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Il пе faut pas croire que la „Sietch" n'ait еи qu'une existence

militaire, elle avait ses fonctions pacifques. Elle avait ses peche-

ries et sa chasse, еп vue desquelles elle composait des artels. Elle

s'occupait de l'eleve du betail et celui qui еп etait charge s'appe

lait „Stadnik" (berger de l'armee). Еп outre la Sietch possedait

des terres dont le revenu etait distribue еп partie par le tirage аи

sort, еп partie par la direction de l'arm&. Tous les ans аи moment

de l'€lection du doyen de tous les chefs de l'armee cosaque оп

tirait аи sort la possession des terres et de leurs dependances.

Apr& avoir reparti de cette fapn tout се qui etait necessaire аих

besoins des Zaporogues, le „tovaristvos" ои la direction de l'armee

laissait la possession de tout l'excedent entre les mains des Cosaques

cultivateurs qui habitaient les terres de [а „Sietch“ et qui se соп-

sideraient сотте vassaux des Zaporogues.

La „Sietch“ des Zaporogues tire probablement son origine des

artels de pecheurs et de chasseurs ayant habite les contrees ой elle

se бха plus tard. Les temps agites ont fait nartre се caractere mili-

taire chez les habitants paisibles de l'OukraIne et frent presque

completement disparartre les tendances industrielles — је dis

presque, car la chasse et la p6che se sont conservees chez les Zapo-

rogues et ils s'en occupaient поп pas individuellement, mais еп se

groupant еп artels dont l'organisation se faisait d'apres le type de

la „Sietchk. Elle avait ип caractere militaire.

П у avait encore ипе autre industrie repandue еп Petite-

„ tchoumaks". Оп appelait ainsi

Russie: c'est l'industrie des

des voituriers ои charretiers qui s'occupaient du transport des

marchandises. Encore maintenant il arrive que les tchoumaks,

grace certaines conditions toutes locales, reussissent faire

concurrence, pour le transport des bles, аих chemins de fer. Mais,

actuellement, il est impossible de se faire ипе id±e approximative

de ]'importance qu'avait autrefois cette entreprise. Les tchou-

maks tenaient tout le commerce de la Crimee, d'Otchakoff, d'Ak-

kerman, avec la Petite-Russie et par elle avec la Pologne et l'Alle-

тадпе par la voie de Leipzig d'une part, et avec la Grande-Russie

d'autre part. Les principales mati&es de leur transport etaient les

bles, le sel es le poisson. D'apres les t6moignages de Reissonel et

d'Antoine, les Cosaques zaporogues prenaient ипе grosse part

du sel des lacs de la Crimee. Les tchoumaks emportaient се sel et

еп echange rapportaient d'autres marchandises. Si nous voulons

savoir combien 6taient considerables leurs moyens de transport,