie.) 71
La rue principale de Grand-Alépé. (D'après une photographie.) 72
Les Trois Graces de Mopé (pays Attié). (D'après une photographie.) 73
Femme du pays Attié portant son enfant en groupe. (D'après une photographie.) 73
Une clairière près de Mopé. (D'après une photographie.) 74
La garnison de Mopé se porte à notre rencontre. (D'après une photographie.) 75
Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de cendres de peaux de bananes. (D'après une photographie.) 76
Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé. (D'après une photographie.) 77
Toilette et embaumement du défunt. (D'après une photographie.) 78
Jeune femme et jeune fille de Mopé. (D'après une photographie.) 79
Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué. (D'après une photographie.) 80
Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes et de ses hauts dignitaires. (D'après une photographie.) 81
Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso. (D'après une photographie.) 82
La vallée du Comoé à Malamalasso. (D'après une photographie.) 83
Tam-tam de guerre à Mopé. (D'après une photographie.) 84
Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant. (D'après une photographie.) 85
Allou, le boy du docteur Lamy. (D'après une photographie.) 85
La forêt tropicale à la côte d'Ivoire. (D'après une photographie.) 86
Le débitage des arbres. (D'après une photographie.) 87
Les lianes sur la rive du Comoé. (D'après une photographie.) 88
Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et farniente Attié. (D'après une photographie.) 89
Un incendie à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 90
La danse indigène est caractérisée par des poses et des gestes qui rappellent une pantomime. (D'après une photographie.) 91
Une inondation à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 92
Un campement sanitaire à Abidjean. (D'après une photographie.) 93
Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée. (D'après une photographie.) 94
Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de fièvre jaune. (D'après une photographie.) 95
Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène. (D'après une photographie.) 96
L'ÎLE D'ELBE
Par M. PAUL GRUYER
L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et violâtre. 97
Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau d'une blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs. 97
Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100). 98
Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour génoise, trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots. 99
Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napoléon pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino. 100