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que tont porte croire qu'il se passera encore bien
du tems avant que cette exaltation пе se tallentisse.
Quant l'argent, ils ont la ressource• des assignats
qui est pour еих ипе mine inbpuisable. Tant qu'on
pourra amuser le peuple par l*id6e s6dnisante de рот-
ter dans toute l'Europe la libert6, la gloire et Ле boi-
heur du пот francais,• rien пе sera si facile дие d'6-
toufer la faible voix de quelques personnes sens6es
qui de tems еп tems роит de,mander qu'on
examine l'6tat de la nation, ses engagements et ses
ressources. Les embarvas de la guerre leur serviront
de pr6text? pour renvoyer les recherches qui deman-
deraient des calculs exacts; ils laisseront l•'imagina-
tioil le soin d'appr6cier leurs ressources; ils 6mettront
sans cesse de nouveaux a•ssignats, sans тёте ипе
alt6ration bien sensible dans leur valeur et dans le
cours des changes 6trangers; surtout, tant qu'ils соп-
serveront la tete des fnances ип homme, qui, joi-
gnant la d6pravation du caractbre et le manque total
de principes de l'habilet6 et des lumibres, sache,
рат des coups d'autorit6, forcer les banquiers des
op6rations directement contraires celles que les rap-
ports du commerce leur demanderaient *).
Il пе faut donc pas croire, monsieur le comte, que
les chefs du parti r6publicain puissent 6tre arr@t6s par
l'embarras des fnances, et c'est d6ji ип premier avan-
tage trbs-important -qu'ils trouvent dans la guerre, que
d'6loigner le moment ой enfn il faudra еп venir
* ) Оп fr6mirait si l'on connaissait les dbtails du despotisme qu'exerce
le s-r С1ауЈёте sur les banquiers de Paris. C'est рат consid6ration pour
еих, qui cette 6ublicit6 pourrait devenir fatale, qu'on п'еп instruit pas
le lectear.