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cours). Се n'est que dans ces derniers temps que cet ordre de

choses а modife: les operations commerciales ont ete separees

de l'industrie du transport. Еп тёте temps se sont montres des

entrepreneurs qui composent les trains de transport leurs propres

risques et perils еп prenant des charretiers salaries. Habituellement

аи printemps les tchoumaks, арги avoir mis еп Ьоп etat leurs voi-

tures, se reunissent l'endroit convenu appele „stanovitchb“, d'ou

ils doivent partir ensemble. Chacun d'eux а pris avec lui pour le

voyage des quantites dbterminees de froment, de lin, de sel et de

pain: tous ces vivres seront ensuite reunis ensemble pour consti-

tuer ипе reserve соттипе et pur 6tre con[ies й la gestion d'une

personrie speciale. Аи point de depart ils choisissent ип chef соп-

ducteur auquel оп donne le пот d'ataman. Il est choisi parmi les

hommes qui connais.sent bien les chemins, les usages commerciaux

et les diverses coutumes locales des pays qu'on doit traverser.

doit etre le plus experimente, le plus fort et le plus intelligent. Се

chef dans les conditions ordinaires est simplement conducteur, mais

si le convoi se trouve тепасе de quelque danger, par exemple

d'une attaque des Tartares ои de quelques brigands, cet homme

devient dictateur. Dans les vieux temps d'agitation ой les steppes

etaient реи sares, tous les tchoumaks emportaient avec еих des fusils

et des lances. Lorsque le danger etait proche, оп mettait toutes les

voitures ensemble de fapn former ипе redoute, аи milieu de

celle-ci etaient places les hommes et les bcufs; c'est ainsi que les

tchoumaks se defendaient contre l'attaque. L'ataman se trouvait

toujours sur la voiture de devant et observait avec attention la

steppe de tous les c6tes, toujours sur le qui-vive. C'est sur cette

voiture que se trouvait egalement ип vieux coq dont le chant du

matin servait de signal de reveil pour tous les tchoumaks, се coq

commen€ant chanter, disaient-ils, sitOt que le bon soleil арра-

raissait l'horizon. Аи partage du gain, l'ataman recevait le double

des autres tchoumaks.

Depuis que les steppcs sont devenues plus sares аи sud de la

Russie, le r61e d'ataman а change, quoique le пот soit reste.

А present l'ataman n'est pas le chef, mais seulement son guide

pendant les voyages et son representant dans les relations comme.r-

ciales. Я doit veiller аи bon ordre des choses: que les essieux soient

bien graisses, que les soient bien nourris, que les tchoumaks

suivent dans l'ordre et observent les usages etablis. Il se charge de

certaines commissions de la part de ses camarades, s'occupe de