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lisons les temoignages d'Antoine qui nous montrent qu'en Тап-

пее 104, il arrivait й 0dessa de 500 telegues би voitures

charg6es de ble 1). Nous savons egalement que plus tard l'enorme

exportation d'Odessa qui avait completement absorbe celle d'Otcha-

koff, de kozloff et d'Akkerman, se faisait jusqu'A l'annee 1870

presque exclusivement par les tchoumaks. Ils n'etaient pas seule-

ment des voituriers mais encore des marchands, саг ils vendaient

sur les bords de la mer Noire des produits qu'ils rapportaient de la

Petite-Russie et d'autres contrees. Еп тете temps sur les bords

de la mer Noire, ils prenaient, outre les produits indienes, les

objets de l'industrie de l'Europe occidentale venus par la voie de

Constantinople. Оп а vu des marchands tchoumaks encore dans

ces derniers temps. lls tiraient ип grand profit de leur industrie. et

certains d'entre еих acquirent de grandes fortunes. Dans la periode

de 1875 180, ип correspondant du journal „Viedomosti“ du

gouvernement de kharkof parle d'un vieux tchoumak qui lui racon-

ta comment, еп l'annee 1829, „il avait ete envoye tout јеипе par son

рёге faire се metier, qu'il n'avait cesse de s'en occuper durant ces

quarante annees". Аи fur et mesure de l'extension de ses afaires,

cet homme prenait son service ип nombre de plus еп plus grand

d'autres tchoumaks et, la de cinquante paires de tnufs, se

mettait еп route pour le Don ои pour la Crimee, d'ot il rapportait

du sel et du poisson. А la fn de cette vie sobre et pleine de labeurs,

оп lui vola 560,0 roubles. „Pendant toute cette periode de qua-

rante annees, disait-il, dans le commerce du poisson је пе gagnais

pas moins de 12,0 roubles par ап." Еп outre, lui et ses сата•

rades cultivaient les cereales et n'etant jamais presses de realiser,

ils vendaient les grains seulement lorsque les prix de се produit

etaient eleves. „Grace cette vie modeste, ajoutait-il, si nous

n'avions pas ete continuellement opprimes par les seigneurs ter-

riers qui tiraient proft du servage dont nous avons ete delivres

apres de penibles epreuves, nous possederions й present ип million

de roubles“ 2)•

Voyons maintenant quelle etait l'organisation de cette industrie

des tchoumaks. Еп grande partie се n'etaient pas de simples sala-

ries, mais des entrepreneurs libres qui se groupaient еп artels

appeles „valka" ои encore „vataga" ои bien „pomotch“ (se-

1) Antoine, „Essai historique sur le commerce de la mer Noirea, р. 227.

2) Stcherbina. nArtels Sud-Russiens•, р.