— 261 —

75.

Paris, 12 juin 1820.

Је vous dois bien des remerctments de la lettre que vous

m'avez fait l'amiti6 de m'6crire par le prince Castelcicala. et

si је n'ai pas r6pondu plus t0t, c'est que le prince Schterbatov,

qui partait pour Londres, m'avait promis de se charger de та

r6ponse; mais је n'entends plus parler de lui, et probablement

il sera parti sans т'еп pr6venir. Је profite d'une autre occasion

et qui пе sera pas moins sare, је le pense. C'est ип grand

bonheur роит ип paresseux сотте moi que le meilleur de

mes amis soit aussi le plus indulgeat sur l'article de la

correspondance.

Је suis sar que divers bruits et autant de conjectures

diverses vous parviennent d'ici sur les 6v6uements qui s'y

passent. Toute la France пе demanderait pas mieux et пе

demande pas mieux que d'6Lre tranquille. Cette disposition

est g6n6rale, et рп aura bien de la peine la lui faire

changer; cependant оп у travaille assid0ment• Le gouverne-

ment, par sa faiblesse, est ombrageux, d66ant, еп proie аих

intrigues, аих ambitions les plus viles et les plus d6sordonn6es.

Il agit еп cons6quence, il flotte dans l'incertitude: ип jour

lib6ral, lfautre ultra, toujours versatile, mod6r6, exagdrb, doux,

cruel alternalivement; les lib6raux toujours outr6s, licencieux,

remuants. Voilh autant de causes des tiraillements que l'on

fait subir la nation. Оп а r6ussi produire de l'agitation

parmi lcs plus inflammables et les plus inconsid6rbs; le peuple

reste spectateur, et tous les partis pourraient tirer des legons