— 62 —
comment presque ensemble, et оп а l'air de n'avoir de tems
que pour se complimenter. Је vous demande donc la permission,
топ pbre, de vous entretenir d'abord sur la f@te qui est la
plus grande paur moi et qui l'est de tout tems—c'est la
r6ception de votre lettre du 10 d6cembre. Le plaisir que vous
avez 6prouv6 еп voyant топ пот sur la тёте liste avec le
v0tre et quelques autres qui ont bien m6rit6 de leur Souverain,
пе peut etre qu'un efet de cette rare mod6ration qui caract&
rise les sentimens g6n6reux des ames 6lev6es, et пе doit рас
li que те rendre plus glorieux d'y avoir vu топ пот.
Је пе suis point du tout 6tonn6 de la diT6rence d'opinion
que vous avez bien voulu те manifester sur le discours de
Platon. Ј'у suis d'autant plus sensible qu'en reconnaissant toute
la justesse de vos remarques, је les ai aussi trouv6es extreme-
ment instructives par les pr6ceptes que vous exigez de tous
сеих qui sont oblig6s de s'6noncer devant le Souverain et ипе
partie de son peuple. Mais voici, је crois, la raison principale,
pourquoi moi et iant d'autres, qui se sont r6unis роит s'enthou-
siasmer sur се discours, l'avaient trouv6 si sublime, si
hardi, si vrai dans le commencement: c'est que chacun de nous
а g6mi 4 ans реи prbs sous le sceptre de fer du rbgne pass4
lorsque le moindre soupyon de sentimens nobles, 61ev6s, 6tait
ип crime; lorsque non-seulement ип discours ои ипе parole,
mais ип silence d6daigneux aurait sufi pour compromettre
celui dans qui la nature, r6volt6e par les horreurs qui s'exer-
f.aient, n'aurait ри se cacher avec assez de prudence. Aprb
ипе 6poque pareille, nous qui formons notre opinion d'apru les
comparaisons, пе devions-nous pas trouver les paroles suivantes
trb-franches, hardies, 6difiantes? „0ui: quoique Ти sois 6levb